‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 156 sur 196 · II.—SOuS LE RÉGIME ANGLAIS · texte numérisé non relu

II.—SOuS LE RÉGIME ANGLAIS

a) a province de Onébec,

Les plaines d'Abraham ont vu expirer svec Montcalm la domination francaise ; et voici que s'ouvre pour nous une époque décisice

1. Garneau, Histoire du Canada, t. T1, p. 183 (ze éd.). Dans une édition

Subséquente, ce passage a été remanié en un sens un peu moins injurieu l2 clergé et le pouvoir civil.

2 Cuar ot, LP ch IT Voir abbé Augns Gosselin, Mgr de lontbriand, p. 211.

sur toutes choses à former les mœurs des » d'amour de respect pour la rel : , : Re : les maximes” (Mgr Jfubert, Mand, des 1

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où, par suite du changement de notre constitution politique et de l'apparition de nouveaux éléments sociaux, l’histoire de l'éducation au Canada va se partager en plusieurs ramifications diverses.

Evidemment, c'est le Bas-Cauada, devenu plus tard la province de Québec, qui nous intéresse davantage, et c’est sur cette partie la plus ancienne du pays que d'abord, et plus volontiers, nous attacherons nos regards.

On comprend que les graves événements militaires et administratifs, qui marquèrent la prise de possession du Canada par l’Angleterre, aient eu sur l'état des écoles populaires une répercussion funeste. Des ennemis de notre race, mus par ie désir d'en amoindrir l'influence, allaient jusqu'à affirmer que le nombre der personnes sachant lire et écrire, dans chaque paroisse, constituait nue infime minorité! L'évêque de Québec, M7 Hubert, dans un inémoire que nous avons 4éjà cité, jugea de son devoir de repousser cette injure. Après avoir mentionné les diverses institutions scolaires où l'on enseignait aux enfants les éléments de l'instruction, le préiat ajoutait ?: « Je suis fondé à croire que, Sur un calcul de proportion, on trouverait facilement dans chaque paroisse entre 24 ou 30 per- Sonues capables de lire et d'écrire ?. »

Au surplus, nous ne contestons pas, et tous nos hi-tori: ns admettent que l'instruction traversait une période de malaise.

L'oligarchie anglaise crut le moment propice pour imposer aux Canadiens une mesure qui, sous des deliors de dévou-ment à la ecience et aux lettres, tendait en définitive à l'extinction même du sentiment français et de la foi Catholique. Il s'agissait d'établir, comme couronnement d'une organisation scolaire mal définie, un collège universitairé assujetti à l'Etat, et où protestants et catholiques * se coudoieraient Gans une sorte de fraternité intellectucile exempte de toute préoccupation religieuse. C'était, au Canada, la première tentative faite en faveur d'un système d'éducation mixte et, partant, neutre, M Hubert, dont on «ollicita l'avis, opposa au projet de loi une réponse prudente et ferme ?. L'histoire regrette que son coadjuteur, M* Bailly, jonia: : le rôle de conciliateur et de courtisan de la puissance politique, se soit fait en cette circonstance, à l’encontre des principes qu'il avait le devoir de défendre, l'avocat de la

Mandements, vol. IT, p. 300

Ibid.

Cf. Chauveau, l'Znstruction Publique au Canada, p. 56. Ibid; pp, sece.

Mandements, vol. I, pp. 385 et suiv.

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neutralité scolaire en ce pays!. Ce ne fut 1à du reste, dans tout le clergé, qu'une voix isolée et sans écho.

Le projet mourut dans l'œuf, mais pour renaître q elques année plus tard sous le nom d'/ustitution royale. Cette nou selle u: ganisa tion, toute dépendante du gouvernement, mettait À sa merci les établissements solaires de tout degré subventionnés par l'Etat ?. L'influence du clergé, et l'instinct de conservation religieuse que deux siècles Ge christianisme avaient ancré au cœur de notre peuple, suffirent pour détourner les enfants catholiques de la fréquentation d'é oies destinées à tuer leur foi et à adultérer leur sang. Vainement la société dite «d'EÉcoie britannique et canadienne» vint-elle au secours des écoles royales et chercha-t-eile, par le miroitement de la métho de jancastriennie, à vaincre les résistances”, Les défiances continuèrent, plus générales et plus vives.

D'autre part, les campagnes, À cette époque critique, n'étaient pas aussi dépourvtiies d'instruction que d'aucuns l'ont prétendu. Le clergé catholique faisait des efforts considérables pour diminuer l uomore des tllettrés, et nous avons la preuve que les écoles dues à es soins pouvaient fournir plusieurs sujets aux maisons d'enseigne-

imvut secondaire et supérieur ?

Vussi bien, u'était-ce pas dans la haute culture intellectuelle que les Canadiens français trouvaient alors l'arme la plus immédiatement

utie à leurs lattes patriotiques ? Un réseau d'écoles primaires r€ pañdues par tout le pays eût sans doute rendu au peuple de précieux services. [Il importait bien davantage qu'en des centres d'instruction, tels que le séminaire de Québec et le collège des Sulpiciens de Montréal, auxquels s'ajoutèrent bientôt d'autres institutions similaïresf, fussent formés les homines appelés à défendre sur le terrain con-titutionnel les droits de notre race et de notre religion. Lecler gé, en concentrant sur l'œuvre des études classiques son attention et ses sacrifices, fit preuve d'une clairvoyance à laquelle on n'a peut-être pas suffisamment rendu hommage. Ces sacrifices

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