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le 16 avril 1895 et le 1°" juillet 1901 contre les associations religieuses, il a porté à ces dernières une atteinte profonde, les contraignant pour la plupart à se dissoudre, et il a du même coup,—ce à quoi principalement il visait,—atteint très gravement l'enseignement libre dont les succès, en grande partie, étaient assurés par la prospérité croissante des établissements religieux. Faisant un pas de plus, par la loi du 8 juillet 1904, et par les actes de spoliation qui en ont été l'odieux complément, il a frappé et brutalement supprimé tout enseignement congréganiste.
Finalement, la situation très précaire faite au clergé séculier par la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, pourra sans doute, dans les desseins du ciel, devenir un moyen de régénération religieuse ; mais dans l'intention des auteurs de cette loi, elle n’est que le coup suprême donné à l'Eglise, et dont on espère que ni elle, ni son action, ni ses œuvres, ne pourront jamais se relever.
L’anticléricalisme français a voulu, prémédité et décrété la ruine prochaine de la religion et de la liberté d'enseigner.
L'on aime à se reposer de ce triste spectacle en contemplant les efforts généreux, parfois même héroïques, et couronnés des plus brillants succès, qui ont marqué le mouvement scolaire catholique en d’autres pays.
La Belgique, à cet égard, mérite une mention toute parti. culière.
L'un des principaux articles contenus dans la constitution beige de 1830 était la liberté d'enseignement. Cette liberté, les catholiques surent de suite la mettre à profit, en organisant conformément à leurs principes religieux un système d’instruction qui, dans l’espace de dix ans, porta les plus heureux fruits. Selon l'esprit de la constitution, l'Etat, en ces matières, n’intervenait que le moins possible, et l'initiative privée ou communale, de laquelle surtout dépendait l'éducation, laissait aux autorités eccclésiastiques, dans le contrôle et la direction des écoles, une très large part d'influence.
Ce régime favorable dura jusqu'en 1840, alors que certains “esprits, imbus des idées de la Révolution sur l’enseignement d'Etat et la centralisation scolaire, s'employèrent activement À faire triompher leurs vues. Dupes d’une confiance aveugle, bon nombre de catholiques leur prêtèrent une main complaisante: et, en 1842, l'on vota une loi qui, tout en assurant dans les écoles l'instruction morale et religieuse et tout en légalisar: l’intervention du clergé dans ce domaine, consacrait néanmoirs le principe de l'Etat enseignant et investissait ce dernier ie pouvoirs exorbitants.
Pc aidant un quart de siècle, ce régime se maïintint sans se. cousses. Tout, apparemment, allait bien; trompés par ces Ge. hors, les catholiques sommeillaient dans une fausse sécurité. Ils ignoraient que les Loges, ennemies jurées de la foi et Le :: liberté chrétienne, étaient À ourdir dans l'ombre leur tram: perfide.
Le complot réussit. De l'union des forces maçonniques et 6: libéralisme sectaire naquit en 1879 le ministère Frère-Orbar
dans l’histoire du catholicisme belge sous le nom de «loi ‘+ malheur ».
Cette loi inique n'était qu’une machine de guerre destir:+ combattre l’école catholique et à anéantir toute éducation «:::tienne. L'enseignement de la religion était banni de toute: «: écoles publiques, ainsi que des écoles normales officielles, seules dont les élèves pussent être admis à remplir les forctcrs d’instituteurs. Toutefois, pour couvrir d'un masque d'hyyecrse cette législation antireligieuse, et par crainte d’un soulèvermer: de la conscience catholique, on mettait dans l'école, à la cist sition des ministres du culte, un local où ces derniers pouvae:: donner, s'ils le désiraient, en dehors des heures de ciasse ? 127 ques leçons de catéchisme.
1. La demi-heure de catéchisme, après la classe, n'est pas, on le vention canadienne.
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Toute commune devait avoir au moins une école primaire officielle, sans que celle-ci pût être remplacée, au gré de l’autorité locale (comme cela se faisait précédemment), par aucune école libre. De fait, cette autorité, tributaire des parents, et qui jusque-là avait exercé sur l'éducation un contrôle si effectif, était contrainte de s’effacer pour faire place à l’action envahissante et vexatoire de l'Etat.
C'est en face de ce régime d'oppression, et dans la ferme détermination d'y mettre un terme, que se livra, sous la conduite des évêques belges, l’une des plus belles et des plus glorieuses batailles politico-religieuses dont l'histoire gardera le souvenir.
La persécution est un baptême de feu dont la flamme dessille les yeux, et dont la vertu régéuère les cœurs amollis. Autant les libéraux se montrèrenc, dans l'application de leur loi scolaire, violents, injustes, agressifs, autant les catholiques, ralliant leurs forces et associant leurs efforts, mirent de zèle à organiser la résistance ; journaux, brochures, assemblées publiques, propagande de toute sorte, rien par eux ne fut négligé pour éclairer la conscience du peuple et pour conquérir son suffrage. Des pièges leur furent tendus par la diplomatie si féconde en promesses vaines et en démarches illusoires: ils se gardèrent d'y mettre le pied. Leur énergie redoublait; leurs espérances grandissaient; un vent de succès soufflait dans leurs voiles. Bientôt, dans toute la Belgique, il y eut un mouvement général de réprobation contre les écoles sans Dieu et les impôts supplémentaires que nécessitait la multiplication des écoles officielles. Aussi, lorsque, après six années de règne, le ministère persécuteur osa affronter l'électorat, ce n'est pas une défaite, mais un Écrasement que les catholiques victorieux lui infligèrent.
