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politiciens, dans leur zèle pour l’instruction publique, ne songent trop souvent qu’ « À se servir du peuple »; les maîtres chré. tiens, eux, et en particulier les Frères des Ecoles chrétiennes, n'ont d’autre souci que « de servir le peuple. » Exploitation chez les uns; pure bienfaisance chez les autres: voilà la diffé. rence.
Il est aisé de comprendre l’appoint que Sœurs et Frères, dans leur œuvre éminemment éducatrice, apportèrent aux progrès de l'enseignement populaire. L'Institut, fondé en 1684 par J.-B. de la Salle, ne tarda pas à se répandre par toute la France, et le siècle suivant, quand éclata la révolution, il y comptait plus de vingt établissements !. On le vit même, débordant la frontière, aller s'implanter jusqu’au centre de la catholicité ?,
Non pas, certes, que la ville des Papes eût été privée jusquelà du bienfait des écoles primaires.
Depuis longtemps déjà fonctionnaient en Italie, notamment à Rome où elles avaient pris naissance, des écoles de charité. connues sous le nom d'écoles pies, et fondées en 1597 par saint Joseph de Calasauze. A partir de cette époque, «la ville était divisée en un certain nombre de quartiers, et chaque quartier avait son école et ses maîtres 2. »—[es clercs réguliers des écoles pies, dits Piaristes, étendirent leur action non seulement dans les diverses provinces de l'Italie, mais en Espagne, en Allemagne et en Autriche #
Dans toutes les contrées catholiques l'enseignement primaire faisait son œuvre saus que l'intervention de la puissance civile eutravât ni l’action dirigeante de l'Eglise, ni la libre volonté des chefs de famille, L'éducation, écrit Lavollée * en parlant
1. Guibert, [Zisioire de saint Jean-Baptiste de ia Salle, ch XII, parag. !