Schwickerath, Jesuit education, p
Pendant des siècles on a pensé que l’édncation était une œuvre d'autorité, qu’elle avait Pour mussion de former et de discipliner l'âme juvénile, en soumettant ses facultés à une règle, en lui imposant un travail défini, en lui apprenant à lutter contre les obstacles, en la mettant aux prises avec des difficultés qui exercent la constance, soilicitent l'effort, aguerrissent contre des difficultés plus sérieuses. L'électivisme traite de haut cette pédagogie séculaire qu'il estime surannée: loin de gêuer le caprice, il le cultive; loin de refréner Pesprit d'indépendance, il laisse flotter les rênes.
Le jeune homme choisit, au hasard de ses goûts, le programme d’études le plus attrayant pour lui; il préférera aux mathématiques le dessin, à la philosophie la botanique, à un cours de littérature quelques leçons de musique. Mais à cet âge, est-il bien sûr de savoir ce qui, en réalité, lui convient davantage ? L'avenir n'est-il pas un livre encore scellé pour lui? Ses maîtres, ses parents eux-mêmes, peuvent-ils, sans crainte d’errer, lui désigner d'avance, à l'exclusion de telles autres matières, celles dont l'étude pourra lui être plus profitable et d’un plus lucratif rendement ?
Aussi bien, beaucoup d’éducateurs d'Europe et d'Amérique sont loin de partager, à l'endroit du système électif, l’enthousiasme du recteur Eliot, Nous citerons en particulier le très siguificatif témoignage d'un de ses confrères de Harvard, le professeur Münsterberg: « Un enfant, dit ce dernier , qui ue suit que les cours pour lesquels il a du goût, peut apprendre une infinité de belles choses; il n’apprendra jamais cette chose grande entre toutes: faire son devoir. Ce u'est pas en fuyant les difficultés qu’on s’habitue à les vaincre. Pour faire ce que l'on veut, pas n’est besoin de formation pédagogique: le ruisseau suit toujours la pente de la colline.» Citons encore ces judicieuses paroles d’un ancien recteur du collège de Princeton,