‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 146 sur 196 · Fettre encrchique Depuis le our, 8 sept · texte numérisé non relu

Fettre encrchique Depuis le our, 8 sept

mêmes, nous n’avras ni le désir ni le loisir de le rappeler en détail. Léon XIII ! fait honneur à l'Église des plus brillants progrès accomplis dans le domaine littéraire par l'étude des grecs et des latins. C’est à la fois, Pour nous, et l’opinion d’un maître et la sentence d'un juge.

Aussi ne saurions-nous relever trop sévèrement l'injustice notoire dont un critique contemporain s'est rendu coupable en afirmant «que les Jésuites cherchaient dans la lecture des anciens, non un instrument d'éducation morale et intellectuelle, mais simplement une école de beau langage » Ce jugement si éloigré de la vérité historique ne peut être pris au sérieux : et le Père de Rochemonteix ne fait que rendre justice au célèbre programme d’études de sa Compagnie, lorsqu'il dit #: «S'il a soulevé des critiques, dont quelques-unes peuvent ne pas être sans fondement, il n'en a pas moins été. au XVII‘ et XVIIIe siècles, le guide le plus parfait du pédagogue chrétien. Les grands éducateurs s'en sont servis; Rollin et quelques autres écrivains se le sont approprié en plus d’un endroit, sans le citer dns leurs traités de pédagogie. »

C’est l'honneur de l'Eglise catholique ‘avoir su utiliser et, pout ainsi dire, christianiser, en même temps que la pensée littéraire des anciens, leurs doctrines métaphysiques les mieux inspirées. Platon et Aristote, et Aristote plus que Piaton, ont fourni les premiers matériaux et comme les pierres d'assise de cette grande construction philosophique ébauchée par les Pères, complétée dans sa sr bstance par les docteurs du moyen âge, et qui sera l’impérissable gloire de l'intelligence humaine. L'Eglise ne méprise pas la raison; elle Ja protège. Elle ne la déprime p« elle la dirige. La philosophie, à ses yet. x, constitue l'élé-

Bref Plane quidem, 20 mai SNS

G. Compayré, Histoire critique des doctrines de l'éducation s le Seisiènie siècle, t. L P. 100 (7e éd), Cet ouvrage a été esprit hostile aux Jésuites et aux institutions catholiques: c' sectaire.

ln collège des Jésuites aux À i Le et XVIIe siècles, t. I. HS:

ment le plus important de la haute culture intellectuelle, et c'est pourquoi l’histoire de cette science se rattache par des liens si intimes et, nous pourrions dire, si indissolubles à l’histoire de l'éducation chrétienne et de la religion catholique elle-même.

Tant que la scolastique où se trouve la philosophie la plus profonde et la pius vraie, régna sans conteste dans les écoles, l’entendement humain, malgré quelques écarts, put se varer des erreurs funestes que l’esprit de mensonge sème perfidement sur ses pas. Par contre, c’est à une époque de décadence philo. sophique que le protestantisine, il y a quatre siècies, fit dans les ratigs chrétiens des brèches 5i cruelles, et c'est dans les milieux ie ls plus réfractaires aux inf 1ences tiomistes et scolastiques que,

ñ de nos jours, le modernisme a ruiné de beaux talents qui eusseut à pu être d'utiles lumières.

Léon XIII, dans cette lettre au clergé français que nous avous déjà citée, demande que l'éducation clicrienns, sans néoliger certains progrès nécessaires, reste néan:uoins inébraulable ment attachée à ses «traditions.» Et par traditions le docte Pontife entend deux choses: d’un côté, l’enseignement d'une philosophie basée sur les écrits des vieux docteurs, notamment de saint Thomas d’'Âquin, et qui n'ait rien de commun avec le positivisme et le subjectiv sme contemporains; de l’autre, les anciennes méthodes littéraires dont on faisait jadis si grand ess et que, malheureusement, de nombreuses innovations modernes mettent ça et là en danger.

La parole du Pape vaut d’être citée intégralement:

Si, dit-il, depuis plusieurs années, les méthodes pédagogiques en vis

progressivement Flétude

langue latine, et suppriment des exercices de prose et de poésie que

dans les établissemients de lEtat rédiisent

devanciers estiinaient à bon droit devoir tenir une grande place dans

classes des collèges, les petits K

dires se mettront en garde coutr

innovations inspirées par des préoccupations utilitaires, et qui tour

détriment de la solide formation de l'esprit, À ces anciennes méthodes,

de fois justiliées par leurs résultats, Nous appliquerions volontiers le

de saint Paul à son disciple Timothée, et, ave l'apôtre, Nous vous diri

vénérables Frères: “ Gardez-en le dépôt i” avec un soin jaloux. Si un jour, ce qu'à Dieu ne plaise, elles devaient disparaitre complètement des autres écoles publiques, que vos petits Séminaires et collèges libres les gardent avec une intelligente et patriotique sollicitude. Vous imiterez ainsi les prètres de Jérusalem qui, voulant sousiraire à de barbares envahisseurs le feu sacré du Temple, le cacherent de manière à pouvoir le retrouver et à lui renüre toute sa splendeur, quand les mauvais jours seraient passés.

Quels sort donc les nouveaux barbares dont le Pape, dans son classique langage, signale l'invasion imminente, et qu'il nous montre prêts À éteindre d’une main sacrilège le flambean où s'alluma pendant tant de siècles le génie de l'homme? C'est ce qu’il importe de rechercher.

Jusqu'ici, on le sait, dans le système pédagogique préconisé et mis en pratique par l'Eglise, on faisait À la littérature gréco latine une très large place. Sans exclure, surtout au dernier siècle, l’histoire, la géographie, les sciences, ni même les langues vivantes ?, on se gardait bien de leur sacrifier les langues anciennes, « ces archives immortelles » de Pesprit humain, selon le mot très juste de ME Dupanloup.

Trois systèmes récents tentent de se substituer à l'antique méthode.

Il y a d'abord le système des Awmanrtés modernes établies en France, le 5 juin 1801, par M. Bourgeois, et que le Père Burnichon, voulant rappeler, avec le nom de l'inventeur, la qualité de ja marchandise, a si bien dénommées les humanités « bourecoises » #. Dans cette sorte d'enseigrement, le grec et le latin disparaissent pour être remplacés par deux langues vivantes, l'allemand et anglais. Les humanités classiques ne sont pas encore mises hors la loi, mais on leur crée, dans l’enseignement nouveau, un rival prétentieux que l'on arme des p'us redoutables privièges 4

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