‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 68 sur 196 · fbid., c, VI, parag. G · texte numérisé non relu

fbid., c, VI, parag. G

3 Guibeit, ous, cit, p. 328.

4. Voir Dictionnaire encyclopédique de la théologie catholique, trad l'allemand par Goschler, au mot Piaristes.

ÉTAPES = re pt l'ronên ! 4e 5 L'Etat, le père ct l'enfant. PP. 46-47.

> sonchrénnes, ation diffé.

dans ès de J.-B.

e, et plus fron-

que.

nent rité, saint était rtier oles lans \lle-

de la France, « était absolument indépendante de l'Etat : on eût, en effet, grandement surpris les bourgeois des siècles passés, si l’on avait proposé devant eux de faire nommer les instituteurs par un fonctionnaire administratif, tel que l'intendant, et plus encore si l’on avait présenté comme une mesure libérale cet expédient autoritaire. Ils entendaient autrement la liberté scolaire : ils regardaient comme une de leurs prérogatives les plus précieuses, comme une de leurs obligations les plus strictes, celle de n’abandonner à personne qu’à des délégués de leur confiance le choix si important des hommes chargés d'élever leurs enfants. »

N'oublions pas, toutefois, que le choix des maîtres laïques (comme il a été dit pour les écoles du moyen âge) devait être ratifié par l'autorité religieuse. «Le maître choisi, dit l'abbé Allain !, avant d'entrer en exercice, devait se pourvoir auprès de l’évêque, de ses grands vicaires ou de ses doyens ruraux, de lettres de régence qui s’accordaient gratis. Les Edits et Déclarations royales avaient mis les régents sous la juridiction des évêques ?, et ceux-ci, responsables de la foi de leurs diocésains, avaient à cœur de se maintenir À cet égard dans la possession de leur droit. L'approbation épiscopale n'était accordée qu'après un examen sérieux, quoique portant sur un programme élémentaire, ou du moins sur un certificat d’idonéité délivré par les curés des lieux où le régent avait précédemment enseigné, »

M. Emile Faguet, dont le franc libéralisme ne saurait être

Vuv. cit, pp. 125-126.

Disons plutôt que les rois avaient reconnt

Hdielicit cette juridiction scopal nous lisons que “les régents, précepteurs où maitres d'écoles des petites villes et village

in

rente, en Ce qui concerne l'eñscignement re , au pouvoir ép

Dans un édit de Henri IV de 1606 (art, 14),

es seront approuvés par les curés des paroisses ou personnes ecclésiastiques qui ont droit d'y mer: et où il y aurait plainte des dits maîtres d'écoles, régents ou pré- IS, X Sera pourvu par les archevèques ou évêques, chacun en leur dio-

(Isambert, Anciennes lois françaises, t. XV,, p. 107: dans l'abbé Guibert, out. cit, p, XXI).

suspecté de partialité envers l'ancien régime, a écrit qu’«il n’était pas venu à l'esprit d’un Louis XIV de faire de l'ensei. gnement une chose de l'Etat’. L'Etat croyait sans doute qu’il avait assez de choses d'Etat sur les bras.» Ilfaut prendre acte d’un tel témoignage.

Cette liberté laissée à l'enseignement regarde surtout l’instruction primaire. Nous allons voir dans quelle mesure et avec quelles réserves elle peut s'entendre également de l'enseignement secondaire et supérieur.

Les anciennes écoles épiscopales et monastiques qui avaient été pendant si longtemps l'unique refuge des lettres, étaient, pour la plupart, déchues de leur splendeur. Elles avaient vu leur prestige décroître au profit d'institutions nouvelles, plus larges, plus compréhensives et plus fécondes : les universités. Celles-ci avaient absorbé celles-là.

Mais pendant que la vie intellectuelle refluait ainsi vers des centres d'étude d'une organisation plis forte et d'une portée plus générale, et que l'enseignement supérieur y puisait toute son

1. Le Libéralisme, ch. XI. — Cet ouvrage, où le talent original, la verve enjouée et l'ironie mordante de l'auteur se donnent libre carrière, ne doit être lu qu'avec précaution. Faguet est un libéral d'autant plus séduisant qu'il est plus brillant: il se montre d'ordinaire logique dans son erreur.

