‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 144 sur 196 · Mandements des Ex, de Québec, t. VIE, p · texte numérisé non relu

Mandements des Ex, de Québec, t. VIE, p

3, Pour ce qui est de l'instruction pratique dans nos couvents, voir vail deià cité de M. l'abbé Lindsay (Nouvelle-France, te, p. 498, pp. 50!

M. de Bonale, parlant de l'éducation des femmes, s'est fait l'écho di

nion chretieune et du bon sens, lorsqu'il a écrit (Législation prüumitive, to, ch. 12): * L'éducation des jeunes personnes ne doit pas être la meme que cel des jeunes gens, puisqu'elles n'ont pas reçu de la nature la meme destin Tout, dans leur instruction, doit ètre dirigé vers l'utilité domestique, tout, dans l'instruction des jeunes gens, doit ètre dirigé vers latilité pu €

C'est une éducation fausse que celle qui donne aux inelinauions une dire contre nature, qui fait que les sexes aiment à troquer d'occupations « d'habits. Ceci, on le comprend, n'implique nullement la condaimnatio enseignement plus relevé donné aux jeunes personnes d'une certaine à € selon le tempérament itellectuel de leur sexe et les exigences de leur con-

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tienne le demande, dans des conditions d'ordre, de respect, de déférence pour l’autoiité, qui en assurent le succès. La science n'est pas le fruit d'imaginations dissipées et d'efforts indisciplinés. Or, le nerf de la discipline, c'est l'empire d'une règle reconnue, acceptée et obéie. L'obéissance, telle est bien la vertu fondamentale des enfants de l'école primaire et de la jeunesse des collèges.

Chez plusieurs, sans doute, malgré les faiblesses de notre nature déchue, cette vertu peut se soutenir, s'affermir, et se développer par l'influence conjointe de la persuasion et de la grâce; mais chez plusieurs aussi, surtout dans le bas âge, elle a besoin pour ne pas succomber, et, si elle a fléchi, pour se relever, de l'aiguillon des sanctions pénales, Mxr Dupanloup, après avoir énuméré les différents degrés du système pénitentiaire en usage dans les établissements scolaires, ajoute: « La répression, la corr.. :., la réparation, l'expiation ne peuvent pas être exclues del aiucation. Elles y sont absolument nécessaires : c’est en elles que se trou: :nt tout le nerf de la fermeté et l'énergie de la discipline !, »

Peut on, pour garantir la bonne tenue des classes, se contenter de moyens purement moraux, et n'est-il pas parfois souveraine. ment important de recourir aux châtiments corporels ?

Nous ne saurions nier qu’il s’est produit à ce sujet, avec le changemeut des mœurs, une évolution dans es idées. L'anti. quité ne croyait point pouvoir se départir des justes sévérités du régime pénitentiaire, sans compromettre les résultats de l'éducation. Elle s'appuyait sur cet oracle du sage si en harmonie avec le dogme de l’originelle déchéance : « Celui qui épargne /a verge hait son fils ?,» Ce système des corrections corporelles se maintint, sauf de rares exceptions (comme à l'école du Bec), jusqu’à

t. De l'éducation, t. I, p. 396 (3e éd.).

2 PTOV: AIT 24 "he verge de la correction, semblable à la verge de Moise, fait sortir l'eau de la pierre” (saint Thomas, Traité de l'éduc. des princes, LV, ch. 33).

la fin de l’ancien régimc!. Des prescriptions très sages, que nous ont transmises les vieux livres de pédagogie ?, en réglemen. taient la pratique. Jean-Baptiste de la Salle entoura la correc. tion de toutes les précautions de la prudence et de toutes les attentions de la charité. « Entendue de cette marière, dit l'abbé Allain ‘, la discipline rigoureuse de nos anciennes écoles présentait de fort grands avantages, elle formait des hommes respectueux de l'autorité et fidèles au devoir. »

Ceux qui ont rompu avec l'antique coutume ne manquent assurément pas de raisons plus ou moins plausibles pour justifier leur conûuite. Mais serait-ce leur faire injure que de les croire parfois, les ins trop accessibles aux illusions d’un honorable optimisine, les autres trop soucieux, dans leurs actes éducatifs, de flatte- ce vague esprit d'indépendance dont l’âme moderne subit si étrangement le charme?

Quoi qu'il en suit, il restera éternellement vrai, —et l'Eglise ne saurait effacer ce principe dn code disciplinaire de ses écoles, — que « la crainte est le commencement de la sagesse 5, »

1. Les rois eux-mêmes dans leur éducation n'échappaient point aux rigueur: du fouet ou de la verge (Guibert, Hist, de saint J.-B, de la Salle, p. 212). 2, Aliain, l'lnstr. prim. en France avant la Révolution, pp. 137-138.

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