‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 69 sur 196 · fbid., t. II, p · texte numérisé non relu

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3. Voir Les Jésuites et l'éducation, par Alb. de Badts de Cugnac, Lille, 1879.

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« Les écoles des Jésuites, dit l'historier. américain Bancroft 1 devinrent les meilleures du monde.» Et quand, en 1773, la Compagnie décriée par la jalousie, poursuivie par la haine, proscrite par l’impiété, dut fléchir sous le coup de l'orage déchaîné contre elle, des souverains hétérodoxes, comme Frédéric II de Prusse et Catherine II de Russie, effrayés des conséquences qui allaient en résulter pour la cause de l'éducation et des lettres, prirent les Pères sous leur tutelle. Le premier écrivait à D'Alembert ?: « Je ne vois en eux que des gens de lettres qu'on aurait bien de la peine À remplacer pour l'éducation de la jeuesse, »

Pareil témoignage ne manque certes point de valeur.

Ce ne fut pas, du reste, sans avoir essuyé dès le principe le feu de fréquentes hustilités que les Jésuites tinrent une si large place dans l’enseignement secondaire et même supérieur, et qu'ils firent l'éducation d'une grande partie de l'Europe.

Les parlementaires et les régalistes inquiets des progrès d’une société à ia fois si puissante et si dévounée au Saint-Siège, les Jansénistes dont ces doctes religieux combattirent énergiquement les erreurs, puis Voltaire et ses amis enveloppant dans une mêine haine l'Eglise de Rome et ses défenseurs, tous ces esprits tarés formaient contre la Compagnie autsnt de groupes décidément ennemis.

Certaines universités catholiques ne voyaient pas, non plus, sans défiance ce nouvel institut enseignant ouvrir ses portes à la jeunesse dans des conditions d’une rapide et croissante pros-

périté. Paris fit opposition dès le début # Bien à tort cependant; car, s’il n'est pas sage de laisser les maisons de haute cul.

ture intellectuelle se multiplier au delà des besoins d’un pays, il importe cependant que, dans les limites d’une juste liberté,

1. History of the United States, vol. II, p. 120 (r8êth ed.). Cité par Schwickerath, Jesuit education, p. 145.

2. Crétineau-Joly, Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus, t. V, p. 467.

3. Feret, La Faculté de théologie de Paris. Epoque moderne, t, I, 1. I, ch. 3.

des établissements similaires rivalisent de savoir et se provoquent mutuellement à de nouveaux progrès. Des écrivains peu sympathiques aux Jésuites ! ont été forcés d'avouer que leurs collèges, loin de nuire à l’université parisienne, contribuèrent plutôt à en stimuler l'activité par un exemple puissant et une concurrence salutaire,

Le pouvoir civil ne songeait pas encore À se faire maître de classes et de conférences, et bien moins à monopoliser par un acte exclusif la pensée humaine. Aussi jusqu'à la fin du XVIII siècle les Jésuites, malgré des luttes, des oppositions et des tempêtes, bénéficièrent-ils de l'attitude, le plus souvent propice et protectrice, des princes catholiques. Leur collège de La Flèche, si richement doté par Henri IV, peut être considéré comme un des plus beaux exemples de munificence royale en matière d'éducation.

L'Eglise continuait & air la tête du mouvement intellectuel. Et si de tristes défc ons s'étaient produites dans son sein, si quelques-uns de ses professeurs, dupes de la renaissance païenne et de la Réforme luthérienne. s'étaient laissé égarer par des systèmes d'une philosophie suspecte, parfois nettement ratioualiste et antichrétienne, elle avait, dès le seizième siècle, surtout dans les universités espagnoles et roinaines, opposé aux principes nouveaux la doctrine de maîtres en renom. Au premier rang de ces champions de la vérité brillaient les fils de saint Dominique et ceux de saint Ignace. Et contre 12 rationalisme philosophique et scientifique des siècles suivants, c'est encore l'Egiise romaine, ses professeurs et ses cocteurs, qui maintenaient non sans effort, au moins dans leur substance, les traditions de la science véritable 2,

L'Etat, avons-nous dit, n’avait pas encore fait main basse sur la liberté d'enseigner, ni ne s'était attribué la mission de donner lui-même un enseignement officiel, Est.ce À croire qu'aucun

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