‹ Droit publicChapitre 54 sur 131 · U établissement des Barbares · texte numérisé non relu

U établissement des Barbares

Vues générales. — Nous arrivons aux invasions définitives : le courant de sympathie établi entre les malheureux Gallo-Romains et les Barbares est ici de plus en plus marqué : les témoignages se font nombreux, précis, éloquents, si bien que l'établissement des Germains va nous sembler le terme naturel et fatal du mouvement d'opinion qui pousse les Gallo-Romains entre les mains des Barbares : ce sont surtout les Barbares Goths et Burgondions qui appelleront, à ce point de vue, notre attention. Ceux-là se sont mêlés à la civilisation romaine : loin de la haïr et de la vouloir détruire, ils en sont les admirateurs

« Cf. Litlré [Etudet itir Ut Barbares et le moyen âge, pp. 129, 130), que j'ai sous les yeaz, en rédigeant ce passage. C'est encore la Barbarie qui, balayant maîtres et écoles , substitua à la langue ampoulée et tourmentée des derniers siècles de Rome, cette langue simple et franche, véritable miroir de la pensée, qu'on nomme le latin barbare, cette langue éminemment claire d'où est née la nôtre. Il faut être aveuglé par tons les préjugés de l'éducation classique pour ne pas reconnaître cette vérité; qu'on prenne seulement la peine de comparer les constitutions impériales des codes romains arec les édits des rois mérovingiens et les capitulaires carolingiens, et qu'on dise où est, la plupart du temps, la simplicité, la clarté, ou le meilleur style juridique.

fervents et les imitateurs : mais ils ne portent point avec eux le fardeau d'un grand empire à soutenir et d'une administration touffue à nourrir. Ils sont enfin une force réelle, une force vivante : Tempire, lui, n'est plus qu'un nom coûteux, une ombre décevante {umbram imperii) : il ne peut plus protéger, il ne sait qu'épuiser.

Mais, avant de faire entrer en scène les Barbares qui vont s'établir dans les Gaules, jetons un dernier regard sur les infortunes des malheureux sujets de l'empire : interrogeons les témoins contemporains et écoutons cette fois les voix les plus re— tentissantes , les plus énergiques : « Les Gallo-Romains souhai— « taient la venue des Barbares ; ils enviaient le sort des captifs, » écrit le panégyriste Mamertinus : « ut jam Barbari desiderarencf tur ut praeoptaretur a miseris fortuna captorum*. »

Il y a des Romains , écrit Orose , qui préfèrent la liberté avec la pauvreté chez les Barbares à l'incertitude de la vie avec les impôts au milieu des Romains : « Quidam Romani (inveniuD- « tur) qui malint inter Barbaros pauperem libertatem quam ina ter Romanes tributariam sollicitudinem'. »

« Beaucoup de Gallo-Romains de noble origine et libérale- « ment élevés fuient chez les Barbares, écrit à son tour Salvien, « pour échapper au deuil mortel de la persécution; ils préfèrent « le voisinage des ennemis de l'empire à celui des percepteurs « de Rome. Ceux qui sont déjà tombés entre les mains des Bar- « bares et qui vivent au milieu d'eux regardent comme un mal- « heur de rentrer sous le joug de l'empire. Les autres appellent « de leurs vœux les Barbares*. » L'excès du malheur inspirait à

1 Gratiarum actio Juliano, iv, 2 (dans Panegyrici veteres, Londres, 1828, t. III, p. 1506). Mamerlinus parle d*une phase spéciale de Thisloire des Gallo^Romaios.

^ Orose, VII, 41 (édit. Zangemeister, 1882, p. 554). Peut-être Orose parle-t-il ici de Romains qui, sans quitter le sol de Tempire, se placent sous la protection de Barbares agriculteurs, établis sur les terres romaines.

^ a Ut multi eorum, et non obscuris natalibus editi et liberaliter institut! , ad hostes € fagiant, ne persecutionis publics adflictione moriantur (V, 21); Leviores bis hostes « quam exactores sunt, et res ipsa hoc indicat : ad hostes fugiunt ut vim exactionis « évadant (V, 28); — Unum illic (chez les Wisigoths) Romanorum omnium votum « ne unquam eos necesse sit in jus transira Romanorum ; una et consentiens illic « romanœ plebis oratio, ut liceat eis vitam quam agunt agere cum Barbaris » (V, 36,

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ces Romains restés dans Tempire des résolutions désespérées. On vil, en ces temps calamiteux, de pauvres gens donner leurs biens à des puissants auxquels ils achetaient ainsi non pas un secours en argent, mais simplement leur protection. Le protecteur rendait ensuite son bien au protégé et celui-ci en conservait l'usage, sa vie durant*. C'est ainsi que la grande propriété se développait chaque jour aux dépens de la petite : le mouvement séculaire qui tendait à concentrer dans un petit nombre de mains la propriété d'une foule de domaines (dont l'exploitation restait d'ailleurs distincte) s'accentuait de jour en jour.

