‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 47 sur 196 · SU PE · texte numérisé non relu

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bre silencieuse des cloîtres, parlèrent un langage et enfantèrent des œuvres dignes de l'éternelle reconnaissance de l'humanité. L'enseignement supérieur, donné jusque-là dans les monastères et les écoles épiscopales, tout en portant sur des matières distinctes de celles qui constituent l’enseignement secondaire, n'avait pas néanmoins de caractère bien défini: il était incomplet, incohérent, disparate. L'empire des lettres manquait de l'organisation nécessaire pour grouper et harmoniser dans un mouvement d'unité les plus brillantes intelligences et les plus solides dévouements. Cette concentration fut le fait des universités, et les universités elles-mêmes furent, en grande partie, l’œuvre favorite de l'Eglise. Non seulement la plupart d'entre elles doivent leur existence aux écoles épiscopales d'où elles sont issues et aux personnages ecclésiastiques qui s’en firent les patrons !, mais les papes, dès le principe, se plurent à les combler de privilèges et à s’en montrer les protecteurs zélés et les guides éclairés ?, Il serait trop long d'entrer dans le détail.

L'histoire des origines de l'Université de Paris, ce centre

1. Sur 44 universités fondées avant 1400 en vertu d'une charte, 31 sont en possession d'une charte papale. (Denifle, O. P, cité par Schwickerath, Jesuit Education, 2e éd., p. 38).

2. Les premiers fondements de l'université d'Oxford avaient été jetes par des moines français, Grimalde et Jean. Ce sont d'autres moines français, Joffride et ses compagnons, qui jet rent les bases de l'univer té de Cambridge. Lingard (Hist, d'Hngleterre, t. IL trad. Roujoux, pp. 249-50) en

a décrit les humbles commencements : * Une vaste grange, dit-il, suffit d'abord pour les loger (maitres et élèves): mais, dés la seconde année, les disciples devinrent si nombreux qu'on donna à chaque maitre des appartements séparés. Le matin, de bonne heure, les travaux de ln journée s'ouvraient sous les auspices du frère Odon, qui apprenait aux enfants les règles de la grammaire selon Priscien: à six heures, Terric donnait des leçons sur la logique d'Aristote; à neuf heures arrivait le frère Guillaume qui expliquait les ouvrages de Cicéron et la rhétorique de Quintilien: et avant midi maitre Gilbert interprétait aux étudiants en théologie Les passages difficiles des Saintes Ecritures. Ce détail exact fait connaitre l'origine réelle de l'université de Cambridge.

prédominant des études supérieures au moen âge, fait très bien voir de quelle sollicitude l'Eglise entourait le: plus nobles asiles des lettres et des scignces. Innocent III Ini donna des règlements, Honorius IT lui accorda des faveurs, Grégoire IX eut assez de prudence et assez de bienveillance pour la :auver d'une crise qui faillit l'anxnéantir !, Sous cette haute protection, de nombreux collèves, réguii rs et séculiers, prirent naissance *, se groupant autour de l'institution maîtresse et formant avec elle éÉommie une riche et brillante constellation. L'Université pouvait se dire la fille des rois par les secours qu'elle en recevait, mais en réalité elle était la fille de l'Eglise #, |

.'influence du moyen âge sur la marche intellectuelle de l'humanité n'est pas toujours, À notre époque, équitablement appréciée. La déchéance trop visible, en certaines ce trées, des sciences rationnelles au profit d'études empiriques dont nous sommes loin d'ailleurs de contester l'utilité, nous explique le mépris hautain professé par un grand nombre pour les travaux de la pensée accomplis avant l’âge moderne. Jit pourtant ces travaux ne portaient:is pas avec eux non seulement l'empreinte profonde d'esprits élevés et vraiment scientifiques, mais encore le germe fécond des plus remarquables progrès ?

Ou donnait, dans les universités, une place d'honneur, et à ja théologie que l’on proclamait la reine des sciences, et à la philosophie qui en était l'inséparable alliée, et c'est dans l'orbite éclairé par ces deux foyers que l'intellect humain, rayonrant

1. Voir Feret, La Faculté de théologie de Paris. Moven àäge, t 1, Introd. Les origines de l'Université de Paris. — Le protestant Hurter, dans son His= {cire du pape Innocent II1, après avoir rappelé ce que fit ce grand pape pour l'université de Paris, ajoute: “1 n'y à qu'un esprit superliciel, dédaignant d'étudier les annales et les documents de ces siècles, où un esprit aveuglé par la prétendue supériorité de notre epoque où par une haine systématique, créant pouvoir se servir des témoignages historiques contre la vérité ellenie, qui ose accuser les papes du moyen äâve d'avoir favorisé l'ignorance ” t. III, p. 522, trad. Saint-Chéron, 2e éd.).

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