Voir l'{lmanach de la Lanque
française (imp. au * Devoir”, Montréal, 1916), pp. 15-20.
2. Entre autres documents, voir Premier Congrès de la Lan Canada (Mémoires). pp. 78 et suiv.: Sir A.-B, Routhicer, Le Dualisme canadien (M. S. R. C. 1915), Mgr Bruchési, Le problème des races au Canada (M. S.R. C. 1915): Ph. Landry, Mémoire sur la Question scolaire de l'Ontario (Québec, 1915) : Henri Bourassa, La langue française au Canada (Montréal, 1915) ; Th. Chapais, La Revue Canadienne (oct. 1913).
3 Voir celle de l'éminentissime card. Bégin (l'Action religieuse et la loi civile, pp. 3235-26).
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évêques de langue française, ainsi que par des milliers de citoyens, fut déposée entre les mains du Gouvernement d'Ottawa, le priant de désavouer, comme il en avait le pouvoir, l'acte injuste de la Législature ontarienne, Le gouvernement, s’abritant sous divers allégués, n’a pas cru devoir se rendre à cette demande! Ila même, selon le vœu des groupes oraugistes, refusé d'appuyer une expression d'opinion parlementaire, venue du côté libéral, en faveur de la minorité ontarienne, proposition très sensée, basée sur le principe du bilinguisme canadien, et propre à soutenir les opprimés dans la revendication de leurs droits? C'est pour protester contre ce refus, et contre l'attitude fuyante et humiliante de certains représentants de notre race, que M. Landry, par un geste très noble et digne de Lafontaine, s'est démis de ses fonctions de président du Sénat.
Pendant que ces faits se déroulaient ici, le Saint-Siège, informé des difficultés qui scindent en deux camps les catholiques ontariens, étudiait la question sous tous ses aspects. Le Pape vient de faire connaître sa pensée dans un document solennel, adressé aux Archevêques et Evêques du Canada #. Au milieu d’exhortations et de prescriptions diverses destinées à rétablir l'harmonie, Benoît XV pose ce principe, qui est la base des revendications françaises : ‘‘Les Canadiens français ont le droit, dans une province en majorité anglaise, de faire enseigner leur langue et de la défendre.” Si les parties en litige ne peuvent s'entendre amiablement, c’est aux évêques, surtout à ceux qui président aux diocèses les plus agités, de travailler à assurer un règlement des difficultés qui ramène la paix dans la justice. A leur défaut, Rome décidera.
D'autre part, le Conseil Privé d'Angleterre, saisi de cette même question au double point de vue de la légalité du règlement 17e: de la légalité de la commission scolaire gouvernementale, vient de décider que le règlement susdit est légal, mais que la nouvelle commission scolaire ne l’est pas.
1. Voir Ph. Landry, La question scolaire de l'Ontario. Le désaveu (Qucbec, 1916).
2. Cf. Débats des Communes; Extrait sur la quest. biligue (9-11 mai 1916). 3. Lettre Commisso divinitus, S sept. 1916.
4. l'attitude si ferme des défenseurs de la minorité n'eût-elle eu pour effet que de faire reconnaitre ce principe fondamental par la plus haute autorité religieuse, ceux qui ont voué leur talent à cette œuvre de défense, et qui n'ont rien négligé pour imposer la question à l'attention des pouvoirs publics, auraient bien mérité de la patrie. — Le Pape énonce un autre principe très important et analogue au premier, à savoir que les fidè es dans une paroisse ont le droit d'être desservis et de recevoir l'enseignement religieux dans leur largue maternelle. Cela suppose des prètres pouvant, comme le veut le St- Père parler le français ou l'anglais selon le besoin des fidèles. Or pour créer un clergé vraiment bilingue, il faut des éco!es bilingues eflicaces.
