‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 94 sur 196 · ATION · texte numérisé non relu

ATION

ontnées

Juillet l’un des plus éminents défenseurs du monopole uuiversitaire, Victor Cousin !.

Un grand nombre vont plus loin: ils n'hésitent pas À nier, et à rejeter sans détour toute liberté d'enseigner, et À réclamer des écoles fondées et administrées uniquement par l'Etat’ (C'est à réaliser ce programme que travaille, avec trop de succès 3 hélas ! la célèbre organisation maçonnique dite Ligue de l'ensei- gnement, organisation qui en France, et jusque dans notre pays #, déploie une si redoutable activité. Et si ces ligueurs n'osent encore émettre ouvertement le vœu que «l'Etat enlève tous les

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É enfants, à un âge fixé, du sein de leur famille, pour les placer à dans de vastes établissements pédagogiques sous une inême î direction {,» tous cependant préconisent le contrôle général et

absolu de l'éducation par l'Etat.

4 Entre l'idée franchement catholique et te système maçonnique É s'interpose uue opinion À couleurs nuancées, l'opinion de ceux ‘ qui prétendent combiner les droits iicontestables des parents : É avec ce qu'ils jugent être les droits non moins indiscutables de l'Etat.

Ces conciliateurs consentent volontiers à ce que les parents érigent et gouvernent eux-mêmes, s'ils le veulent, des établissements scolaires libres: mais ils croiraient être injustes envers l'Etat en lui déniant le droit souverain de fonder et de diriger à e. sa guise ses propres écoles. La concurrence faite à la liberté privée par l’État enseignant, n'offre, À leur yeux, aucun inconvénient; c'est plutôt un bien désirable, le jeu normal et orgatique des forces variées qui animent le corps social. Ainsi

Dans VW #iaiembert par in Fe Lecan 1 + FO F4 A

à 2 Voir Lescœur, La mentalit. laïque et l'école, ch. IN: ausst Godts, Les

en idliere d'éducation, Le droit des Parents catholiques, <h

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L Cf. Henri Bernard, La Ligue de l, Nscigtenient, fist d'une conshiration

jue à Montréal.

“roles du Panthéiste \hrers, pre? à l'université de Bruxelte tlodts, p. 387).

pensaient, il y à cinquante ans, les universitaires de France les plus sincèrement libéraux, comme M. Guizot, et ainsi pensent de nos jours la plupart des adeptes, À tendances modérées, du libéralisme doctrinal des deux mondes.

Qu'y at-il de vrai dans cette opinion en apparence pleine d'égards pour l'autorité des parents sur leurs enfants et suffi. samment généreuse envers l'enseignement libre? nous le dirons plus tard. En attendant, notre tâche est d'établir contre tous ceux qui d’une façon quelconque, soit comme partisans déclarés, soit comme souteneurs déguisés. favorisent le monopole scolaire, les droits sacrés et inviolables dont jouissent, en vertu de la loi naturelle elle-même, les chefs de famille dans l'œuvre de l'éducation de leurs enfants.

Il s'agit de montrer et de préciser ces droits essentiels, d'en développer les preuves les plus certaines, d'en mesurer toute l'étendue, comme aussi d'en déterminer les aboutissants et les limites.

Posons d'abord comme {hèse fondamentale que les parents, en dehors de toute autorisation de l'État, ont le droit, soit par euxmêmes, soit par des auxiliaires librement choisis, de donner à leurs enfants l'éducation qu'ils jugent conforme à leur condition et à leurs besoins.

Nous écrivons pour toute sorte de lecteurs sans doute, mais principalement pour des catholiques dont c'est le devoir de s'incliner avec respect devant les enseignements autorisés de l'Eglise. Il importe donc que ces enseignements, sur le grave sujet qui nous occupe, soient mis en pleine lumière.

De tout temps l'Eglise catholique, par l'organe de ses docteurs et de ses pontifes, à proclamé le droit propre et imprescriptible dont les parents sont investis d'élever et d'instruire eux-mêmes leurs enfants. [L'histoire de l'éducation pendant dix-huit siècles n'a été, à bien dire, que l'application et la réali-

sation de cette doctrine qui en forme comme le fil et la tiame. Nous ne voulons ni ne pouvons secouer la poussière de tous les in-folio où git la pensée des maîtres chrétiens. Contentons-

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nous de rappeler ce qu'enseignait au moyen âge l’homme en qui s'est le mieux reflétée, avec les lumières de la foi, la science des siècles antérieurs. Saint Thomas d'Aquin, dans sa Somme centre les Gentils , veut démontrer que l'homme et la femme, en entrant dans la vie conjugale, s'associent l’un À l’autre, non par un entraînement passager, mais par les liens d'un engagement durable. Il le prouve par la mission qui leur incombe, et que la nature elle-même, en les y inclinant, leur confère, de travailler à l'éducation physique et morale de leurs enfants; éducation qui requiert un temps considérable, et les soins délicatement combinés du père et de la mère. De cette collaboration intime dans l'œuvre éducatrice, le saint docteur, avec sa finesse de Coup d'œil, découvre des traces lointaines mais pleines de significauon, chez certains animaux dont l'instinct très détié les porte à nourrir et À former par un travail conjoint et assidu leurs petits.

L'Ange de l'Ecole, — comme d'ailleurs l'Eglise elle-même dont il interprète avec tant de fidélité Ja doctrine, — pousse si loin le respect dû au droit paternel sur l'éducation et l'orientation morale des enfants qu'il nie qu'on puisse, en règle géréra!e, baptiser les enfants des Juifs et des autres infidèles contre le gré des parents. «Jusqu'à ce que, dit-il ‘ l'enfant ait l'usage de son libre arbitre et puisse disposer de lui-même en tout ce qui relève du droit naturel ou du droit divin, c'est aux parents qu’il appartient, d'après les prescriptions de la nature, de disposer de lui. » Voici le motif qu’il en donne: « L'homme est ordonné à Dieu au moyen de la raison, par laquelle il peut connaître son créateur. Or, la raison des parents supplée naturellement celle de l'enfant, tant que celni-ci n'en a pas l'usage. L'enfant donc, selon la loi naturelle, est ordonné à Dieu par là raison de ses parents qui doivent prendre soin de Ini: et c'est d'après leur disposition qu'il faut en agir avec lui, même en ce qui regarde les choses divines 3»,

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