‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 141 sur 196 · S. SU · texte numérisé non relu

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collaborer eux-mêmes, par les sens d'abord, par l'intelligence ensuite, au grand œuvre de leur éducation.

L'utilité de ce procédé nous paraît d'autant moins contestable que les écoliers, dans le bas âge, sont moins aptes en général aux considérations abstraites. D'autre part, la méthode expositive et synthétique présente, notamment pour les élèves des classes supérieures, des avantages depuis longtemps reconnus et qu'aucun pédagogue sérieux ne saurait nier. Cest par elle que l'enseignement revêt une ordonnance logique conforme aux lois et aux tendances fondamentales de l'esprit humain, et, par suite, éminemment propre à faciliter le travail de la mémoire, À illuminer les idées, à exhausser le niveau de la mentalité scolaire. Voilà pourquoi c’est, pensons-nous, le sentiment le mieux fondé, en philosophie comme en pédagogie, que la perfection de l'art d'enseigner consiste dans l'emploi heureusement combiné de l'intuition sensible et de la généralisation intellectuelle, de l'induction et de la déduction, de l'analyse et de la synthèse !,

Du reste, pour réussir en cet art, il importe que l'instituteur sache retenir l'attention de ses élèves, qu’il exerce sur eux l’empire constant de sa parole, qu’il entretienne dans ses rapports avec eux un vif courant et comme un échange continu de vie intellectuelle et morale, C'est ce qui fait le succès de l'enseignement, et c’est ce que la pédagogie obtient par des procédés dont personne, maintenant surtout, n'ose contester l'efficacité.

Il semble que jadis, au moins dans les petites écoles, le mode individuel d'enseigner ait généralement prévalu. Le maître donnait son enseignement à chacun des enfants, l’un après l’autre, et assez bas pour que la classe n'en fût point troublée ?, Incapable, le plus souvent, de faire face à la besogne, il devait s'adjoindre un certain nombre de répétiteurs-élèves, et ce système, surtout dans les classes nombreuses, n’allait pas sans de

1. Voir, parmi les auteurs canadiens, Mgr Langevin, Cours de hédagyogie, [le P., ch. IV (2e éd, 1860).

2. L'école paroissiale, p. 98 (Guibert, /ist. de S. J.-B. de la Salle, p. 207).

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graves inconvénients. C'est à Jean-Baptiste de la Salle, si juste. ment appelé «le législateur de l’enseignement primaire,» que revient le mérite d’avoir, en divisant les classes, inauguré le mode d'enseignement simultané ou collectif, par lequel le maitre s'adresse lui-même en même temps à tous les élèves, et d'y avoir adapté, dans une certaine mesure, le mode mutuel déjà existant !. Un universitaire de marque, M. Gérard, n'a pas hésité à reconnaître que ce régime scolaire assura pendant longtemps aux écoles congréganistes une supériorité incontestable sur les écoles laïques *. Malgré toutes les défiances, les oppositions même dont elle a été l’objet, la méthode des Frères triomphe aujourd’hui dans les écoles officielles de France # Et nous croyons pouvoir ajouter qu'elle domine, sous le nom de système mixte ou simultané-mutuel, dans presque tous les pays.

Aussi bien offre-t-elle d'appréciables avantages.

Elle permet au maître de soutenir par des interrogations fréquentes et variées l'intérêt de la classe, de captiver l'imagination distraite des élèves, de tenir ces jeunes esprits toujours en éveil, de solliciter l'effort intelligent et persévérant de toutes leurs facultés. Cette forme bien vivante d'enseignement est, en réalité, aussi ancienne que la méthode socratique; mais nul, plus que saint Ignace dans son Programme d'études et, après lui, l'auteur de la Conduite des Ecoles chrétiennes, n'a contribué à la répandre et à la systématiser. On peut dire qu'elle est désormais consacrée par l'usage de tous les catéchistes et de tous les éducateurs chrétiens. Klle trouve son complément dans ces joûtes intellectuelles, — grammaticales, historiques, géographiques, — organisées entre élèves d'une même classe, et dont nos institu-

1. “ L'enseignement mutuel, si préconisé sous le nom de méthode de Lancaster au commencement du XIXe siècle, avait donc été expérimenté dés !

AVlle siècle” (Guibert, ont. et end. cit.). Le fondateur des Frères le modita en ce qu'il avait de nuisible.

2. Éducation et fnsiruction: Enscign, prime, pp. 62-603 (2e éd», Paris 18

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