2. Louis NIV, ïi est vrai, crut devoir un jour,—et M. Lavollée (our, cit. PP. 03-04) lui en fait un amer reproche, —intervenir pour enlever aux protestants de son royaume leurs enfants de cinq à seize ans et en confier l'éd

tion à des mains catholiques. L'Eglise, assurément, possède sur tout honn baptisé une juridiction qn'elle tient de Dieu lui-même et qui, par son caractère nettement surnaturel, l'emporte sur le droit purement naturel des parents:

et, Si (ce qui est très vraisemblable) les enfants dont il est ici question avais reçu le baptème, Louis XIV, à titre de délégué ou d'auxilinire de la puiss:

ecclésiastique, put fort bien, sans violer aucun droit supérieur, accomor

l'acte d'antorité que l'histoire mentionne. Cet acte, dont nous ne voulons pas

discuter l'opportunité, contraste sans doute avec les idées modernes sur ! liberté de penser et d'ens prouvée du reste,

criptions dt

ner; mais, théoriquement et dans l'hypothèse, no:

rte avec l'Eglise, il n'a rien de contraire aux pres-

chrétien. C'est, au point de vue des principes, une questior

analogue à l'affaire Mortaru.

qu’ « il influence et tout son éclat, n'était-il pas À csaindre que l'instruc- à l'ensei- tion moyenne, localisée dans quelques villes privilégiées, ne ; doute perdit en extension ce qu’elle gagnaïit en perfectionnement ? La 4 rendre Providence, toujours attentive aux besoins de la société, ne le À. permit pas. Elle suscita au seizième siècle plusieurs instituts 4 ere voués à la formation intellectuelle et morale des jeunes gens !, 4 ; kb entre autres l’Oratoire et la Compagnie de Jésus. jé “ci L'Oratoire était l’œuvre de saint Philippe de Néri: cette con- : grégation rendit en Italie de réels services à l'instruction seconra daire. En 1611, M. de Bérulle l’introduisit en France sous le taient, nom d'Oratoire de Jésus, et la branche française, comme la eye branche italienne, donna naissance à de nombreux collèges ‘ À Ê plus dont les plus célèbres furent ceux de Juilly et dun Mans. | rsités, La Compagnie de Jésus joua, dans l'éducation, un rôle plus considérable. ; Ts des Nous n'avons pas ici à faire l’histoire de cette illustre société LR: e plus livrée comme l'Eglise elle-même, et comme le Christ dont elle e son porte si glorieusement le nom, aux attaques et aux fureurs des ji mécréants. Et nous ne saurions non plus, en une étude forcé- 4 UE ment restreinte, suivre et décrire en détail le sillage lumineux ë SR TIREE 3 tracé, depuis sa fondation, sur les flots de la pensée humaine k:

par l’action intellectuelle et hautement éducative des hommes nourris dans son sein ou formés à son école.

L'empreinte des Jésuites sur l'instruction secondaire a été, dès l'origine, particulièrement remarquable.

‘È À peine la Compagnie était-elle sortie du berceau que déjà

1. C'est l'œuvre de ces Instituts que constatait, sous Louis-Philippe, Villemain dans un rapport au roi sur l'instruction secondaire. Le rapporteur ee ir avouait qu'à la fin du XVIIIe siècle on comptait plus d'établissements sec- DR laires que de son temps: “ L'instruction publique, dit, était plus recher-

2 chée, avant 1780, par le goût et l'habitude des classes riches, et, en mème temps, elle était plus accessible aux classes moyennes et aux classes pauvres.” (Dans Georges Romain, Le moyen âge fut-il une époque de ténèbres et de servitude, p. 140, 3e éd.).

