LES PRÉVÔTS
des * et les Wisigoths' ont des cornues et des^prœposiH. Un cjsipitulaire du ix' siècle men lionne les prœpositP. Un autre document, à peu près du même temps, emploie, au lieu de prœposituSy l'expression loco positus^. Les prœpositi continuent à se montrer dans les textes au x'^et au xi* siècle : nous relevons àesprâsposùi d'églises" et des preepositi de seigneurs laïques*. J'ai déjà dit qu'à dater du règne de Henri I*' on ne voit d autres agents directs de l'autorité capétienne que les prévôts et leurs subordonnés \ S'il y a des prévôts royaux, il y a aussi des prévôts seigneuriaux : le régime d'un grand fief est analogue, en effet, au régime du domaine royal.
On a dit quelquefois /7râ?^or au lieu deprssposilus^. Adalbéron a parlé d'un personnage qu'il qualifie procurator régis mandana adminisirans^j périphrase qui, à mon sens, désigne un prévôt. Enfin, villicus eiprœposiitis paraissent en bien des cas synonymes*®, et nous savons, d'autre part, que le maire villageois [major) est souvent l'ancien viilicus^\ Villicus, major ^prœpo^
i « Locorom oomiles atqoe prepositi » {LtgH Burg.f Liber coiutU,^ tit. XLIX. De animalUmtt 1, édit. Lad. Rad. de Salis, p. 80 ; Monumenta^ Leg. tect, I, t. II, Para I, HaoDoyers, 1892).
2 Lex Visig, Reccetiuimi.y IX, ii, De his qvi ad bellun, 5, édit. Zeumer, p. 271. Cr. VIII, I, 5; IX, I, 8; X, i, 16, ibid., pp. 228, 264, 281 et Zeumer, Leget Visig. onliquioret, p. 271.
' « Ut jadices, adfocati, prepositi, ceotenarii, vicarii, scabinei, quales meliores ioveniri possant, constitoantur ad saa ministeria exercenda » (Boretiua, Capit., (. I» p. 431, art. 56).
^ Widonis capiL^ 3, daoi Borelioa et Krause, Capilulariaf t. II, p. 108.
' 929 : a Signum Letgaudl prepositi » (Mabiile, Introd. aux chroniquet det comtes ^Anjou, p. et). Ce Letgaud est probablemeDt prévôt de l'évéqoe d'Angers.
« Cf. A. de La Borderie, Hist. de Bretagne, t. III, pp. 113-115; Digol, Bist. de Lorraine, 1. 1", p. 354.
^ Lucliaire, Hist. des instil. monarchiques, 2^ édit., t. l«r. p, 214.
^ Paul Marchegay, Choix de documents inédits sur t' Anjou, pp. 167, 183. A. de L% Borderie, Hist. de Bretagne, 1. 111, pp. 113-115. Prou et Vidier, Recueil des chartes de Cabbaye de SaisU-Benoît-sur-Loire, p. 202.
' Luchaire, Hist, des instit. monarchiques de la France, 2* édit., t. !«', p. 214.
^^ Voyez les textes qui me dictent cette assertion dans A.Motioier, Elude sur Cad- 9ùiislratUm féodale dans le Languedoc, Toulouse, 1878, p. 310; dans Luchaire, ibid., p. 214; dans du Gange, Glossarium, t. V, Parislis, 1845, p. 405, 2« col., t» Prxpo- «<»; l. VI,:p. 832, 3« col., v« Villicus.
*i Viollet, Les communes françaises au moyen âge dans Mém. dcVAcad. des Imcript., l. XXXVI, 2« part., pp. 408, 409.
âSO LIVRB IV. PBRIODB FRANÇAISE.
siiuSj désignent donc des agents domaniauxi originairemeDl similaires ou à peu près similaires.
La Normandie a surtoat des vicomtes, assez analogues aux prévôts du domaine ' ; elle a aussi des prévôts (qai le plus souvent sont des officiers inférieurs').
Dans le Sud et le Sud-Ouest de la France, le mot prévôt esta peu près inconnu ". On y trouve des bayles et des viguiers. Les bayles sont presque toujours fermiers héréditaires et ont une physionomie féodale assez accusée^ : les viguiers (anciens vicarii carolingiens) sont très répandus dans Tancienne Septimanie*. Plusieurs d*entre eux, notamment celui de Montpellier*, étaient comme les bayles, devenus héréditaires et féodaux. Le viguier de Montpellier était doublé d'un bayle qui, après la disparition Âe la viguerie, se transforma en fonctionnaire municipar. Ailleurs qu'à Montpellier, le viguier et le bayle fonctionnent par-
* L'analogie n*eBt pas complète. Voici, à ce sujet, ooe note qae veut bien me asmaniqaer mon coofrère, M. Duponl-Ferrier, si compétent en la matière : « Le n- •comtes de Normandie dans la seconde moitié du !▼• siècle étaient presque toujoan d'une condition beaacoup plus relevée que les prévôts : le recrutement des vicosiei et des prévôts est fort différent; quant à leurs fonctions elles sont moins semblabltt qo*on ne le dit, surtout en matière financière et militaire. »
s Longooo, Atlat historique de la France^ Textes^ 3« livr., p. 212. L. DeiisH*. Magni rotuli Normannix fragmentun^ Cadomi, 1851, pp. 43, 45. L. Delisle, Â(^ normands de la Chambre des comptesy pp. 423-425, n» 253. 5iciiitna de Ugikus Hem^ ch. II, 3;ch. vi, 8; ch. vu, 7; ch. xiv, 4; ch. lz, 5, 6, édit. Tardif, pp. 7, 21,i^ 41, 155. Les vicomtes normandes sont souvent héréditaires comme les prévôtés des autres provinces : voyez notamment une pièce de 1236, dans Teulet, isOigeUes^ L H. p. 331, n« 2475.
s Voyez, à Castres, un exemple de remploi du moi prmposUwra : mlUcûHo, fmsfia 4t prmposiiura (A. Molinier, Etude sur Fadministration féodale dans le Lang^ué^^ p. 310). Il y a des prévôts en Dauphiné (du Gange, G/oManum, t. V, Parisiis, iW' p. 407, 2«coI., vo PrwposUus; Histoire de Dauphiné, t. I*', Genève. 1722,1.1'. p. 116).
* A. Molinier, Elude sur V administration féodale dans le Languedoc, p. 295 et suiv.
* A. Molinier, ibid., pp. 287-291. Loognoo, Atlas hist, de la France, Tetite^ 3* lirr . p. 242. Il y a on viguier à Toulouse, à la fin du ziii* siècle (Paol VioUet, Ui communes franc, au moyen âge, dans Mém. de FAcad. des Inscrip., L XXXVI, 2* put • p. 447). Sur les vicarii de la période fraoque, voyez, ci-dessos, t. i% pp. 299401. A Condom on disait beguier et non viguier,
* A. Molinier, ibid,, pp. 284-286, 287.
' La viguerie de Montpellier fui rachetée par GuUlem VIII à la fin du zii« siide.