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DÉCADENCE DE LA CLASSE MOYENNE

affaissés, écrasés par l'usure, par Tefforl ingénieux et varié du capital, par les charges publiques qui , malgré la bonne volonté du pouvoir, retombent indirectement sur les petits. Le gouvernement se trouve donc en présence d'une plèbe épuisée et d'une aristocratie fort riche : il lui faut bien essayer de prendre l'argent où il se trouve, c'est-à-dire chez les riches, tandis qu'il ne peut guère que dégrever la plèbe : voilà pourquoi nous rencontrons, au moment où va s'éteindre cette vieille société, des impôts si variés et si lourds sur les classes riches, alors que la taxe personnelle qui frappe les petits [capitatio humana ouplebeia) n'a point cessé, depuis quelques siècles, d'être atténuée, réduite, et, sur beaucoup de points, supprimée. Elle a été abolie dans les villes, maintenue dans les campagnes, parce que les populations urbaines, souvent groupées en corporations*, pouvaient mieux faire entendre leurs doléances' et menacer au besoin; peutêtre aussi parce qu'il était facile, avec les villes, de donner d'une main et de reprendre de l'autre.

Rien d'ailleurs n'indique que la bonne volonté des empereurs ait eu quelque efficacité : l'empire romain mourant connut d'indicibles souffrances : les populations succombèrent sous le poids des impôts : on vit des contribuables retardataires entassés dans les prisons : ils y attendaient la mort, quand ils ne se la donnaient pas de désespoir '. Les terres étaient abandonnées, dé-

mème individu De semble pas avoir possédé, aa moins en Italie, du temps de Pline, des régions immenses, mais un très grand nombre de petits domaines qui sont tombés entre ses mains et ont cessé d'être des propriétés distinctes, tout en restant des exploitations distinctes. Cf. Mommsen, Die italische Bodentheilung und die alimentartafeU dans Hermès, 188i, t. XIX, fasc. 3, p. 393; analyse dans Bulletin épigraphique, 1885, p. 103; Fustel de Coulanges, Le domaine rural chez les R mains, dans Retue des Deux-Mondes, 15 sept. 1886, p. 328.

^ Nous trouvons, à Paris, les nautx Parisiaci\ à Arles, les utricularii, fabricants d*outres et les navicularii; à Saint-Paulien, en Auvergne, un corpus fabrorum tignariorum, etc. [Bullelin épigr. de la Gaule^ t. I«^ pp. 50, 51. Revue épigr, du Midi de la France f 1883, pp. 124-128. t. I«S p. 117). Joignez Chronique de Jean, évêque deNikion, publiée par Zotenberg dans Nolicesel extraits, t. XXIV, 1^ part., p. 416; Paul AUard, Hist, des persicut. pendant la première moitié du UI* siècle, pp. 16 et suiv., 183 et s.

3 Cf. Serrigny, Droit public et administratif romain, t. II, p. 100.

3 Ammien Marcellin, XXX, v, 6, édit. Gardthausen, t. II, 1875, p. 213. L'auteur donne ceci comme un fait accidentel.

sertes et sans culture : c'était « à qui ne posséderait rien pour n'avoir rien à payer*. »

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