La cause du droit était gagnée !,
Deux lois, l’une de 1885, l’autre de 1895, qui sont encore en vigueur, mirent fin au régime de malheur et rétablirent l'in-
. Voir l'excellent ou rage de Pierre Verhægen, La lutte scolaire en Belgique, Gand, 1906.
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struction primaire sur les bases de foi et de liberté que ce régime lui avait enlevées. La religion recouvra la première place à l'école; l'école redevint surtout l'affaire des particuliers, ains que des communes, auxquelles il fut loisible soit d'ouvrir elles. mêmes des établissements scolaires, soit d'adopter, en les subver. tionnant, des écoles privées.
Ces lois, sans doute, ne sont pas parfaites ; les catholiques belges qui ont su jusqu'ici garder leurs positions, entretienner: l’espoir de les fortifier et de les améliorer.
Non moins intéressante a été la lutte soutenue au dernie: siècle par les catholiques d'Allemagne en faveur de l’école libre et coufessionnelle.
Là où l'influence de la vraie religion baisse, les passions hi: maines grandissent. Luther, en ruinant l'autorité de Rome prépara et favorisa l'avènement du césarisme. La Prusse, c:: a fait la fortune du protestantisme allemand comme aussi é: germauisme moderne, est 1 pour le prouver. « Depuis le règne du Grand Frédéric, le fondement de toute la législation pris sienne, ce n'est pas le droit du citoyen; c'est, au contraire, !e devoir de celui-ci envers l'Etat, la longue série des obligatior: qui lui incombent, à toutes les phases et dans toutes les circo: stances de sa vie: devoir d'impôt, dès qu'il est capable de pave devoir tuilitaire, quand il est jeune homme; devoir scolaire, qu'il a des enfants. Rarement peuple a-t-il été plus serf de PEtat !.
C'est surtout lors du A’xl{urkampf que cette tendance autor. taire et centralisatrice s'accentua. « À cette époque, pour rt l'influence du clergé catholique sur la jeunesse, le prince ét
Bismark imagiua de placer tous les établissements scolaires
aussi bien les écoles libres que les écoles officielles, dans !a ce pendance directe de l'Etat. La loi du 11 mai 1872 posa er principe que tous les établissements, privés ou publics, L'ééz cation ou d'iustruction qui existent en Prusse, étaient désormais
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des établissements de l'Etat. On n'osait rayer de la constitution le principe de la liberté de l'enseignement, mais on le tournait. On n'enlevait À personne le droit de fonder une école libre: mais on confisquait, pour ainsi dire, cette école en la déclarant établissement de l'Etat !.» En même temps, les religienx étaient chassés, les prêtres et les évêques persécutés ; l'école, qui jusquelà avait été confessionnelle, devait, pour obéir au chancelier de fer, ouvrir ses portes À toutes les croyances ? dans une neutralité respectueuse de toutes les incroyances et de toutes les erreurs
On sait les prodiges de foi, de fermeté et de tactique pa: lesquels le parti du Centre, sous la direction de l'immortel Windthorst, disputa pied à pied aux persécuteurs le terrain de la liberté religieuse *. Jamais l'action sociale catholique ne se montra ni mieux organisée ni plus féconde. Et si les Centristes n'ont pu, malgré leurs efforts,trancher tous les nœuds qui assujettissent en Allemagne au pouvoir de l'Etat l'instruction publique de tous degrés #, c'est à eux assurément (après Léon XIII) que les évêques doivent d'avoir été réintégrés dans la direction intellectuelle et mora'e de leurs séminaires: c'est grâce à eux également que les religieux, même les Jésuites, ont pu reprendre leur place dans l'œuvre de l'éducation de la jeunesse, et que le c'ergé catholique est rentré dans l'exercice de son droi d'inspection sur l'enseignement primaire $.
Une loi récente $, passée en Prusse avec l'appui du Centre,
tend à décentraliser l'éducetion au profit des autorités locales:
elle consacre :e caractère nettement confessionnel de l'école pu- P
blique, ainsi que le droit des catholiques À un enseignement religieux que leur conscience approuve.
A l'instar des catholiques belges et allemands, les catholiques anglais, eux aussi, dans ce domaine scolaire qui forme une portion vitale des libertés civiles et religieuses, ont combattr avec honneur et reconquis depuis un siècle d'avantageuses posi. tions.
