‹ Droit public (volume 2)Chapitre 24 sur 101 · LES BÂTLBS, LES PRÉVÔTS · texte numérisé non relu

LES BÂTLBS, LES PRÉVÔTS

fois simultaoément : je citerai Muret et Saint-Antonin*. A côté da viguiep apparaît le sous-viguier : il y a à Nîmes deux sousvigoiers*.

Dès la fin du xi* siècle ou le commeDcemeut du xii", les grands feudataires du Languedoc s'efforçaient, ce semble, de transformer les bayles et les viguiers féodaux en agents amovibles*. Cette transformation se continua et s'acheva au xin* siècle, sous Tad- * miûislralion d'Alfonse de Poitiers et sous l'administration royale.

En Dauphiné^ les anciens vicarii ont pris le nom de vehiers. Viguier et vehier sont deux formes dialectales de même origine. A côté des vehiers, le Dauphiné avait des bayles et même des prévôts*.

Prévôts, viguiers, bayles, étaient souvent confondus dans le haut moyen âge sous la dénomination vague de ministeriales^ . Ministerialis lui-même est devenu terme technique en Dauphiné et a donné mistral : l'archevêque de Vienne a son mistral ; le comte de Vienne a aussi son mistral *.

Mais je ne puis m'étendre ici sur l'administration des grands fiefs, ni sur celle du Dauphiné. J'ai hâte de revenir à l'administration royale.

Les prévôts sont administrateurs et juges, ou du moins présidents de tribunal. Us régissent ou plutôt ils exploitent en vérita-

Cf. A. MolÎDier, ihid., pp. 287, 294; P. VioUet, Les conuHunet françaUes au moyen w.dhUB Mém. de rAcadémU des Inscript, t. XXXVI, 2« partie, p. 483.

1 À. Molioier, ibid., p. 297.

> A. iMoHnier, t6id., pp. 293, 294.

' A. Molioier, t6id., p. 287.

^HisUnredê Dauphiné, t. 1er, Oeoève, 1722, pp. 111-116.

' M De miDisterialibus qui moderao tempore ballivi appellaotor » (Gaérard, Cartulaire dé Saint- Bertin, p. 366).

B HUtoire de Dauphiné, t. l•^ pp. 107-111. Ce nom de foDction, mistral, est deveoo, eo Daophioé, comme aiilears prévôt, nom d'homme, nom de famille. Lou fé- >ibre Miatrao, Frédéric Mislral, est d'origine dauphinoise (Frédéric Mistial, Lou tretor dôu felibrige ou Dict. provençal- français, t. II, p. 347, 1'* col., v» Mistrau, 9istraC}. Ces mistraux do Dauphioé sont des receveurs, des comptables (Roman, Tableau hitl. du dépÊriemeni des Hautes-Alpes, i^ partie, p. xxv). Lear charge a très ordinajremenl été féodalisée : on appelle alors mistralie la coTxession en fief du àers des droits seigneoriauz, ordinaires et casuels, d'une terre, à la charge de faire ia recette da tout, de prêter serment et hommage lige (de Miribel, La mistralie de rotron, dans Bulletin de l'Académie delphinale, 4« série, t. XI, 1897, pp. 81-114; Iftprès Annales du Midi, t. XIV, p. 100).

bles entrepreneurs les domaines du prince', disposent de la force militaire et commandent, dans les lieux fortifiés, la tour ou le château du roi. II me semble que les cb&telains sont eouveat des fonctionnaires analogues aux prévôts : ils ont pris un autre nom, en raison deTimportancedu château qui leurs été confié'.

Nos rois affermèrent, je viens de le laisser entendre, la plupart Ve leurs prévôtés. Les bénéfices que les prévôts faisaient sur ces fermes étaient tout leur salaire. Plusieurs d'entre eux furent expressément autorisés par le roi à disposer de leurs chaires en faveur de leurs héritiers. Beaucoup d'autres parvinrent à constituer cette hérédité, en dépit de Tautorité royale*. Tout, eo effet, aux x* et xi* siècles, tend à l'hérédité. L'hérédité répond, en ces temps, à un besoin, à un effort universel*.

Les textes du xii* siècle et ceux du xin* nous révèlent assez souvent la coexistence de plusieurs prévôts royaux dans une même localité\ Cette pluralité a diverses origines : elle s'explique, ici par l'existence d'une société d'entrepreneurs qui se sont entendus pour exploiter la prévôté*, là tout simplement par la juxtaposition de plusieurs officiers. Tantôt l'unité, avec le temps, s'est faite; à Paris, par exemple. Tantôt les circonscriptions se sont dessinées plus nettement, en sorte que l'ancienne dualitéa par là encore disparu ^

1 Voyez le détail fort intéreseaDt des revenas d*ane préTÔlé (Amieni), es 1391 daoB BoatariCf.La France tout Philippe le Bel^ p. 243.

« Cf. But, de Dauphiné, 1. 1«, p. 116.

s Cf. Luchaire, HitL detintUL mon., 2oédit., 1. 1»', p. 216 ; Luohaire, JloMid des insHL franc., pp. 340, 541 ; RoBenzweig, Les privais féodés en Bretagne, Vannes,

^ Voyez ce qui a déjà été dit à ce sujet, ci-dessas, t. II, p. 46.

B Voyez pour Paris : Cadier et Couderc, Cartulaire et censier de Saint-Merry, a*" 55. dans Mém. de la SociéU de l'histoire de ParU et de Llle-dâ-France, t. XVIU, p. 161 ; arrêt de 1253 dans L. Delisle, Fragments inédits du registre de Nicolas de Chartres. p. 82; Borrelli de Serres, Recherches...., Notices relaUoes au x///« siècle, pp. 543-^.

• L. Deliflle, Magni rotuli Sorm. fragmentwn, Cadomi, 1851, p. 45. Le mol ^r»* potitura qui manque ici se trouve à la p. 43 pour un autre office. Boataric, Saint Leeii et Alfonte de PoUiers, pp. 252, 253. BouUric, Actes du Parlement de Peris,L 1«. p. 148, n« 1573.

^ Je suis tenté d'expliquer ainsi Tezistence, probablement très ancienne, de certains prévdls forains (il y a un prévôt forain à Laon d'après une ord. de 1S31, art. 4. dans Ord., t. II. p. 78, mais il semble qu'anciennement il n'y avait qa'an seol prévôt royal dans cette région).

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