Le Correspondant, livraison du 10 fév, 1886, PP
à faire volontairement des confidences qu'aucune loi, qu'aucun commandement, qu'aucune pression, qu'aucune force humeïne, ne pourraient lui arracher!
En présence de ces résultats, alors méme qu'on ne croirait pas à la confession comme institution divine, il est bien difficile, en la considérant au point de vue purement humain et en simple psychologue, de n'y pas voir « admirable instrument de formation pour l'enfance.
Grâce à cet instrument et à cent autres influences religieuses, la conscience s'ouvre, droite et loyale, aux premières responsabilités de la vie. (C’est beaucoup; ce n’est pas toutefois suffi. sant. Une volonté molle, un cœur léger et non prémuni contre sa propre faiblesse, ne résistent pas longtemps aux séductions de l'intérêt et aux provocations du plaisir. (Contre ces entrainements de la nature, il importe que, de bonne heure, l'éducation chrétienne mette l'âme en garde, qu’elle fortifie les caractères, qu’elle trempe vigoureusement les courages. C’est encore à la religion que revient l'honneur, dans les écoles de tout degré, de mener à bien cette œuvre nécessaire.
Et comment aide-t-elle ainsi la liberté humaine? et comment l’affermit-elle dans ses résolutions ?— Par la prière d’abord; car si les homimes plantent et arroseut, c'est de Dieu, en définitive, qu’il faut attendre la croissance !, Voilà pourquoi tous les éiucateurs véritables, depuis l'humble catéchiste jusqu’au recteur d'université, mettent si souvent sur les lèvres de la jeunesse ces formules consacrées par la piété des siècles, ani embaument l'âme, qui l’élèvent vers son Créateur, et où vibre l’accent religieux de l'affection, de l'adoration, de la supplication. La prière, en présidant aux actes les plus importants de la journée, aux études, aux classes, aux repas, aux récréations même, appelle sur la tête et dans le cœur de l'enfant des luimières et des grâces qui seront, s'il n'en abuse, la gloire et la force de sa vie.
Ce jeune cœur sans doute est fragile. Tout autour, la nature
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tressaille, la sensibilité s'émeut ; le flot agité des passions menace de l’envahir. Il a besoin d’un rempart. La religion le protège par la puissance de sa parole, la sagesse de ses conseils, le caractère impressionnant de ses fêtes, par cet ensemble d'exercices si admirablement réglés qui créent, nourrissent, développent une franche et solide piété. Rendre l'enfant et le jeune homme pieux, c'est la fonction maitresse de l'éducation, le bienfait le plus précieux et l'œuvre la plus féconde dont on lui soit redevable. Car cette piété sert à tout: elle ne fait pas seulement aimer Dieu; elle n'a pas seulement pour effet de rapprocher de l'autel, de pousser vers la table sainte ; elle allume dans le regard les flammes claires et pures, elle répand sur le front les joies chastes et sereines, elle réprime la fougue des sens, elle tient en échec les instincts pervers, elle inspire la passion du devoir, l’assiduité au travail, l'acharnement à l'étude, elle fait respecter les maîtres, vénérer les supérieurs, obéir à toutes leurs directions.
Elle permet, en outre, à l'éducateur d'agir plus efficacement sur la volonté, d’en régler les actes, d'en contrôler les caprices, d'en corriger les travers, d'en réformer le tempérament, d'y imprimer cette force et cette ténacité qui mettent l'homme en mesure de soutenir victorieusement les grands combats de la vie.
OnlPa dit excellemment, «les défauts sont les racines des fautes, et les fautes sont les rejetons qui repoussent toujours, tant qu'on n'a pas arraché la racine '». ['éducateur chrétien n'a garde de mettre en oubli ce principe d’une lumineuse vérité.
Or, le défaut capital de la volonté humaine, — défaut très apparent dans le jeune Âge, — c’est sa nonchalante mollesse, sa désespérante instabilité. L'hoinme ne sait pas vouloir, ni, quand il a voulu, persister dans sa détermination. Là est la cause d'une infinité de misères morales. L'œuvre éducatrice ne serait pas complète, et on l’exposerait aux plus sérieux mécomptes, si l'on ne s’efforçait, alors que la volonté est flexible, de la