‹ Droit public (volume 3)Chapitre 27 sur 107 · LES PRÉVÔTS · texte numérisé non relu

LES PRÉVÔTS

des* et les Wisigoths* ont des cornues ei des prœpositi. Un capitulaire du ix* siècle mentionne les prœpositi^. Un autre document, à peu près du même temps, emploie, au lieu de prœposiiuSj l'expression loco positus^. Les prœposUi continuent à se montrer dans les textes au x,^ et au xi"" siècle : nous relevons des prxpositi d'églises* et des prxpositi de seigneurs laïques \ J'ai déjà dit qu'à dater du règne de Henri I" on ne voit d'autres agents directs de l'autorité capétienne que les prévôts et leurs subordonnés ^ S'il y a des prévôts royaux, il y a aussi des prévôts seigneuriaux : le régime d'un grand Qef est analogue, en effet, au régime du domaine royal.

On a dit quelquefois préBtor au lieu de prâBposilus^ . Adalbéron a parlé d'un personnage qu'il qualiPie procurator régis mandana administraris^j périphrase qui, à mon sens, désigne un prévôt. Enfin, villicus ei prsBposiius paraissent en bien des cas synonymes*^, et nous savons, d'autre part, que le maire villageois (ma/or) est souvent l'ancien villicus^^. Villicus, major, prsepo"

*■ < Locoram comités atque prepositi » (Leget Burg,, Liber constiL, tit. XL(X. De animalibut^ i, édit. Lad. Rad. de Salis, p. 80; Monumenta, Leg, sect, I, L If, Pari I, HaoDOTere, 1892).

s Lex VUig. HeccetsuimL, IX, ii, De his qui ad bellum, 5, édit. Zeumer, p. 271. a. VIII, I, 5; IX, I, 8; X, i, 16, ibid., pp. 228, 264. 281 et Zeumer, Leget VUig. entiquioret, p. 271.

' « Ut judtces, tdvoctti, prœpositi, ceotenarii, vicarii, scabiDei, quales meliores tDventri possuDt, conslitaaotur ad sua mioisteria ezerceoda » (Boretius, Capit,, t. I«', p. 431, art. 56).

^ Widonit capit.f 3, dansBoretios et Krause, CapUulariay t. II, p. 108.

> 929 : a SigDum Lelgaadi prepositi » (Mabille, Inirod, aux chroniquet des eomtêi d'Anjou, p. ci). Ce Lelgaud est probablement prévôt de l'évéque d'Aogers.

• a. A. de La Borderie, UUL de Bretagne, t. III, pp. 113-115; Digot, Bitt. de Lorraine, 1. 1", p. 354.

^ Lochatre, Hitt. det intlit, monarçhiquee, 2* édit., t. \^*, p, 214.

I Paul Marchegay, Choix de documents inédite sur l'Anjou, pp. 167, 183. A. de La Borderie, Bitt. de Bretagne, t. III, pp. 113-115. Prou et Vidier, Becueil des chartes de Vabbaye de Saint- Benott-sur-Loire, p. 202.

* Lucbaire, Hitt. des vuM. monarchiquet de la France, 2* édit., 1. 1*', p. 214.

to Voyez les textes qui me dictent cette assertion dans A.Molioier, Etude sur CadmiMttration féodale dant te Languedoc, Toulouse, 1878, p. 310; dans Lucbaire, i6ki., p. 214; dans du Caoge, Glottarium, t. V, Parisiis, 1845, p. 405, 2* col., t» PrsepotUi; l. VI, p. 832, 3* col., v Villicut.

'i Viollet, Let communet françaitet au moyen âge dans Mim» del*Acad. det ïnscript., t XXXVI, 2« part., pp. 408, 409.

situs^ désigaent donc des agents domaniaux, originairement similaires ou à peu près similaires.

La Normandie a surtout des vicomtes^ assez analogues aux prévôts du domaine * ; elle a aussi des prévôts (qui le plus souvent sont des officiers inférieurs*).

Dans le Sud et le Sud-Ouest de la France, le mot prévôt est à peu près inconnu*. On y trouve des bayles et des viguiers. Les bayles sont presque toujours fermiers héréditaires et ont une physionomie féodale assez accusée* : les viguiers (anciens mcanï carolingiens) sont très répandus dans l'ancienne Septimanie*. Plusieurs d'entre eux, notamment celui de Montpellier*, étaient comme les bayles, devenus héréditaires et féodaux. Le viguier de Montpellier était doublé d'un bayle qui, après la disparition de la viguerie, se transforma en fonctionnaire municipale Ailleurs qu'à Montpellier, le viguier et le bayle fonctionnent par-

* L'analogie n'est pas complète. Voici, à ce sojet, une note que veut bien roe communiquer mon confrère, M. Dupont-Ferrier, si compétent en la matière : « Les ncomtes de Normandie dans la seconde moitié du xv« siècle étaient presque toujours d'une condition beaucoup plus relevée que les prévôts : le recrutement des vicomtes et des prévôts est fort différent ; quant à leurs fooctior.*8 elles sont moins semblables qu'on ne le dit, surtout en matière financière et militaire. »

s Longooo, Atlas historique de la France, Textes, 3e livr., p. 242. L. Delisle, Magni rotuli Normannix fragmentum, Cadomi, 1851, pp. 43, 45. L. Delisle, Actes normands de la Chambre des comptes, pp. 423-425, n» 253. Rumina de lègibus Norm.» ch. II, 3; ch. vi, 8; ch. vu, 7; cb. xiv, 4; ch. lx, 5, 6, édit. Tardif, pp. 7, 21, 27, 41, 153.* Les vicomtes normandes sont souvent héréditaires comme les prévôtés des autres provinces : voyez notamment une pièce de 1236, dans Teulet, Layettes, t. II, p. 331, no 2475.

' Voyez, à Castres, un exemple de l'emploi du moi prxpositur a : villicatio, /irmantia et prsppositura (A. Molinier, Etude sur F administration féodale dans le Languedoc, p. 310). Il y a des prévôts en Dauphiné (du Gange, G/o«iartum, t. V, Parisiis, 1845, p. 407, 2« col., vo Prxpositus; Histoire de Dauphiné, t. 1", Genève. 1722, t. I*», p 116).

^ A. Molinier, Elude sur l* administration féodale dans le Languedoc^ p. 295 et suiv.

» A. Molinier, ibid., pp. 287-291. Longnon, Atlas hist. de la France, Texte, 3» livr., p. 242. li y a un viguier à Toulouse, à la fin du xiii* siècle (Paul VioUet, Les communes franc, au moyen âge, dans Mém. de PAcad. des Inscrip., t. XXXVI, 2« part., p. 447). Sur les vicarii de la période franque, voyez, ci-dessus, t. l"', pp. 299-301. A Condom on disait beguier et non viguier,

< A. Molinier, ibid., pp. 284-286, 287.

~ La viguerie de Montpellier fut rachetée par Guillem VIII à la fin du xu» siècle.

Page 1