Ile sess., can
2. Nous aurons plus tard l'occasion d'expliquer dans quel sens l'Eglise entendait et entend la gratuité de l’enseignement et comment cette gratuité ecclésiastique diffère de la gratuité laïque tant prônée de nos jours.
3. Voici le texte latin. “Nos... robarantes statutum Concilii Lateranensis JT, adjicimus, ut non solum in qualibet cathedrali ecclesia, sed etiam in aliis, quarum sufficere poterunt facultates, constituatur magister idoneus, qui clericos... gratis in grammatica facultate, et alios instruat juxta posse”” (Cap. Quia nonnuliis, De magist.) — Il est vrai que le mot grammaire avait alors un sens plus étendu qu'aujourd'hui et qu'il désignait tout l'enseignement des belles-lettres; mais, par cela même et avant tout, la grammaire comprenait aussi les règles fondamentales du langage qu'on enseigne dans toute école
sitiopu-
par avec à le
lec- ’ouints, riers tres déjà
lans > ce l'inécoran, iste lent xisnts, ices
une loi plus générale et en termes plus solennels la décision prise, soit isolément, soit dans des synodes Provinciaux, par la plupart des évêques, de pourvoir dans leurs diocèses À l'établissement d'écoles presbytérales.
On a la preuve que des écoles rurales, destinées aux enfants du peuple, fonctionnaient dans bon nombre de localités. De patients chercheurs ont fait, Pour ce qui concerne diverses provinces de France, un relevé minutieux de tous les documents appartenant aux archives soit ecclésiastiques soit civiles, dans lesquels l'existence de petites écoles se trouve mentionnée, et le résultat de leurs travaux répond victorieusement aux accusations mensongères lancées contre l'Eglise.
Dans un ouvrage traitant de l'histoire de i’instruction publique au diocèse de Rouen, M. de Beaurepaire signale de nombreuses écoles existant, dès le XII°siècle, non seulement dans les villes, mais encore dans d'humbles villages, puis il ajoute : “ Quand ou rencontre des écoles dans des localités d’une aussi mince importance que celles que nous avons énumérées, il n’y a plus moyen de douter qu’il n’y en ait eu, sinon dans toute les paroisses rurales, du moins dans la plupart, et surtout dans celles où la population était un peu considérable » 1. Un autre érudit français, M. Sim. Luce, écrit à son tour: « On a cru longtemps que le moyen âge n’avait connu tien qui ressemblât à ce que nous appelons l'instruction primaire. (C'est une grave erreur: ilest fait à chaque instant mention d'écoles dans les documents où j'on s'attendait le moins à trouver des rensei-
vopulaire. — D'après les deux conciles de Latran dont nous pot F
venons de rappeler la législation scolaire, et conformément
äux ordonnances de plusieurs
fveques et à Ja pratique des monastères, l'enseignement devait se donner
BONE aux enfants qui n'étaient pas clercs, M.
d'écrire que les écoles tenues par l'Eglise du Ve au XIIe siècle étaient desti-
nées à l'instruction du seul clergé” (Hist, de la civilis. en Europe, 6e éd. 165),
suizot n'a donc Pas eu raison
L Recherches sur l'instruction Publique dans le diccèse de Rouen, avant 90 1, p, 52 Voir Allain, L'instruction frimaire en France, ch, IT.
gnements de ce genre, et l’on ne peut douter que pendant les années même les plus agitées du XIV® siècle, la plupart des villages n’aient eu des maîtres enseignant aux enfants la lecture, l'écriture et un peu de calcul » !.
Les doctes bénédictins qui ont écrit l’histoire littéraire de la France rendent aux écoles monastiques du onzième siècle ce glorieux témoignage: « Un des premiers soins, à la réforme ou à la fondation un nouveau monastère, était de prendre de justes mesures pour en bannir l'ignorance, y entretenir de bonnes études et y amasser des livres. Quelque peu considé. rable qu’il fût, on avait l'attention de choisir et de désigner un noine lettré pour y enseigner. On y instruisait, comme auparavant, des élèves de différent âge. 1! y avait des enfants, auxquels on montrait les Premiers éléments des lettres et des arts libéraux... .l'outes sortes d'élèves, pauvres ou riches, y étaient également recu, et bien loin d'exiger quelque salaire pour l’instruction qu’on leur donnait, on poussait la charité jusqu’à nourrir ceux qui étaient dans l’indigence » ?.
Cluny se distinguait alors parmi les nombreuses institutions consacrées à la formation de l’enfance et de la jeunesse. Cette formation, pour répondre au véritable esprit de l'Eglise, était tout à la fois intellectuelle, disciplinaire et morale. « Il est impossible, dit l'abbé Cucherat , de se figurer rien de plus touchant que la discipline à laquelle les enfants étaient soumis, dès leurs plus tendres 1nnées, comme aux jours orageux de la jeuuesse. » Ils mangeaient debout, pour apprendre le respect et pratiquer la mortification. Jour et nuit ils étaient sous les yeux attentifs de leurs surveillants. Des corrections même corporelies, mais non préjudiciables à la santé, leur étaient infigées, quand ils causaient ou lisaient mal. On prenait les plus grandes
1. Histoire de Duguesclin, pp. 13-16; dans Allain, our. cit., p. 27. . Hist. ditt., t. VII, pp. 9-10.
3. Ciuny au XTe siècle; cit. par les Etudes rei., mars 1872, pp. 833-&6.
ant les art des lecture,
e de la ècle ce rme ou dre de nir de onsidé.
"ner un > aupas, auxes arts étaient ur l’injusqu'à
tutions
Cette >, était est im- IS totais, dès la jeupect et ous les ne Corfligées,
randes
précautions pour éloigner d'eux la vue et jusqu'au soupçon du mal. Kofin « le plus grand prince n’est pas élevé avec plus de soin dans le palais des rois, que ne l'était le plus petit des enfants à Cluny »!,
Dans la célèbre école du Bec, c'était le même souci des graves devoirs de l'éducation, le même zèle religieux à bien former l'esprit et le cœur des enfants. On s’efforçait de leur inspirer des sentiments de foi et d'honneur; on n'omettait pas de leur apprendre les règles de la politesse. Pour les corriger, on préférait aux rigueurs de la verge les influences persuasives de la douceur et de la raison. On les traitait comme de jeunes plantes qui, pour s'épanouir en nue belle et forte ramure, ont besoin de lumière et d'espace; on les considérait comme un métal qui ne se façonne pas avec le marteau seul, mais qu'il faut travaiiler et polir avec des instruments plus doux 2.
Eu face de ces témoignages d’une si haute signification, de ces faits qui nous montrent l'enseisuement primaire fonctionnant presque partout, de ces récits qui évoquent sous nos yeux l’art progressif et les méthodes raisonnées de la pédagogie médiévale, coinment ne pas reconnaître les services inappréciables reudus, en ces temps de rudesse inculte, par l'Eglise, À la cause de l'instruction et de la moralisation ?
Et, puisque la plupart des institutions scolaires donnaient l’enseignement à tous les degrés, de quels bienfaits, également, ne furent pas redevables aux papes et au clergé l'instruction secondaire et l'éducation supérieure, même dans les écoles qui, en dehors des évêchés et des couvents, comimencçaient à s'établir au sein des villes les plus populeuses, et que dirigeaient à peu près exclusivement des homines de caractère et de formation ecclésiastiques ?
Grégoire VII, dans le coucile romain de l'an 1078, s'occupe