Ouv, cit., p. 144: — cf. 1614. TEST
Voir Correspondance échangée entre l'évêque catholique de Toronto gr Charbonnel), et le surintendant en chef des écoles (e Dr Ryerson), au
et des écoles séparées dans le Haut-Canada, Québec, 1852.
. Ross, our, cit. P. 146.
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chef du parti libéral anglais, créa aux catholiques, dans la jouissance de leurs droits, de longues et regrettables difficultés.
Ce n'est qu'en 1863, par l'attitude ferme et le zèle patriotique d'hommes d'Etat aux vues élevées, que le système ontarien des écoles séparées reçut sa consécration légale définitive. Ce n'était pas seulement un triomphe sur le fanatisme ; c'était aussi, grâce à des dispositions nouvelles plus favorables à la liberté, un progrès sur les législations précédentes !. L'acte confédératif de 1867 scella de toute son autorité cette situation équitable. Vainement, certains esprits sectaires (McCarthy, Meredith et autres) tentèrent-ils plus tard de réveiller et de soulever contre les écoles catholiques, spéciaiement contre celles qui font dans leur programme une place au français, les passions et les haines d'un protestantisme ombrageux. Le chef du parti libéral, l'honorable M. Mowat, alors premier ministre, tint tête à l'orage et eut l'honneur de transmettre intact à ses successeurs l'édifice si laborieusement élevé de l'organisation scolaire ontarienne.
Lorsque, en 1905, M Whitney, chef du parti conservateur, prit les rênes du pouvoir, tout faisait espérer que le nouveau gouvernement où était entré un Canadien français garderait non seulement vis-à-vis des catholiques, mais aussi vis à-vis de la minorité française, l'attituds toiérante de ses devanciers. Cet espoir devait être très cruellement déçu. Et si l'école séparée catholique, comme telle, n'a pas encore été l’objet d’assauts distincts, l'école séparée bilingue traverse en ces derniers temps une phase douloureuse qui rappelle les plus âpres luttes soutenues jadis par nos pères. Le mot d’ordre orangiste est donné : ‘Un drapeau, une école, une langue.’" Résumons les faits
A la suite d'une enquête sur l’enseignement bilingue dans l’Ontario, le gouvernement, par un arrêté connu sous le nom de règlement 17 et qui reçut en août 1913 sa forme définitive, adopta deux dispositions très graves ?.— La première de ces dispositions réduit la langue française au point de n’avoir plus dans les écoles bilingues existantes, soit comme moyen de communication, soit comme matière d’enseignemeut, qu’une place très effacée, Nous disons ‘dans les écoles bilingues existantes’’; car dans les nouvelles écoles construites en milieu français, cette place même semble lui être refusée. — La seconde disposition, destinée à fortifier la première, soumet les écoles bilingues déjà contrôlées par leur propre inspecteur à une nouvelle inspection, celle d’un officier de langue anglaise qui pourra être protestant ; et comme l'inspecteur ontarien jouit d’un
I. Voir Chauveau, L'instruction publique au Canada, pp. 27-30. 2. Cf. La crise scolaire dans l'Ontario, par un comité de théologiens.
pouvoir souverain, dans la direction des écoles, les Canadiens fran- Çais voient là, non sans raison, pour leur langue d’abord et aussi Pour leur religion une menace redoutable.
Presque tous les commissaires d'écoles bilingues ontariennes ont refusé jusqu'à ce jour de reconnaître le règlement 17. Et malgré les plus flagrants dénis de justice, malgré d’injustes rétentions des
deniers scolaires, et la nomination, dans la ville d'Ottawa, d’une commission de l’État substituée à la commission régulière élue par les contribuables, le gouvernement n'a pu faire fléchir l'énergique résistance de ja minorité.
Celle-ci a pour elle tous les droits : le droit naturel, puisque c’est la nature même qui incline l’homme à parler sa langue, et qui confère aux parents plein pouvoir sur l'éducation des enfants !: le droit historique, puisque c’est la langue française que parlaient les pionniers de la civilisation chrétienne sur toute l'étendue du territoire canadien, et que cette langue s'est acquis par l'usage et Ja Prescription des titres inviolables : le droit international, puisque rien n'est plus conforme à la Sagesse politique et aux devoirs de l'équité que de ne pas priver les Peuples conquis ou cédés par traité, de leurs légitimes coutumes ; le droit constitutionnel luimême, puisque en vertu du pacte fédéral le Canada est un pays bilingue, et que de plus la loi canadienne de 1863 reconnue par la Constitution laisse aux Commissions scolaires la liberté de déterminer la nature des écoles et de dicter aux instituteurs leurs devoirs ?,
Forte de tous ces droits, la minorité ontarienne, par les soins de «l’ Association cana lienne-française de l'Educatien de l'Ontario » et sous la conduite du vaillant président de cette association, l’hon. M. Landry, n'a cessé de réclamer la mesure de justice qui lui est due. L'un de ses chefs religieux (car l'expérience démontre que la religion n’est point sans rapports directs ou indirects avec nos questions de langue) lança en plein congrès cette fière parole « jusqu’au bout » qu'accueillirent avec une joie émue tous les vrais patriotes.
Déjà plusieurs protestations épiscopales s'étaient fait entendre 5. En mars dernier, une requête signée par vingt et un archevêques et