Voir Schwickerath, ouz, cit. ch. III-IV
2. “Tous les établissements d'enseignement étaient étroitement unis à l'Eglise, non seulement parce que la plupart des maitres appartenaient à l'état ecclésiastique, mais encore parce que l'inspection des collèges était, ou laissée, ou formellement attribuée au clergé ” (Janssen, ibid., p. 64).
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ger ce genre d’études. Au concile de Vienne, en 1312, ordre avait été donné par le Pape d'établir des chaires d’hébreu, de chaldéen et d’arabe à Rome, À Bologne, à Paris, À Oxford et À Salamanque }, et cette injonction papale n'était pas restée sans écho *.
Les plus doctes représentants de la haute culture intellectuelle joïgnaient ensemble l'amour des lettres gréco-latines et même de la littérature hébraïque, et l'étude des sciences physiq'es, historiques et théologiques.
L'Ordre de saint Dominique gardait plus jalousement que tout autre les trésors incomparables de doctrine légués au monde par saint Thomas d'Aquin; et, après les tristes ravages causés, au quatorzième siècle, par l’action rivale d’une philosophie bâtarde, on se réjouissait de voir l'Ange de l'Ecole reprendre dans les chaires # cette primauté un instant perdue, que le mérite transcendant de ses œuvres lui avait acquise, et que, depuis, l'Eglise s’est plu tant de fois à reconnaître et à consacrer par son suffrage.
Si donc, d’un côté, les idées nouvelles commençaient à se faire jour, de l’autre, avec quel zèle les plus solides e esprits s’efforçaient de concilier le culte du passé et les élans les plus nobles et les plus sagement progressifs !
Rien en dehors du légitime contrôle de l'Eglise, ne gênait ces aspirations. Aucune main profane ne s'élevait pour comprimer arbitrairement l'essor des doctrines. Libres et autonomes, et jouissant dans l’ordre intellectuel de l’ indépendance laissée aux corporations ouvrières dans l'ordre social, accueillantes pour
. Ibid., p. 83.
. En Espagne, le cardinal Ximénès adjoignit à l'université d'Alcala, dont lé était le fondateur, le “ collège des trois langues”, où l'on se livrait spécialement à l'étude du latin, du grec et de l'hébreu (Schwickerath, ous. cit, pp.
3. Janssen, 1bid., p. 01: 216 éditions et réimpressions connues des écrits du Saint docteur datent de cette époaue.
les élèves, même les plus pauvres !, auxquels elles ouvraient libéralement leurs portes, les universités se développaient dans la plénitude de leurs privilèges et sous l'influence d’une vive émulation mutuelle. 11 régnait entre elles, même d’un pays à l’autre, une communauté d'idées et une réciprocité de sentiments qui, les plaçant au-dessus des rivalités et des vicissitudes politiques, leur imprimaient comme une sorte de caractère international ?,
Filiale soumission à l'Eglise, indépendance vis-à-vis de l'Etat : telles étaient les bases sur lesquelles reposait l’organisation générale non seulement des universités allemandes, mais de presque toutes les institutions similaires déjà si nombreuses dans les divers pays de l’Europe.
L'exemple était parti de l’université de Paris, dont nons avons dit plus haut le rang privilégié et l’étroite liaison originelle avec l'Eglise. Cette union, en se perpétuant, eût conservé à l’illustre corporation française tout son prestige et eût même accru sa prépondérarce manifeste dans le monde catholique. Des circonstances fâcheuses vinrent trop tôt relâcher ces liens, et jeter l’université, captive et docile, entre les mains du pouvoir royal que son triomphe politique sur la féodalité, joint à l’esprit romano-césarien des légistes, poussait graduellement et comme fatalement vers ’absolutisme administratif.
Cette tendance centralisatrice, menaçante pour les justes
1. ‘ Dans tous les établissements ecclésiastiques, c'est-à-dire dans toutes les maisons d'enseignement, collégiales, écoles monastiques, gymnases, universi tes, les pauvres jouissaient, comme disent les statuts de Vienne. du privilege du bon couloir. On les admettait gratuitement, aussi bien à l'immatriculatioi
qu'aux ju'e
cours et aux promotions. Une multitude de fondations, de dons, étaient
faits en faveur des jeunes gens sans ressource. Outre cela, dans les écoles secondaires, la mendicité passait pour un moyen réglementaire de subvenir aux dépenses, et elle n'était pas tout à fait exclue des universités. Comment la mendicité aurait-elle nui à l'honneur de ces sociétés qui reçoivent dans leur sein tant de membres des Ordres mendiants ”’? (Paroles de Paulsen citées par Janssen, ibid., p. 73).