‹ Droit public (volume 2)Chapitre 55 sur 101 · V. IIL · texte numérisé non relu

V. IIL

et à Orléans la « taille du pain et du vin^ » Les résultats ai:> obtenus étaient locaux. Ils furent, en outre, temporaires. A : fin du xiii* siècle et au xiv*, la royauté, devenue à la fois eo?ihissanle et besoigneuse, développa ce mode funeste d'exaclio: En 1302, Boniface VHI reprochait amèrement à Philippe Bel ces mutations de monnaie : Aperiendi sunt octili régis supf^ mutatione monete^.., Dante n'est pas le seul contemporaine: ait qualifié ce roi de faux monoayeur '.

Le mal redoubla sous Jean le Bon après le désastre -c Crécy. On vit môme le roi de France ou les généraux maître^ tromper le peuple et ordonner aux gardes des monnaies de dissimuler avec le plus grand soin les changements apportés da:r le titre ou dans le poids des espèces monnayées : c'est le case: 1349, en 1351, en 1352, en 1353, en 1355»; c'est le cas en U03'

de Bourgogne vis-à-vis de tous ses sujets (Laoglois, Le règne de Philippe IIU P- *^ n» 24), etc.

A Orléans, le roi lève tous les trois ans la contribution représentative de »" droits de mutation de monnaie abandonnés {Ord.^ t. XI, pp. i88, 1S9, ^ Thaumas de La Thaumaasière, Attisée de Jérutalem, pp. 464, 465*). En Noraioi^ on donnait à une redevance appelée noneiagium la môme explication et la o^ origine : contre cette redevance triennale le droit de muer la mconale t e'^'< disait-on, supprimé en Normandie, mais le duc, c'est-à-dire, au zui« siècle, ierdO" France, garde intact le droit de changer les poids et mesures (Grand oootocir. cb. zv, dans Gruchy, L*ancienne Coutume de Normandie, pp. 43 46; cb. iiT,(ici^ Tardif, Summa de legibutt p. 40). Arrangement analogue en Hongrie sou lenf Charles Robert (ziv« siècle) {Revue hitt., t. XXXIII, p. 161).

» Cf. du Gange, v» Tallia panU et vini, édit. de Niort, t. VIIÏ, p. 2J, 2«co!.; D Bouquet, t. XXI, p. 270; Callery, Bitt. du pouvoir royal d'imposer, p. 92.

2 Mélanges hist., t. II, p. 383.

3 Dante, Paradis, XIX, v. 118-120. Kn 1292 ou 1293, le lombard Mm»' déconseilla ce procédé et l'empêcha, cette année-là (Piton, Les Lombards n ff^' et à Paru, p. 107; Revue hUt., t. XXXIX, p. 334).

M. F. de Saulcy s'est efforcé d'établir savamment Tinexactitode de celte qoali»^ tion (F. de Saulcy, Philippe le Bel a-t-il mérité le surnom de roi fauxamefi»' dans Bibl. de l'Ecole des chartes, t. XXXVII, p. 145 et suiv.) ; et, après hu M. Piton écrit, à son tour, qu'une des plus grandes calomnies de l'histoire » certainement celle qui a infligé le surnom de faux monnayeur à Philippe 1< Ba (Piton, ouvrage cité, p. 102). Ces grands efforts d'érudition et de diaiectiqae. e^ indignations, dont l'objet est de rectlfler une expression pittoresque très voisiK^ la vérité, font sourire.

4 Voyez les textes cités : par Yuitry, Les monnaies sous les trois premtn r««u- Paris, 1881, p. 63, note 2 (Extrait du Compte rendu de l*Âeadémie des Sâssm enraies et politiques)', parCoville, dans Lavisse, flist. de France, t. IV, p. 79.

s Co ville, Les Cabochiens, p. 54.

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