LE CHANGEUR ET LE CLERC DU TRESOR
Le changeur et le clerc du Trésor. — Les trésoriers étaient econdés par le clerc ou les clercs du Trésor et par le changeur du Trésor, personnage très important. Le changeur est, en angage moderne le caissier du Trésor (rordonnance cabochienne appelle receveur général)*. Il doit toujours indiquer sur son ivre en quel genre de monnaie chaque recette a été efTectuée. )aDs le délai de deux ou trois jours au plus, il doit faire conlaître les receltes effectuées au clerc du Trésor, qui les inscrit lans son journal. Tout prêt à Taide des deniers du roi lui est nterdit. Il lui est également défendu de faire aucun paiement à |ui que ce soit (sauf aux gens de la Chambre des comptes et du Trésor), sans Tordre des trésoriers ou de Tun d'eux et sans la sijoalure du clerc du Trésor ou sans son ordre. Ce clerc du Frésor est le véritable contrôleur du changeur*.
A dater du moment où le rôle du changeur est ainsi très fernement dessiné, on peut dire que les trésoriers ne font aucune ecelte et ne soldent aucune dépense, mais prévoient seulement es recettes et ordonnancent les dépenses : recettes et dépenses ionl le fait, soit, en province, des comptables locaux, soit, à ■^aris, du changeur du Trésor'.
C'est le Trésor qui par le canal du changeur alimente THôlel lu roi. L'argentier, chargé de veiller aux besoins de l'Hôtel, •eçoil en compte du Trésor une somme affectée aux dépenses et ournitures journalières du roi, de sa famille et de sa cour. Cette îharge d'argentier, créée vers la fin du xiii* siècle, correspond, icrit M. Vallet de Viriville, à celle que nous avons connue dans es temps modernes sous le titre d'intendant général de la liste 'ivile*. Le fameux Jacques Cœur était l'argentier de Charles VII.
évrier 4372 (d. st.), do 43 novembre 1372, dans Ord,, t. V, pp. 454, 455 ; dans Isam- >erl, t. V, p. 383 ; VMiigt des /inancês do xv« siècle et texte on peu postérieur, dans ^cqwXon, Documents, pp. 241, 254; ord. du 19 Dovembre 1498, analysée dans ^lamageran, t. II, p. 90.
^ Coville, Les Caboehieni^ pp. 225.
^ Viard, LetjournawB du Trésor f pp. ii-iz.
3 Mais poor le roi le changeur du Trésor ne fait qu*un avec les trésoriers. Ceoz-
>, d'ailleurs, sont théoriquement ses supérieurs : c^est à eux que, d'ordinaire, le roi
'adresse pour donner un ordre de paiement. Voyez, par exemple, le n« 1201, dans
^. Delisle, Mandements... de Charles K, p. 622.
^ Vallet de Viriville, HUt, de CharUs VU, t. III, p. 257; cité par G. de Beaucoort,
Entérinement et contrôle des a^tes royaux par les irésom — Le roi eoteiid se servir à Toccasion de ses trésoriers, coibe de ses conseillers au Parlement, de ses conseillers à la Cham:' des comptes, pour contrecarrer les mesures mauvaises que arracheraient les sollicitations des courtisans. C'est ainsi que: février 1399 (n. st.), il prescrit aux trésoriers de ne pas enténi? les lettres de don qui leur seraient envoyées avec ordre diir: de les passer et qui leur paraîtraient abusives : ils devront pareil cas, en référer au Grand Conseil^
Deux ans plus tard, donnant une nouvelle forme à la mecpensée, Charles VI défend à ses gens des Comptes et à ses trtsoriers d'expédier aucunes lettres de don sur le domaiae et k passer aucuns mandements royaux, s'ils ne sont signés de deoi trésoriers au moins*.
Le Trésor enregistre, aussi bien que la Chambre des compte certaines ordonnances', et il est armé, comme on le voit, part roi lui-même d'un droit de résistance. Les trésoriers, lorsqu'aucun incident n'est soulevé^ mettent au pied du mandeme:! royal cette formule : « Consentons, en tant que a nous esl,l'è-terinement desdictes lettres...* »
Les trésoriers et les Lombards. — Si je voulais entrer dans k détail des diverses missions confiées occasionnellement aux tré£i> riers, je serais entraîné en des développements sans fin. Je ^ contenterai de signaler un document important et curieux deii fin du XIV* siècle. A lui seul, il pourra donner une idée daK'l« considérable que jouaient les trésoriers.
Charles V avait accordé en 1380 des privilèges à une compagnie de Lombards établie pour quinze ans à Troyes'. En ISi"! une concession nouvelle de quinze ans fut consentie, non seule-
t. V, pp. 98, 99. Voyez dans KK 20 (Archives nationales) un exemple de re«B«' Targentier da roi des sommes nécessaires à son service.
i Ord., t. Xtl, pp. 192, 193.
2 0rd.,t. XII, p. 201.
> Exemple : lettres de Charles VII du 15 novembre 1454 « registrées ao Trifi, le 10 mars ensuivant, » dans Ord.^ t. XIV, p. 334.
« Voyez la formule complète au bas d'un mandement royal do 3 février U^i ^ st.), dans Ord., t. XIV, p. 122. Cf. Jacqoeton^ Documenli, p. 254.
<( Ord. du 2 juin 1380, dans Ord., t. Vi, pp. 477-482.