Mais j'ai hâte d'arriver aux événements qui amenèrent l'établissement déBnitif des Barbares dans les Gaules : je passerai successivement en revue, au Midi, l'invasion wisigothique et l'invasion burgonde; au Nord, l'invasion bretonne et l'invasion franque.

Invasion des Wisigoths. — L'histoire rencontre de bonne heure les Goths au Nord-Est de la Germanie et en Scandinavie^, où ils ont laissé leur nom à l'île de Gothland. Une fraction de ce peuple gagna le Sud de l'Europe, et s'établit, au commencement du III* siècle, sur les côtes septentrionales du Pont-Euxin. Les Goths étaient donc en contact perpétuel avec les Romains sur le Danube comme les Francs et les Allemands l'étaient avec les mêmes Romains sur le Rhin*. Constantin (306-337), au moment où il bâtissait Constantinople , contracta une alliance avec

n, SaWicn, De Guh. Dei, édil. Pauly, pp. 108, 110, 111, 113). Cf. Coillemer {L'éla- (itis€iii«ii< des Burgondes dant le Lyonnais au milieu du «-« siècle, p. 3), doDt j*en)pruDte presque textuellement la traduction.

1 Salvien, De gub. Dei, v, 8, édit. de l'Académie de Vienne, pp. 114, 115. Rapprochez Déclamations dites de Quintilien, XIII, 2, 13, 14.

•Voyez, sur les Goths, au point de vue des origines, Pline, IV, 99; XXXVII, 30 (Gu/onet); Tacite, iinnalex, II, 62 (Gotones) ; Ptolémée cité par Zeuss, Die Deutschen, p. 158; Jordanès, 4, 5. 11 m*est impossible d'admettre le sentiment de Zeuss qui établit une distinction fondamentale entre les Goths du continent et les Goths de rUe de Gothland. Voyez Zeuss, Die Deutschen, pp. 158, 511; MùUenhoCf, Deutsche AUerthumskunde , t. II, pp. 3, 18, 77 et passim. — M. Jul. Ficker a prouvé récemment qu'une étroite parenté réunit le droit goth espagnol du moyen ftge et le droit Scandinave occidental (Jul. Ficker, Ueber nàhere Verwandschaft zwischen gothischspanisch. und norweg.-islànd. Recht).

' GeCfroy, Rome et les Barbares, p. 332. Dareste, Hist, de Fnmce, t. I«r, pp. 153, 154.

cette natioQ et prit à sa solde 40,000 Goths : ce cootingent continua, après Constantin , à servir l'empire *.

A la Qn du iv* siècle, les Huns, de race tartare, envahirent le pays occupé par les Goths et en chassèrent une grande partie devant eux : Jes tribus occidentales, celles des Wisigoths ou Goths de l'Ouest, se firent donner par l'empereur d'Orient des cantonnements sur la rive droite du fleuve, dans la Mésie (Bulgarie actuelle). Us n'y restèrent pas fort longtemps aux ordres de l'empereur : ils se soulevèrent bientôt, pillèrent la Grèce et l'Italie, et, commandés par Alaric, saccagèrent Rome, en 410'.

En 412, Athaulphe, successeur d'Alaric, envahit les Gaules. Après quelque hésitation sur le rôle politique qu'il jouerait en ce pays livré aux factions, il s'entendit avec l'empereur Honorius et, pour le compte de ce prince, se rendit maître de deux Augustes, alors usurpateurs en Gaule, Jovin et Sébastien (413). Mais la brouille éclata bientôt entre Honorius et Athaulphe : celui-ci occupa Narbonne, Toulouse et Bordeaux, puis traversa les Pyrénées avec toute son armée et s'empara de Barcelone, pendant que Constance, général d'Honorius, lui reprenait Narbonne. Wallia, second successeur d'Athaulphe, s'étendit jusqu'à Cadix; il traita ensuite avec Honorius (416) et s'engagea à chasser de l'Espagne les autres Barbares et à la reconquérir à l'empire : il y réussit.

« Vers la fin de l'année 418, en vertu d'un nouveau traité « entre Wallia et Constance, ratifié en 419, les Wisigoths quit- « tèrent l'Espagne, repassèrent les Pyrénées et vinrent s'éta- « blir dans l'Aquitaine. Wallia mourut dans cette même année u419'. »

Sous Théodoric, successeur de Wallia, les Wisigoths établis en Gaule combattirent tantôt pour leur propre compte, tantôt au compte de l'empereur. Théodoric fut tué dans la grande ba-

* Lehuërou , Hitt. des ùutit. mérov., pp. 52-53.

> Je ne m'occuperai pas , daos cet exposé , des Oslrogoths ou Goths de TEst qui étaient, dans la première moitié du v« siècle, cantODoés en Panoonie. On sait qu*à la fin du même siècle, commandés par Théodoric, ils s'emparèrent de Tllalie où régnait Odoacre. Théodoric, le plus grand des rois barbares qui envahirent Tempire romain, mourut en 526.

