De Rossi, Roma sotterranea. t. pe NEVER LV nr
2. Peristephanon, IX. — Prudence vécut au IVe siècle. 3 Allard, endroit cité. — Saint Cassien apprenait mème à ses élèves la sténographie: ‘Il savait, dit Prudence, exprimer par un petit nombre de
caractères un long discours, et, d'une plume rapide et avec des abréviations précipitées, il suivait au vol les peroles d'un orateur., ” 4. Allard, La persécution de Dinclétien t. 1, pp. 200-017 {2e éd
*e Et} 5 ide. Gentes, II, 5.
Remontons plus haut. Dès le second siècle se dessinent dans l’histoire et rayonnent déjà d'un très vif éclat deux centres d’enseignement supérieur chrétien: l’école de Rome et l’école d'Alexandrie.
L'école de Rome eut pour fondateur et pour chef Justin le philosopie, disciple de Platon, devenu par la grâce d’en haut, et aussi par l'effort généreux de sa pensée, disciple de Jésus- Christ. Justin, né en Palestine, vint s'établir après sa conversion dans la capitale du monde romain et y ouvrit une école de philosophie. C’est de cette chaire qu’il adressa à l'Empereur et au Sénat les deux mémoires apologétiques dans lesquels, métaphysicien profond et tout ensemble habile avocat, il fait servir la philosophie païienne, dégagée de ses erreurs, à la démonstration du christianisme et à la réfutation des préjugés amoncelés contre lui.
Pendant que, sous son influence et celle de ses disciples, Rome préludait ainsi au grand rôle qu’elle devait remplir dans toute la suite des siècles chrétiens, une autre école, récemment fondée dans la métropole intellectuelle de l'Afrique, commençait à attirer les regards des savants et des lettrés.
Depuis ‘ongtemps la ville d'Alexandrie s'était rendue fameuse dans le moude païen par les brillantes institutions littéraires et scientifiques que la protection des Ptolémées et, après eux, des Césars, y avait fait surgir, et y entretenait. L'école alexandrine, rendez-vous des grammairiens, des rhéteurs, des historiens, des mathématiciens, des philosophes les plus illustres, jouissait d’un prestige incontesté !. Mais du jour où en face de cet institut et du Musée qui en était le foyer, se dressa comme une puissance rivaie le didascalée chrétien, d'abord simple école catéchistique, puis centre de hautes études philosophiques et religieuses, ce prestige fut sérieusement entamé. Les chefs de la nouvelle école, Pantène et Athénagore, Clément et Origène, voyaient tour à tour affluer aux pieds de leurs chaires non seulement des
1. Voir Matter, {Histoire de l'école d'Alexandrie, t. T — Cf. Thomassin, <lncicnne ct nouvelle discipline de l'Eglise (éd. André), t. PVR OS
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étudiants chrétiens, mais l'élite de la société païenne, des philosophes en renom, de grandes dames, les plus hauts représen- ‘ants de l'aristocratie !, On sentait qu’une force inconnue jusque-là s'emparait de la société, qu’elle en pénétrait toutes les parties, toutes les classes, tous les organismes; que le monde intellectuel subissait une vaste crise dont il était impossible de prévoir l'issue.
Ces progrès étonnants du christianisme et cette influence croissante des idées chrétiennes eurent pour effet d'émouvoir Rome païenne et ne contribuèrent pas peu à provoquer les violents édits promulgués, au cours du troisième siècle, contre les chrétiens, et qui furent comme les derniers spasmes d’une religion expirante.
Justin avait été martyrisé; Clément et Origène durent à leur tour prendre le chemin de l'exil ou de la prison. Mais le haut enseignement catholique était fondé; il florissait, et il portait ses fruits. Le jour n'était pas loin où, grâce à la reconnaissance officielle du catholicisme, cet enseignement allait prendre un nouvel essor.
L'édit de Constantin, en donnant à l'Eglise une existence légale et en lui concédant tous les droits corporatifs nécessaires à sa mission, reconnaissait par là même la faculté qui lui est inhérente, de posséder au grand jour, de construire en toute sécurité, et d’administrer à sa guise des maisons d'éducation. Cette liberté fut largement mise À profit dans toutes les parties de
1. “Il serait, écrit M. Paul Allard, intéressant de savoir si les maitres chrétiens professaient dans des écoles subventionnées par l'Eglise et destinées exclusivement aux fidèles, ou s'ils donnaient des leçons aux étudiants de tous les cultes. Ce dernier cas se présenta certainement. Cassien, à Imola, est mis à mort, comme chrétien, par ses écoliers païens. A l'école supéricure d'Alexandrie, les cours de Clément, puis d'Origène, étaient suivis par toute l'aristocratie de la ville: ceux d'Ammonius avaient pour auditeur le néo-platonicien Porphyre. Mais aucun texte ne nous apprend si, tout en permettant à des chrétiens de distribuer l'enseignement à tous sans distinction de religion, ce qui était un excellent moyen de propagande, l'Eglise entretenait aussi des écoles et des professeurs pour l'usage des seuls enfants des fidèles. ” (La per- Sécution de Dioclétien, t. I, p. 201). Chose certaine: les écoles tenues par les chrétiens, et ouvertes méme aux paiens, n'étaient pas des écoles neutres, mais des foyers de prosélytisme catholique.
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l’Empire. Queiques années après, au temps où saint Basile fit ses classes de rhétorique et de philosophie, l’enseignement public donné dans la ville de Césarée en Cappadoce était déjà tout imprégné d'esprit chrétien !
Cet exemple, pris entre plusieurs autres, fait voir quelle action puissante la religion chrétienne, au lendemain de sa victoire politique sur le paganisme, exerçait déjà dans le domaine de l'éducation et de la pensée.