A l'époque où Daniel O'Connell, l'illustre champion de l'émancipation catholique, fit ses premières classes, les prêtres pour échapper aux supplices dont tout instituteur catholique était menacé, devaient cacher dans l'ombre des bois leur dé. vouement à la cause de l'instruction populaire !. Les lois de 1779 et de 1792, :uspirées à l'Angleterre par les graves événements sociaux dont le monde était alors le théâtre, firent perce: à travers la nuit un rayon de liberté en permettant aux catho: lique d'ouvrir des écoles *.
Pendant longtemps, il n’y eut sur le sol anglais que des écoles confessionnelles dues à l'initiative privée. « Chaque dénom:. nation ou secte religieuse entretenait les siennes, mais le plus grand nombre, et de beauconp, appartenait à l'Eglise anglican Elles étaient soutenues principalement par les fondations, pa: les libéralités des particuliers, et par le produit de la rétributioz scolaire. L'Etat leur accordait aussi quelques subventiors mais sans s'immiscer dans leur fonctionnement » #,
Ce régime subsista jusqu'en 1870, époque où is gouvernement sous l'influence des idées nouvelles, cominença d'étendre main sur l'éducation, et créa, à côté des écoles primaires voioz. taires, un système d'écoles publiques non confessionnelles e: ouvertes aux inspecteurs royaux. La gratuité de l'enseigne ment officiel, jointe à l'obligation scolaire, ne tarda pas à faire
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la partie inégale entre les écoles soutenties aux frais du trésor, et les écoles entretenues par la seule générosité des particuliers. Les anglicans surtout et les catholiques, plus directement atteints par ces mesures, s'en plaiguaient.
Pour remédier à ces griefs, on vota de nouvelles lois !, octroyant à toutes les écoles, soit officielles soit volontaires, une p°rt proportionnelle des deniers publics. Cette législation, malgie ses lacunes, comblait en partie les vœux des catholiques. Aussi quelle ne fut pas leur douleur de la voir bientôt très sérieusement menacée par un projet de loi du nouveau ministère récemment issu du suffrage libéral et « non conformiste *», projet tendant à faire disparaître la distinction d'écoles libres et d'écoles gouvernementales et, sous des formu.es vagues ou restrictives, jetant en quelque sorte les bases de l'athéisme scoïaire et de l'irréligion officielle.
Chez les catholiques comine chez les anglicans, cette tentative malheureuse fut le signal d'une immense levée de boucliers. On protesta par toutes les voix de la presse ; au mit au service du droit tous les échos de l'opinion. En pays constitutionnel, c'est cette affirmation publique, calme mais résolue, des principes de justice et de religion qu'on veut sauver, qui gagne définitivement les batailles.
Les catholiques anglais, — évêques, prêtres et laïques, —l'ont compris ; et ils ont eu la joie de voir, par l'effet d'une résistance si ferme, d'une opposition si virile et si courageuse, le ministère reculer et le projet de loi Birrell échouer. Quel bel exemple d'union, de combativité, d'influence solide et victorieuse des forces catholiques dans la société moderne ! #
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Tous les pays, hélas! n'offrent pas le même spectacle.
Le mouvement de centralisation légale et administrative auquel obéissent, dans des degrés divers, presque tous les sou: vernernents modernes, tend de sa nature à annihiler les énergies individuelles du corps soci»] et, par suite, À concentrer l'écuca. tion entre les mains des pouvoirs politiques: c'est ce qui a donné naissance, en plusieurs contrées, À cette branche spéciale de l'administration qu'on appelle ministère de l’Instruction publique.
Or, par ua secret instinct, toute puissance cherche à s’accroi. tre, tout organe à se développer. Un ministère de l'instruction publique, là où il existe, amène presque fatalement la création d’un euscignement d'Etat. Et 1à où l'Etat se donne la mission d'enseigner, la formule, je ne dirai pas nécessaire, mais en vogve et par trop répaudue, de ses fonctions éducatives, c’est, nous le savous, l'école neutre ou laïque, l'ecole gratuite, et l'école obli. gatoire.
Ce système, qui aujourd’hui en France va jusqu’à menacer l'existence de tout enseignement privé, populaire et supérieur, se retrouve en tout ou en partie au Portugal, au Luxembourg! dans plusieurs Cantons suisses, dans la plupart des Etats de l'Amérique du Sud ?.
Eu certaines contrées, comme l'Italie #, où malgré l'effort des Loges l'instruction primaire officielle conserve légalement sit ‘n toujours pratiquement, une couleur religieuse, la plupart des collèges et des universités de l'Éiat ne sont, en réalité, que des écoles d’impiété et de libertinage.
le Grand Duche de Luxembourg (Quest. act, t CXH PP. 428-434). Matheu reuserient, en Ce Ccrnier pays, une loi récente est venue heurter leurs VICtions rclhigicuses,
1, Quest, act, t. CX\V, pp. 485-404
ion scokure des différents pays, voir Giobbio, our. et ci, DD. 517-588: Lavollée, our, cit, pp. 151-202: — Dict, apol de la Foi cath,, Fasc. X, pp. 673 et suiv.; — Nouvelle-France (1616): La Réforu dire en Chine.