Études, end. cit. De
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apport considérable». C’est donc dans les humanités classiques que notre langue se retrempe, par elles qu'elle s'enrichit de vocables nouveaux, par elles aussi qu’elle s'immunise contre les tours et les termes exotiques dont certains idiomes chaque jour plus envahissants la menacent !,
Et pourquoi ne pas dire que l'étude des lettres anciennes con. vient particulièrement À notre caractère et À notre vie nationale? Le Canadien français est issu de race latine; sur son âme ardente et fière rayonne ie génie latin. Sans se dérober À toute visée utilitaire, d’'instinct et de cœur il tend vers l'idéal. La haute culture classique s'harmonise mieux que toute autre avec l'idée qu'il se forme de la civilisation et 4 progrès, avec l’objectif qu'il poursuit, avec les aspiratiors qu’il caress., avec la vocation de prosélytisme religieux et d'apostolat social dont i! sent en son cœur brûler la flamr e.
Voulons-nous donc exclure de l'enseignement secondaire l'étude de toute langue vivante, de toute science et de tout art | pratique? Loin de nous pareille pensée. Il faut, dans l'éduca-
tion de la jeunesse, tenir compte des conditions de la société et des nécessités de la vie. Et c'est pour cela qu'il est Gésirable,
non pas qu'on dénature les humanités classiques en les trans-
formant en un système d'études tont différent, non pas qu'on
les discrédi e et qu’on les relègue dans l'ombre en leur suscitant
uu enseignement rival mis sur le même pied qu'elles et investi
des mêmes privilèges ? mais bien qu’on leur adjoigne avec pru-
dence et discrétion ce qui peut en être l'indispensable complémeut. Il faut surtout qu'aux jeunes gens destinés par un goût inué et de spéciales aptitudes au commerce, à lPindustrie, au génie civil, on ouvre des écoles qui les y préparent, et qu'on
, D. 354. — Voir un remarquable article de M. René Doumic sur le Retour à la culture jrançaise (Revue des Deux Mondes, 13 nov. 1914).
Fouillée adjurait naguère ses compatriotes de supprimer cette bifur-
cation en hümanités classiques et humanités modernes. (Questions actuelles, t NLIV, pp. 207-208). Cf, Quest. act.,t. CX, pp. 613 et suiv., t. CXV, pp. 449 et Suiv.
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leur dispense, l’heure venue, un enseignement technique approprié.
La fomation classique, celle du moins qui est complète, et qui “uuutit aux fonctions sociales les plus élevées, demeurera l'a} inage d'une jeu 1esse d'él'te.
s. apres cela l'on nous accuse de vouloir, en dépit de notre épourie »t de ses tendances égalitaires, créer ou maintenir une aristocratie, vus n’y contred'rons pas. Même au XX" siècle, des groupes choisis sont nécessaires. Nous dirons davartage : ce sont Surtout les sociétés démocratiques qui or* besoin de savoir, de littérature, de philosophie, d'éloquece e cette distinction de l'esprit, de cette suprématie de l’idée, + cette supériorité de l'intelligence qui, à défaut de blason, élèvent au-dessus du peuple c2rtains hommes et placent comme naturellement l'autorité entre leurs mains.
Là est la vraie noblesse.
Elle n’habite plu. dans des châteaux crénelés. Sachons lui fañe uu berceau digne d'elle et un foyer d'influence dans les ateliers où s’élabore la pensée humaine, et dans les chambres
d'étude où se préparent les ouvriers et les piouniers de l'avenir.