‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 53 sur 196 · LE LES LE LES · texte numérisé non relu

LE LES LE LES

quatorzième siècle, l'affaiblissement de l'autorité des Papes, l'in vasion de l'esprit mondain dans le clergé, la décadence de la philosophie et de la théologie scolastique, un effroyable désordre dans la vie politique et civile. (C'est dans ces conditions que l'on imettait sous les yeux d’une génération intellectuellement et physiquement surexcitée, maladive sous tous les rapports, les déplorables leçons contenues dans la littérature antique. Faut. il s'étonner si quelques-uns des chefs du mouvement se laissèrent entraîner à de dangereux égarements » ?

Eu Italie, Boccace et Valla (pour ne citer que quelques noms) renouvelèrent en des écrits pernicieux les doctrines épicuriennes. Machiavel, le cynique théoricien de l’opportunisme utilitaire, tout imbu des idées de l'antiquité gouvernementale, n'eut pas honte de proposer aux hommes publics pour règles de leur conduite la force et la ruse, et pour objet de leur ambition le triomphe de l'intérêt. Sa maxime favorite était : « tourner avec le vent, et avoir soin ie ne jamais laisser échapper le succès ! ».

En Allemagne, Erasime, qu on a, non sans raison, surnommé le Voltaire de la Renaissance, mena la campagne en faveur de l'huimanisine paien. Il était instruit, doué d'un talent actif, et manjait la langue latine avec une merveilleuse souplesse. Sa verve brillante, gouailleuse, satirique, livra au mépris ies institutions les plus saintes, éclaboussa l'Eglise, ses ministres, et sa discipline, dénatura la Bible, poursuivit d'âpres sarcasmes la méthode et les doctriaies scolastiques qu'il fallait, selon Int, remplacer par le genre éiégant et ja phiosophie large et nuancée des anciens ?

1, D, our, cit, € V, ps 1ho—-Les methodes machiavéliques ne sont pas,

S'en faut bien, disparues de fr scene de ce monde: et le système du double je

de la douie face « la double parole, est encore très en honneur da

divers nul L'on ne saurait trop fortement dénoncer et abominer ce LUC ILE & consciences bonnetes et de personnalités respectables L'homme fourbe, en toute société, est une nuisance, et S'il jouit par hasar d'une situation qui lui permette de ture ecole, c'est un fléau.

2, Voir Janssen, ous, cit, 1, Fi L'Hlomogne depuis Le commencement di guerre poutique et religieuse jusqu'à le fit de la révolution sociale, pp. t

SiHv.

D'autres novateurs vinrent à sa suite, et cette bruyante croisade, dont les échos retentirent dans presque toute l'Europe, fut désastreuse. Elle sema le doute dans les âmes, éveilla les passions mauvaises, fit germer des idées de révolte contre le catholicisme et contre son chef, et prépara ainsi, plus effectivement que toute autre cause, le succès fatal et l'issue révolutionnaire de la réforme protestante.

Pourquoi faut-il que l'humanisme n'ait pas, toujours et partout, suivi la voie droite où marchaient, sur les traces de Dante et même de Pétrarque, des hommes éclairés ?

En effet, parallèlement À la fausse renaissance s'était formé et développé, grâce au travail de chrétiens sincères et avec l'approbation de l'Eglise, un mouvement de saine rénovation litté. raire. Pleins d'ardeur pour l'étude des lettres anciennes, ces partisans de la culture classique n'en faisaient pas un but, mais un moyen; ils y cherchaient moins une source de doctrine qu'un instrument intellectuel et une méthode pédagogique propre à former le goût, à apprendre l’art d'écrire, et d'exprimer clairement, littérairement, ses pensées. On avait parfaite conscience des dangers que présente, particulièrement pour la jeunesse, la littérature antique, et on s'efforçait de les écarter ou d'en restreindre la portée soit par l'esprit chrétien des maîtres, soit par le choix judicieux des textes, soit par l'étude simultante des Pères et des autres écrivains ecclésiastiques. Les humanistes de cette école étaient dans la persuasion « que, pour apprécier sunement un ouvrage de l'antiquité, il faut baser son jugement sur les principes du christianisme ! ».

C'était bien là le sentiment de l'Eglise catholique, ct des hauts dignitaires qui la dirigeaient.

Mais ceux-ci se tinrent-ils toujours suffisamment en garde contre les tendances funestes de l'humanisme radical, et surentls, en toute circonstance, éviter tout ce qui pût paraître une appréciation trop complaisante de l'œuvre délétère accomplie

Page 1