‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 54 sur 196 · APPLIED IMAGE · texte numérisé non relu

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var certains lettrés? Nous ne voudrions pas le prétendre. Personne du moins ne pourra, sans contredire l’histoire, accuser les pontifes romains, et en particulier Nicolas V, Jules II et Léon X, ces insignes protecteurs des lettres et des arts, d'avoir marchandé aux études classiques leurs encouragements et leur fa veu.

L'Italie avait pris les devants, et des esprits distingués par leur savoir, leur zèle, leur dévouement désintéressé à la religion et à l'éducation, y rivalisaient d'ardeur dans l’œuvre éminemment féconde de la formation intellectuelle et chrétienne de la jeunesse. Mentionnons en part'culier Victorin de Feltre, « le plus grand pédagogue italien de l’époque ! », humaniste d’un rare mérite qui fit fleurir dans l’école palatine de Mantoue la bonne littérature classique, mais de plus, et surtout, catholique convaincu dont l'action éducative était un apostolat et que le Pape honorait d’une singulière estime. « Victorin, dit l’historien Pastor ?, surveillait dans les moindres détails la conduite morale et religieuse de ses élèves, car il pensait qu’une éducation digne de ce nom ne peut être obtenue que par l’union intime de la science avec la religion et la vertu ».

L'humanisme chrétien, fort de la haute protection de l'Eglise, ne tarda pas à rayonner au loin et, débordant l'Italie, à répandre dans les institutions scolaires de la France, de l'Espagne, de l'Angleterre, et de l'Allemagne, la vertu d'un sang nouveau.

Ce dernier pays, théâtre principal des travaux et des entreprises des « Frères de la vie commune », dut aux éducateurs formés par cet institut de nombreuses et florissantes écoles qui eurent, sur le développement intellectuel du peuple, une très heureuse influence. Ces écoles se multiplièrent et parvinrent À couvrir, vers ia tin du quinzième siècle, une grande partie territoire allemand. Tout l’enseignement des Frères s’inspirait de l'esprit chrétien. L'élève, sous leur direction, apprenait à

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Per- s considérer les principes religieux comme la base de l'être moral, ‘ ser les et comme le fondement de toute éducation véritable; cependant Léon on ne négligeait pas de faire en son esprit une part convenable mar. d aux notions littéraires et aux données scientifiques !. « Comme ur fa l'enseignement était gratuit chez les Frères, leurs écoles étaient accessibles aux gens de petites ressources. Dans les villes alle. s par mandes où ils n'avaient pas d'établissements, ils prenaient néanigion moins un vif intérêt à l'instruction de la jeunesse, fournissaient : inem- des maîtres aux écoles de la ville, payaient la rétribution scode la laire des écoliers pauvres, et leur procuraient des livres et d’aue, « le tres moyens d'instruction ? ».

d'un Les Papes, fortement secondés par le Cardinal de Cusa, favoue la risèrent de tout leur pouvoir l’œuvre de ces religieux. Dans lique leurs écoles, comme dans toutes celles que l'Eglise, à cette ue le À époque, ft éclore, soit par ses libéralités, soit par son influence, histo- on tenait compte et on tirait parti de l'élan qui emportait les duite esprits vers l'antiquité classique. | ation Ce mouvement, d’ailleurs, ne venait nullement en conflit avec itime les enseignements et les méthodes des beaux jours de la scolas- Fe tique: il ne heurtait et n'éliminait que les querelles oiseuses et glise, les arguties puériles de la décadence. Aussi les théologiens et épan- À philosophes de bonne lignée, heureux de voir dans la renaisagne, sance bien comprise le renouvellement et le refleurissement des veau. À anciennes traditions littéraires en honneur même chez les Pères, entre. | l’accueillaient-ils avec faveur. «C'est à eux, dit Janssen 8 qu’on teurs doit l'introduction des études classiques dans les hautes écoles, s qui et ceux-là mêmes dont on raille aujourd’hui l'obscurantisme ont très favorisé et aidé le mouvement suscité par les nouveaux savants, entà aussi longtemps que ce mouvement ne menaça ni l'autorité de 'e du l’Église ni les fondements de la vie chrétienne ». irait F3 L'heureuse alliance de l’humanisme et du christianisme, d’un æ ait à le RU :

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