LE PROBLÈME SCOLAIRE ET LES LÉGISLATIONS MODERNES
Le dernier siècle, marqué en maints pays par tant de lois oppressives, et dont la fin, semblable à un crépuscule de feu, projetait naguère les lueurs sanglantes d’une guerre exterminatrice, a été diversement apprécié. Et vraiment, si l'on considère les courants opposés de vrai et de faux, de bien et de mal, de progrès et de décadence, qui le sillonnent, comment nier qu'il mérite, selon les points de vue, des appréciations très diverses ?
Nul siècle n'a mené contre la vérité et contre la foi de plus perfides campagnes, et nul n’a honoré l'Eylise, ses institutions et sa doctrine, d'écrits plus variés et d'apologies plus persuasives. Nul n'a porté à la saine liberté des coups plus funestes, et nul aussi n'a été témoin, de la part des opprimés, d'une action plus vigoureuse, ni n’a mis sur leurs lèvres de plus éloquentes revendications.
Cette éloquence et cette action, c'est surtout le domaine scolaire qui en garde les traces glorieuses.
Si, en effet, de tout temps l’homme s'est montré avide d'instruction, il semble que ce mouvement vers les choses de l'esprit ait pris au dix-neuvième siècle un caractère d'exceptionnelle intensité. Non seulement, grâce à d'importantes découvertes, et par un développement plus rapide des sciences naturelles, le champ du savoir s’est agrandi, mais le peuple, comprenant mieux les bienfaits de l’école, ou en éprouvant davantage le besoin, s'y est porté en général avec plus d'ardeur. La forte poussée démocratique des temps modernes et la part plus large prise par les classes populaires aux affaires publiques n'ont pas été la moindre cause de ce fait.
De leur côté, l'Eglise et l'Etat se sont ‘lepuis cent ans parti. cu.ièrement préocc'ipés du problème de l'instruction des foules !.
Mais, il faut bien ie dire, dans la plupart des cas, ni les mêmes motifs n’ont inspiré leur zèle, ni surtout les mêmes résultats n’ont couronné leurs efforts. Egaré par une fausse idée des pouvoirs sociaux, et d'autant plus enclin aux méthodes centralisatrices qu’il se dérobait avec plus d'orgueil au légitime contrepoids de l’autorité religieuse, poussé d’ailleurs dons cette voie néfaste par l'influence grandissante des sectes maçonniques, l'Etat, trop souvent, a confisqué l’école au détriment de; familles et de l'Eglise.
Depuis la Révolution, la liberté d'enseigner n’a cessé d’être l’objet des plus redoutables a.sauts.
Nous avons dit dans quelles condicions d’oppression intellectuelle se créa en France sois l'Empire, et se maiatint sous la Restauration, le monopole universitaire. D'autres contrées ne tardèrent . 15 à imiter cet exemple, entre autres, les Pays-Bas dont l’Acte fondamental donnait au roi la haute main sur tout l’enseignement ?. Et 1à même où la puissance civile n'a pas osé s'emparer de l'éducation entière, elle a fait presque partout de la direction de l’enseignement l’une de ses fonctions principales. Elle a créé des écoles officiziies, ici ouvertes À toutes les religious et à tous les systèmes, là fermées aux plus essentielles uotions de la divinité, écoles nuisibles en général aux établisse.
1. Sur les progrès de l'enseignement catholique libre au dix-neuvième siccl voir D'Ales, Dict. apoi. de la Foi cath., fase. X.
Il y a là des pages très intéressantes, mais ou nous regrettons de constater, concernant l'Université Laval (pp. 1027-28), des inexactitudes de fait et tu grave erreur d'appréciation. On passe complètement sous silence l'œuvre doctrinale tres importante accomplie jusqu'ici par cette institution: et dans les observations qu'on croit devoir nous adresser, on semble ne tenir aucun compte du rôle fondamental que jouent les principes philosophiques et théoto. giques dans la formation de la jeunesse catholique et dans les efforts qu'il faut faire pour préserver notre pays des atteintes anticléricales et antireli. gieuses.