2. Perraud, L'Gratoire de France au XVIIe et au XIXe siècle, p. 23, (= a \ (2e éd.).

ses religieux répandus en Italie, en Espagne, en Autriche, puis en France et en Allemagne, s’adonnaient à l’enseignement des lettres, et que les salles de ses maisons d'éducation se remplissaient d'élèves. En 1615, la Société possédait trois cent soixante. treize collèges; en 1706, le nombre de ses établissements scolaires et universitaires atteignait le chiffre élevé de sept cent soixante et un, chiffre qui s’accrut encore jusqu’à la date de la suppression de la Compagnie. Par une popularité très promp tement acquise, et que soutenaient leur travail assidu et leurs hautes aptitudes professorales, les Pères attiraient vers leurs maisons la jeunesse studieuse, qui y affluait de tous les pays. C'est ainsi qu’en 1627 la seule province de Paris comptait dans ses quatorze collèges jusqu'à treize mille cent quatre-vingtquinze étudiants 1,

Les jeunes esprits, qui allaient en si grand nombre demander à la Compagnie de Jésus les règles d’une vie honorable et Jes éléments d’une instruction vraiment chrétienne, n'étaient pas déçus dans leurs espérances. Le plan d’études — Ratio studio. rm — formulé par les Pères dès la fin du seizième siècle, et qui, sans exclure de nécessaires modifications et de légitimes progrès, devait rester jusqu'à nos jours l'instrument formateur d'une si large portion de la jeunesse catholique, renfeimait un système complet d'éducation ?,

On accordait aux exercices du Corps, et aux divertissements que requiert l’état du jeune homme en croissance, une place et une importance suffisantes. Sans descendre aux bouffonneries de bas étage qui déforment, an lieu de le former, l'esprit des jeunes gens, on agrémentait de pièces dramatiques, tantôt sérieuses, tantôt enjouées, mais toujours instructives, le cours des études collégiales.

1. Schwickerath, Jesuit cducation: its history and Princitles, 2d ed., p. 144

2. Voir dans un Collège de Jésuites aux Ale et XFIile siècles, Le Collèue Henri IV de la Flche. par le P, de Rochemonteix C4 vol.), une descriptio: détaillée du système classique et des méthodes éducatives de la Compagnie.

Ce cours, —auquel ressemble par plusieurs côtés celui qui est suivi dans nos collèges et dans nos séminaires, —S'inspirait des principes de l’humanisme chrétien. L'étude des langues grecque et latine trop exclusive peut-être au début vis-à-vis du français ', en formait l'élément technique principal. Des exercices de toutes sortes et bien gradués conduisaient les élèves, des classes de grammaire, à travers les routes fleuries et les prés fécondés par le riche courant des vieilles littératures assainies, jusqu'aux arides sommets des sciences et de la ph'losophie scolastique.

On ne s’en tenait pas là.

Convaincus que l'éclat littéraire et le savoir profane, dans un esprit dénué de toute connaissance religieuse, ne sont que des oripeaux propres à nourrir la vanité et À faire naître une pernicieuse arrogance, les Jésuites, comme tous les vrais éducateurs, s’appliquaient à former et à développer chez leurs élèves le sens chrétien. Des fêtes religieuses, des iustructions, des catéchismes appropriés, l'influence des congrégations de la Sainte.\”. des conversations édifiantes et un enseignement tout pe je christianisme créaient autour des jeunes gens une atmospaère de foi. C'était une heureuse réaction contre la tendance de certains collèges à laisser dans l'ombre l'éducation religieuse et morale. « Le plus grand mérite des Jésuites, dit le P. de Rochemonteix ?, fut de fonder un système de pédagogie, ayant pour base la religion, sans laquelle il n'existe pas de vertu solide. C'est sur ce fondement qu’ils établirent toute l'éducation littéraire, de telle sorte que, dans leur plan d’études, l'instruction est un moyen, et l'éducation, la fin» 8,

Immense fut leur succès. Des protestants eux-mêmes, au risque de se voir blâmés par leurs coreligionnaires, n’hésitèrent pas à confier leurs enfants aux mains d’éducateurs si renommés.

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