‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 44 sur 196 · Etudes relig., vol. cit., pp · texte numérisé non relu

Etudes relig., vol. cit., pp

2. Cette abbaye était située en Normandie, Les farouches Normands, du jour où l'eau baptismale coula sur leur front, s'éprirent d'amour pour la religion chrétienne et pour tout ce qui pouvait en :ervir les intérêts. “ En général, dit l’{istoire littéraire (t. VII, p. 68), ils avaient de grandes dispositions naturelles pour les lettres, et l'on sait qu'ils n'unt point dégénéré dans la suite.” Les études littéraires prirent dans la province de Normandie un vif essor. Les Canadiens français, issus en si grand nombre de souche normande, peuvent y trouver un motif de légitime fierté nationale.

3 Phast Ath OVTT, p.77,

de la scolastique , déjà contenue en germe dans les travaux de quelques écrivains antérieurs.

La philosophie entrait dans une ère nouvelle. Elle émergeait peu à peu des ombres où on l'avait tenue trop longtemps cachée, et grâce à d’intelligentes études d’Aristote, purifiée dans le creuset de la foi, débarrassée de ses scories, elle montait par de multiples essais vers les sphères élevées qui, au treizième siècle, allaient s’illuminer de toutes les clartés des plus illustres génies chrétiens. Le réalisme modéré, dans la question capitale des universaux, triomphait du nomiunalisme ; le rationalisme de Bérenger et d'Abailard succombait sous l’irrésistible logique de leurs adversaires.

Ce noble élan des esprits avait fait surgir, en face des anciennes écoles cathédrales et monacales, plusieurs institutions libres, et Paris se glorifiait de compter dans son sein, avec l'école de Notre-Dame, celles de Sainte-Geneviève et de Saint-Victor. Au pied des chaires rendues célèbres par la science et le prestige d’hommes tels que Guillaume de Champeaux et Pierre Lombard accouraient, jusque de l'Orient, une foule d'étudiants étrangers ?. Toutefois, remarquons-le bien, c'est (pcur ne parler que de la capitale de la France) de l'école épiscopale dont cette cité était fière, que sortirent «toutes les autres écoles qui se multiplièrent prodigieusement tant dans la ville qu'aux environs, et y formèrent la plus brillante académie qu’on eût encore vue en Europe » ®,

Les lettres marchaient de pair avec la philosophie. Sous la plume et sur les lèvres des moines, le roman populaire se préparait à évoluer en notre belle langue française, dont les destinées devaient être si glorieuses. Plusieurs lettrés s'adonnaient à l'étude du grec et des langues orientales, notamment de l’hé-

1. Gonzalez, {list, de la Philosophie, t IT, p. 162 (trad. Pascal).

2. Dès le milieu du XIe siècle, la multitude des étudiants à Paris surpassait le nombre des citoyens (Hist. (HR TUEX, D: 28).

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