‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 155 sur 196 · Mandements, etc., vol. II, p · texte numérisé non relu

Mandements, etc., vol. II, p

vêques de

L'un d'eux va même jusqu'à prétendre que, par une sorte d'inavouable préjugé, prêtres et gouvernants les laissaient délibérément grandir dans l'ignorance !, Assertion blessante et injuste, et dont M. l'abbé Gosselin a fait naguère pleine justice *. On ne saurait admettre que le pouvoir civil se soit alors complètement désintéressé des choses de l’éducation. Ce qui est vrai, c'est qu'il avait conñauce dans le clergé dont il connaissait et appréciait le zèle, et qu’au lieu d'organiser lui-même un enseignement d'Etat, il crut préférable de laisser à l’action de l'Eglise # et à celle des particuliers, tout en les secondant, ce qui, en réalité, relève d'elles. De cela, loin de le blâimer, nous ne pouvons au contraire que le féliciter.

11 en est résulté pour le peuple canadien-français une formation nationale à base essentiellement religieuse . On doit sans doute regretter que des obstacles d'ordre matériel se soient opposés à une diffusion plus large de l'instruction profane parmi nos populations rurales. Mais ce dont il y a lieu de se réjouir, c’est que cette instruction, malgré ses lacunes, ait été si fortement imprégnée de christianisme théorique et pratique, et qu'elle ait pu, par là même, donner à la patrie ces générations de chrétiens robustes que furent nos pères et qui nous ont transmis, avec l'héritage de leur foi, celui de leurs vertus parfois héroïques et de leurs exemp'es toujours admirables et réconfortants.

Rien, dans toute notre histoire, ne nous paraît plus remarquable que cette survivance, à travers d’infinis périls, de nos traditions et de nos croyances catholiques. Or, l'effet n'est pas sans cause, l'arbre ne peut croître ni fleurir sans racines. KEntre tous les moyens dont la Providence s'est servie pour maintenir intacte, en mème temps que la vitalité de notre race, l'intégrité souvent menacée de notre foi, nous ne croyons pas nous tromper en plaçant au premier rang, avec le choix judicieux des coions, l'atmosphère religieuse et soine de nos établissements scolaires.

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