‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 149 sur 196 · Schwickerath, our. C0 D AT · texte numérisé non relu

Schwickerath, our. C0 D AT

Re ess ep eee

le D' McCosh !: « À Harvard, un jeune homme peut choisir son programe d'études entre deux cents, dont un bon nombre respirent le plus pur dilettantisme. Mieux vaut la vieille éducation à base de grec et de latin, de philosophie et de math#matiques, qu’une instruction hâtive et fragmentaire, faite d'une analyse du drame français au XVIII® siècle, d'un peu de musique et d'autres choses semblables ».

Le Dr MecCosh, on le voit, n'épronve guère d'admiration pour le système électif, et des paroles rapportées ci-dessus nous sommes en droit de conclure qu’il n'admire pas davantage le système scientifique.

Il a raison. Et n'y aurait-il, pour nous en convaicre, que l’expérience faite il y a quelques années en Allemagne, cet arvument ne manqgierait pas de valeur. Sur avis officiel, on v avait remplacé plusieurs exercices classiques de grammaire et de littérature par des études plus scientifiques et plus modernes. Les résultats ne se firent pas attendre. Bientôt la décadence de l'éducation fut telle que, neuf ans après cette soi-disant réforme, l'autorité gouvernementale, effrayée de son œuvre, jugeait et décrétait qu’il fallait revenir aux anciennes méthodes ?.

Rien d'étonnant en cela.

Les sciences sont sans doute de puissants foyers d'instruction, des éléinents précieux et des facteurs nécessaires du progrès et de la fortune d’un peuple; elle ne sont pas, à proprement parler et d’une façon générale, des instruments d'éducation. On aur beau entasser dans l'esprit des jeunes gens mille notions scientifiques, étaler sous leurs yeux toutes les découvertes les plus récentes, leur parler de l'accent le plus moderne chimie, physio-

lozie, biologie, industrie, hygiène; on créera ainsi en eux ce que M'Dupanloup appelait «un bazar mnémonique », on fera ce leur intelligence, selon l'expression du Père Burnichon, «un capharnatim» merveilleusement garni. On ue lormera dans ces

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jeunes âmes ni le sens esthétique, ni l'instinct de la pénétration, u1 la rectitude du jugement, ni l'habitude du raisonnement, ni aucune de ces qualités dont l'ensemb’e doit Pourtart faire l'objet et être le fruit de l'œuvre éducative.

Et c'est ici que nous touchous du doigt l'erreur grave où tombent les souteneurs de l'éducation dite pratique. On croit, disait Brunetière ! avec son habituelle sagacité, que l'objet de l'enseignement secondaire est de munir l'enfant où le jeune homme de toutes les notions dont il aura besoin pour se tirer d'affaire dans Ja vie, (C'est ce qui pourrait, à la tigueur, se soutenir, si ces notions n'étaient que de l’ordre moral, ou encore, et d'un seul mot, s'il ne s'agissait que d'éducation »: et l'illustre écrivain d'ajouter 2: « L'enseignement professionnel est uvre chose et l'enseignement secondaire en est une autre, Est-ce que l'école primaire est le lieu d'apprentissage des enfants qui reçoivent ce premier dégré d'instruction ? Est-ce qu’en y forme des maçons et des peintres en bâtiment? des forgerons et des typographes ? des boulangers et des mécaniciens ? Développons donc autant qu'on le voudra l’enseignement professionnel. Mais ne versons pas, pour ainsi dire, cet enseignement dans le cadre de l'enseigne ment secondaire, ou du moins sachons que, si nous le faisons, il y a lieu de douter que le premier y gagne, et nous aurons anéanti le second, »

N'est-ce pas ]à le langage d'un homme sensé ?

Non, il ne faut pas sacrifier à l’enseignement spécial, quelque utile qu'il soit, la culture générale. Avaut de faire, uous ne dirons pas seulement des médecins et des avocats, mais des négociants, des industriels, des agronomes, il importe de formet des hommes, de développer dans l'adolescent Par un travail suivi, gradué, progressif, les diverses facultés dont son esprit est doué, et de lui faciliter ainsi les moyens 2 s'ouvrir, dans la pratique de la vie, une voie honorable, et de se créer une situation en

1. Questions actuelles, \pp., Pour les humanités classiques, p. 404.

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