‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 133 sur 196 · ILE · texte numérisé non relu

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C'est le propre de la religion d'assurer à ce foyer surnaturel tout son éclat, et de le faire rayonuer non seulement sur les hauteurs où l'intelligence pense et raisonne, ma's encore dans les profondeurs où la conscience se forme, et où le. responsa. bilités humaines prennent leur source. C’est même, pourrions. nous ajouter, dans ce travail si long. si intime, si délicat, de la formation de la conscience, que le pouvoir éducateur de i'CKment religieux se fait plus remarquablement sentir.

Deux choses, en effet, concourent principalement à cette iormation: d'un côté, les principes d'une haute et saine morale, assez vaste pour e‘nbrasser toutes les situations, assez lumineux pour éclairer tous les problèmes; de l’autre, un conception nette de ces principes et des obligations qu ils en:*:înent déns les divers états et les multiples conjonctures de la vie.

Or, nous le demandons, où trouver une morale comparable à celle que les tables sacrées du Sinaï et les pages inspirées de l'Evangile nous ont transmise? C’est la loi même de Dieu, rédigée de sa main ou écrite sous sa dictée, et promulguée par ses ordres. Devant ce code unique, immuable et impérissable, de nos droits et de nos devoirs, les législations humaïnes pâlissent. Les doctrines les plus renommées de l'éthique naturelle n'ont de louable que ce qui s’y conforme, comme notre esprit n'a de lumière que ce qw’il reçoit des irradiations du Verbe incréé.

L'Eglise, gardienne jalouse de cette morale supérieure à tous les temps et à tous les systèmes, ne se borne pas à en exposer

théoriquement les préceptes. Dans les établissements si va d'instruction qu'elle dirige, elle en fait chaque jour l'application prudente aux actes et aux besoins particuliers des enfants et des jeunes gens. Et c'est par ce zèle à les instruire, et à les aviser dans les circonstances parfois difficiles où il: ont et qu’ils ver ront renaître sous leurs pas, qu'elle forme, à proprement parler, leur conscience, qu’elle éveille en eux l'instinct moral, qu'elle développe chez eux la notion du devoir, qu’elle les prépare à garder généreusement toutes les lois de l'honneur, qu’elle leur apprend à porter sans défaillance tout le fardeau de la vie. De

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là ce respect profond des choses saintes, ce charme suave de la modestie, ces pudiques effrois d'âmes timorées, ces délicatesses exquises de la vertu, ce sens ferme et sincère de la justice, de l'équité, de la charité, qui éclatent chez tant de chrétiens et tant de chrétiennes, dans toutes leurs actions privées, comme dans toutes leurs relations publiques, et jusqu'à travers les formes barales de la plus ordinaire politesse.

Œuvre féconde, admirable, mais dont la religion seule, par l’ascendant de sa voix, par les sanctions de sa doctrine, par ses colloques familiers, par ses touches secrètes et puissantes, est capable.

Rien ne l’aide plus efficacement dans ce travail que la pratique du sacrement de pénitence imposée aux enfants catholiques, et À laquelle les éducateurs chrétiens ont toujours attaché, avec beaucoup de raison, la plus grande importance. M. l'abbé Sicard a écrit sur ce sujet une page de fine analyse que nous ne pouvons résister à la tentation de reproduire.

Tout le monde, dit-il 1, sait que les enfants se confessent: mais a-t-on bien mesuré toute la portée de cette pratique, toute son efficacité quand il s'agit de développer le sens moral, d'imprimer dans l'âme le sentiment du devoir, de créer, en un mot, un être responsable? On demande tout d'abord à l'enfant, qui doit aller se onfesser, de faire son examen de c iscience. Quel résultat là dans ce premier effort! Cet être distrait, inconsistant, incapable d'arrèter

\ attention sur un méme point, va done réfléchir un instant, lui qui ne réfléchit jamais. On lui à appris la géographie, l'histoire, le calcul: on lui a exposé l'ensemble de ses devoirs: on lui a dit: ceci est défendu C'est là une connaissance théorique dont il n'a guère songé à faire l'application à sa vie La confession lui fournit l'occasion de penser à lui, de se connutre, de faire

: retour sur lui-même, de lire au fond de sa conscience...

L'examen de conscience est suivi de l'aveu. L'enfant, apres s'être appliqué

voir tel qu'il est, à se juger sans aucun parti pris de s'excuser, de se “per auprès d'un tiers qui n'est pas là pour l'accuser, l'enfant qui est siicere, de bonne foi avec lui-méme, commence par s'avouer qu'il a eu tort de faire ceci, de ne pas faire cela, et cet aveu qu'il vient de se faire à luimeme, il va le renouveler su prètre... Quel triomphe pour la religion d'amener l'enfant à se livrer lui-mème à révéler ses secrets les plus impénétrables,

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