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Même si le règlement 17 n'était pas contraire à la lettre stricte de la Constitution (ce que de savants légistes continuent de mettre en doute), il ne s'en suivrait pas qu'on doive l'estimer conforme à l'esprit qui a dicté le pacte fédérai. Et de plus il n’en serait pas moins vrai que ce règlement viole en matière très grave le droit naturel des parents. Aussi faut-il de toute nécessité qu’il soit amendé, et cela, comme le Pape le prescrit, d'une façon équitable pour la minorité française!. La langue française doit être conservée chez nos frères par tous les moyens légitimes, même, s’il y a besoin, par des écoles supplémentaires libres ?. Cette question déborde les frontières d’une province et commence d'agiter, comme nous le verrons plus loin, le Manitoba ; elle menace les intérêts les plus essentiels de notre race, ainsi que Ja paix et la grandeur de notre patrie. Aucun effort ne doit être omis pour qu'elle se règle selon le droit, et qu'au sein de l'Ontario l’école catholique bilingue et l’école catholique anglaise jouissent toutes deux, en se fortifiant mutuellement, de la situation juridique qui leur est due.
Cette organisation scolaire a pu fonctionner avec succès dans le passé. On aurait tort Cependant de croire qu’elle offre aux catholiques ontariens tous les avantages et toutes les libertés que possède la minorité protestante dans la province de Québec.
Ici, en effet, par le fait de la division du Conseil de l’Instruction publique en deux sections absolument distinctes, les protestants peuvent administrer leurs écoles, élémentaires et supérieures, indépendamment de tout contrôle catholique. Dans l'Ontario, les catholiques, malgré leurs importantes franchises locales, se trouvent sous la dépendance d’un bureau central d'éducation en grande majorité protestant, présidé depuis 1876 par un ministre de l'Instruction publique. Ils n’ont ni liberté suffisante dans le choix des livres destinés aux écoles séparées, ni école normale catholique dans le sens plein du mot *, ni commissions séparées pour l'examen des can-
1. Le Pape, très sûrement, condamne le règlement 17 con:n puisqu'il deniande qu’on travaille *‘ avec zèle et activité’ À tion et à faire attribuer aux intéressés ce qui est juste.
2. “ Ce sera le noble devoir de la province française et catholique de Québec d’appuver de son influence et de toutes ses ressources ceux qui souffrent et ceux qui luttent jusqu'à ce que pleine justice leur soit rendue." (Card. Bégin). —Il n'est que juste de noter que nes principaux Corps nationaux, la Législature de Québec, l'Université Laval, la Sociéré Saint-Jean-Baptiste, l'Association catholique de la Jeunesse canadienne, n'ont pas manqué de témoigner à la minorité persécutée d'ardentes sympathies, L'A. C, J. C. surtout mérite à cet égard, pour son travail si actif et si généreux, les plus grands éloges.
3. Nous disons “ dans le sens plein du mot”; car il a été établi récemment, à Ottawa et à Sturgeon Falls, pour les Canadiens français ontariens deux écoles pédagogiques bilingues, lesquelles, cependant, ne donnent droit qu'à un
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didats soit à l'enseignement soit à l'inspection scolaire, ni établissements d'instruction secondaire et supérieure subventionnés par l'Etat !. Depuis longtemps, du moins, grâce au privilège d'équivalence que l'acte de 1841 avait reconnu, les Frères des Ecoles chrétiennes étaient admis à enseigner sans avoir subi préalablement les examens officiels imposés aux laïques. Ce droit, il y a treire an:, leur fut contesté ?, et il faut regretter que les tribunaux saisis de cette affaire (la Cour d'Appel en 1904, le Conseil Privé d’Angleterre en 1907) n'aient pas cru devoir soutenir les fils de l’immortel de la Salle dans leurs légitimes revendications ÿ,
En toute évidence, il faudra aux catholiques de la province voisine beaucoup de vigilance et d'énergie pour conserver indemne et surtout pour améliorer leur situation scolaire actuelle.
L'acte constitutif de la Confédération canadienne, tout en abandounant aux provinces fédérées les questions d'instruction pu blique, contenait des dispositions propres à assurer aux minorités religieuses jouissant légalement dans ces provinces d’un système d'écoles séparées, le maintien de leurs privilèges et de leurs droits‘. Malñeu-
lhplôme de 3me classe, et tendent en ces derniers temps à perdre de leur inluence française (Prem, Conur, de La Langue fr. au * anada, mémoires D. 411).
1, Ross, ous cut, pb. 134: — Chiaus üu, OUT, Cil,, p. 290.