‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 76 sur 196 · Lavollée, our · texte numérisé non relu

Lavollée, our

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fit paraître, À ce sujet, plusieurs décrets, et nous avons d'elle un plan plus ou moins complet d'éducation nationale.

En tête d'une de ses lois est inscrite la liberté d'enseigner. Mais c'est une phrase de parade, une formule décorative vide de sens, et les articles dont cette législation se compose, sont en réalité autant de chaînons qui lient et asservissent l'enseignement aux vues politiques et aux visées tyrauuiques de l'Etat.

Voyons un peu.

Les instituteurs, —et on a bien soin, pour mieux marquer leur caractère officiel, de les appeler instituteurs « nationaux, »— devront être laïques !. Ils ne pourront tenir école qu'après avoir produit un certificat de civisme 2 délivré par le Conseil général de la commune et le comité de surveillance républicaine, Leur recrutement se fera dans des écoles normales organisées et dirigées par l'Etat #,

Les écoles seront Communes, c'est-à-dire ouvertes À tous les enfants, sans distinction de culte; et pour qu'aucune atteinte ue soit portée ni aux Croyances des enfants ni aux convictions des parents, on devra, dans l’enseignement, observer la neutralité religieuse # « Pour la Première fois depuis qu'il y a des écoles au monde, écrit Mer Freppel, on voyait se produire un système d'éducation indépendant et exclusif de toute idée religieuse.

1. Décret du 28 oct. 1793: “ Aucun ci-devant noble, aucun ecclésiastique et

ministre d'un culte quelconque ne peut être membre de la commission ni ètre élu instituteur national ” (n. 11). “Les femmes ci-devant nobles, les ci-devant religieuses, chanoinesses, sœurs grises, ainsi que auraient été nommées dans les ci-devant nobles, ne pe nales” (n,. 22).

les maitresses d'école qui anciennes écoles par des ecclésiastiques où des uvent être nommées institutrices dans les écoles natio

2. On sait ce que ce mot, en style révolutionnaire, renferme de mépris pour

les institutions religieuses et sociales de l'ancien régime. 3. Décret du 30 oct. 1704.

4. Décret du 12 déc. 1702. “ L'enseignement devant ètre commun à tous les citoyens sans distinction de culte, tout ce qui concerne les cuites religieux ne sera enseigné que dans les temples” (Tit. 1).

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C'est une conception propre à la Révolution française, et il n'y a pas lieu de s'étonner qu'elle ait été reprise de nos jours par ceux qui s’attachent à suivre le plus fidèlement ses traditions. Ces fiers partisans du progrès reculaient tout simplement au delà du paganisme, en ne sachant même plus reconnaître, avec Platon, que la vertu consiste essentiellement dans l'imitation de Dieu !. »

Dans ces mêmes écoles, soumises à la surveillance non seulement des chefs de famille, mais encore de tous les citoyens, rien, poursuit le législateur révolutionnaire, ne sera enseigné qui soit contraire aux lois et À la morale républicaine ?. Et afin que ce but soit plus sûrement atteint, on ne fera usage que de livres approuvés et publiés par l'Etat. Parmi ces livres, et au premier rang, figure le catéchisme des droits de l’homme et de la constitution républicaines, Ily aura, en conséquence, #n#1formité de livres dans toutes les écoles primaires.

L'école publique et commune sera obligatoire au moins pendant trois ans , et cette obligation scolaire pesera même sur les jeunes gens qui, au sortir de l’école primaire, ne se trouveront pas engagés dans des travaux agricoles 5.

1. La Révolution française à propos du centenaire de 1789, p. 83.

2. Décret du 19 déc. 1793. * Tout instituteur ou institutrice qui enseignerait dans son école des préceptes où maximes contraires aux lois ou à la morale républicaine, sera dénoncé et puni selon la gravité du délit ” (Sect. IL, art. 2),

3. Mème décret. “ La convention nationale charge son comité d'instruction de lui présenter les livres élémentaires des connaissances absoiument nécessaires pour former les citoyens, et déclare que les premiers de ces livres sont les droits de l'homme, la constitution, le tableau des actions héroïques ou :rtueuses” (Sect. III, art, 1}. * Les citoyens où citoyennes qui se borneront à enseigner à lire, à écrire et les premières règles de l'arithmétique seront tenus de se conformer dans leur enseignement aux livres élémentaires adoptés et publiés à cet effet par la représentation nationale” (ibid, art. 2).

4 Même décret. “ Les pères, les mères, tuteurs où Curateurs seront tenus d'envoyer leurs enfants ou pupilles aux écoles du premier degré d'instruction... ils ne pourront les retirer des dites écoles que lorsqu'ils les auront fréquentées au moins pendant trois années consécutives. ” (Sect. III, art. 6-8).

3. Méme décret, “ Les jeunes gens qui, au sortir de l'école d'instruction du Premier degré, ne s'occuperont pas du travail de la terre, seront tenus d'ap- Prendre une science, art où métier utile à la société” (Sect. Hart M0

L'école de plus sera gratuite, Enfin, pour empêcher, autant que possible, les familles fidèles

’ aux vieilles croyances et réfractaires aux lois jacobines, de trans.

14 former leur foyer er école catholique, défense absolue est faite

î à tous les instituteurs nationaux de diriger d'autre éducation 2 que celle des élèves attachés aux écoles publiques ?,

LE ‘ Que reste-t-il, après cela, je ne dis pas pour l'Eglise spoliée et

proscrite, mais pour les simples citoyens, prérepteurs ou chefs de famille, du grand mot de liberté gravée :ttres majuscules sur l'édifice scolaire de la Révolution ?

IT est juste d'ajouter qu’effrayée de son œuvre, et délivrée du joug de Robespierre qui l'avait jusque-là dominée, la Conven.

tion nationale crut devoir ar de nouveaux décrets, modifier * ?

quelque peu sa loi et en atténuer le caractère de suprême into. lérance.

L'enseignement primaire n'étant plus à la charge de l'Etat, OT permettait aux instituteurs de recevoir de leurs élèves une rétribution annuelle fixée par l'administration 8, ne La fréquentation des écoles cessait d'être obligatoire, non pas

cependant l'instruction, qu'il fallait justifier par un examen d'aptitude avant d'être admis à aucune fonction publique f.

Dans les écoles de l'Etat, les leçons et !es -ceptes d2 morale républicaine tenaient encore la place de l'instruction religieuse 5, D'autre part la liberté d'enseigner en dehors de ces écoles recevait des gages plus formels 5.

Ces assurances étaient-elles sincères ? Et avec l’ostracisme qui

frappait les congrégations religieuses et le serment schismatique qui décimait les rangs du clergé, le sol était.il bien propice pour

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