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C'était bien, en effet, la mort de la liberté que voulaient les esprits les plus ardents et les meneurs les plus farouches de ]a Révolution. Il y en eut d'assez francs et d'assez résolus pour le dire: « La république, clamait Duplantin au conseil des Cing- Cents !, la république est en danger. Or, pour la sauver, il faut imposer l'éducation uniforme et commune. Si l’on autorise les particuliers à enseigner, les professeurs républicains tomberont dans la solitude, l'abandon et l’avilissement. »
Tous ne parlaient pas ainsi; tous cependant, avec une fièvre inquiète, semblaient n’attendre le salut public que de l’action onipotente de l'Etat.
C'est sous l'influence de ces idées, tantôt modérées, tantôt violentes, mais inspirées par le même souffle d’absolutisme républicain, que furent rédigés et votés par les asseriblées de 1: Révolution les divers projets de loi relatifs à Piustruction publique.
En matière d'éducation comme dans tout le reste, l’œuvre révolutionnaire a été, avant tout, une œuvre de démolition.
On ne por vait renverser l'ancien orre social vieux de quinze siècles, sans toucher au régime établi ce l’enseignement. ‘Tout le système scolaire, en vigueur sous la monarchie française, disparut dans la tourmente. Les biens, destinés au soutien des collèges et des autres établissements d'instruction, furent con: fisqués. Les congrégations enseignantes furent supprimées. C'était, par suite, la ruine fatale d'innombrables écoles primaires et de nombreuses institutions classiques privées de leur utique priucipe de vie. Les universités, coupables d’avoir fleuri sous les rois, croulèrent avec le trône dont elles avaient été l'orne. ment et la gloire.
Debout sur ces décombres, la Révolution exultait.
Elle tenta de reconstruire.
Ses lois et ses décrets, — essais informes et fragiles échafaudages, éphémères comme les assemblées successives qui les votè.
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Tout aise,
rent, —ne méritent par eux-mêmes que l'oubli et le mépris. Et si nous croyons devoir, bien rapidement, les passer en revue, c'est pour signaler l'esprit sectaire qui les dicta et le lien historique trop visible qui les rattache à la législation scolaire adoptée depuis un siècle dans plusieurs pays.
De l’Assemblée Constituante nous w'avons, relativement à l'éducation, qu'un court décret, qui ressemble plutôt à une affirmation de principes: « Il sera créé et organisé uae instruction publique, commune à tous les citoyens, gratuite à l'égard des
parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes, et : dont les établissements seront distribués graduellement dans un A rapport combiné avec la division du royaume» (sept. 1791) !. EX
On l’a fait observer avec raison ?, «ce texte, malgré sa con- 2 cision, a une portée considérable. Il marque une date dans l’histoire de l'éducation. En effet, jamais encore l’organisation de l’enseignement n'avait été si directement rattachée à celle de l'Etat; jamais n'avaient été si hautement affirmés par la loi les 4
Ê trois principes qui vont former le programine de toute une école ne: politique en matière d'enseignement: souveraineté absolue de l'Etat dans ce domaine, gratuité de l'instruction primaire, com- É. munauté de l'éducation; c'est-à-dire dans la pratique, essai de nivellement intellectuel par en bas ».
L'Assemblée Légisiative ne s'occu pa d'éducation qu'a la veille de se dissoudre, et ce fut pour mettre la main à l'œuvre de destruction déjà commencée, en décrétant « qu'un Etai vraiment libre ne doit souffrir dans son sein aucune corporation, pas même celles qui, vouéss à l’enseignement public, ont bien mérité de ‘a patrie » (août 1792)*.
e. La Convention discuta davantage le problème scolaire. Elle + me
1. Gréard, our. et 1. cit, pi. — C'est d'après cet ouvrage que nous citerons ctaprés la plupart des textes de loi dont nous croyait
tion,
devoir faire men-
= Lavollée, our, cit.