-^ Zotenberg, Invasions des Visigoths et des Arabes en France, pp. 1-ii.

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laille livrée à Attila, en 451. Les Wisigoths acclamèrent sur le obamp de bataille son fils Thorismond. Ce prince et son successeur Théodoric II continuèrent la même politique, et, toujours x^edoutables , furent tantôt ennemis, tantôt auxiliaires de Tempire. C'est Théodoric II qui poussa Avitus, un arverne, à prendre la pourpre, le proclama Auguste à Toulouse (455) : un peu après, Avitus, reconnu empereur dans le concilium d'Ugemum (Beaucaire), fut intronisé en grande pompe à Arles : Théodoric et ses frères arrivèrent dans celte ville, y furent reçus comme « amis d'Avitus qui devait Tempire aux Goths aussi bien qu'aux (c sufTrages des Gaulois. » C'est la, en efTet, le trait caractéristique de l'élévation à Tempire d' Avitus : cet empereur est le produit de Talliance politique des Goths et des Gallo-Romains ' . Sidoine Apollinaire, gendre d'Avitus, a écrit un poème où il exprime, avec une véritable éloquence, les sentiments de la Gaule en cette circonstance. Dans la scène de Télection il fait ainsi parler un gaulois : « Pour demeurer fidèles à la tradition « de nos ancêtres , nous avons gardé le culte de lois qui avaient «perdu toute leur force; saintement nous sommes demeurés « attachés aux choses anciennes , quelque souffrance que cela ^nous coûtât, et nous avons porté l'ombre de l'empire :

Portavimus umbram Imperii^.

Cette fidélité plus forte que la souffrance et que l'adversité, cette fidélité vantée par Sidoine, n'était pas dans tous les cœurs et dans tous les esprits, et Talliance gothique pouvait donner d'autres fruits que l'élection d'un empereur. En 462, elle détacha de Rome un gaulois, le comte Agrippinus, gouverneur de la Narbonnaise qui livra Narbonne*. Sous Euric (466-484), elle aboutit à la conjuration célèbre d'Arvandus. Lassés d'obéir à un

1 Cf. Zotenberg, ibid,, pp. 1M7; Le Nain de Tillemont, HUt. (Ut mperewrt, t. VI, pp. 270, 271 ; Guiraud , Let atsembléet prov. dams l'empire romain , p. 276.

s Sidoine Apollinaire, Carmen IV, vers 540, 541 (dans Œuvres, édit. Baret, p. 512). J'emprunte cette tradaction à M. Lavisse dans son bel article intitulé : Les préliminaires de l'histoire d^Àllemagne {Revue des Deux Mondes, 15 juillet 1885, p. 404).

> Cf. Loognon, Géogr. de la Gaule au vi« siècle, p. 43.

pouvoir devenu incapable de les protéger..., exaspérés par le ressentiment de leurs maux, un certain nombre de Gallo-Ro* mains « en étaient venus à accepter l'idée de se séparer de « Rome et de se constituer en état indépendant sous le sceptre <c des rois wisigoths qui se partageraient les Gaules avec les Bur- « gondions. » Ces provinciaux préféraient la loi d'un pouvoir jeune, vigoureux, capable de se faire respecter aux caprices d'une autorité lointaine, usée, d'où la vie se retirait, et, chose presque incroyable, ce fut un grand officier de l'empire, un préfet du prétoire des Gaules, Arvandus, qui essaya de faire triompher ce courant d'opinion : il se mit à la tête d'une conspiration destinée à détacher les Gaules de l'empire romain. Mais la conspiration fut découverte et Arvandus condamné à subir la peine capitale, puis gracié et exilé.

Les Goths, évangélisés par Ulphilas, étaient Ariens : peutêtre la répugnance des Gaulois catholiques pour des hérétiques ariens et surtout le caractère personnel de leur roi Euric , persécuteur fanatique, empêchèrent-ils le succès des grands projets d' Arvandus*.

L'avortement de la conspiration d'Arvandus n'entrava pas les progrès d'Euric qui pouvait travailler à sa grandeur par la force des armes non moins qu'en machinant des complots : il déclara la guerre à l'empereur Anthemius, « s'empara de l'Aquitaine « première, de presque toutes les provinces situées entre la « Loire, la Méditerranée, le Rhône et l'Océan. Toutes ces con- « quêtes, y compris l'Auvergne, lui furent confirmées, en 475, c< par l'empereur Nepos. » Il fit plus tard la conquête de l'Espagne et de la Provence à l'Est du Rhône*.

Théoriquement, les premiers rois wisigoths n'étaient pas réputés rois indépendants : au dire de Jordanès, c'est Euric (466- 484), ce prince conspirateur et conquérant, qui s'affranchit le

^ Sidoine Apollinaire, Epist., 1, 1 (édit. Baret, pp. 189-194). Cf. Eugène Baret, Œuvres de Sidoine ÂpolUnaire, Inlrod., pp. 25, 26; Eugène Baret, Sidoine Apollinaire et la tociéti gallo-romaine au v« tiècle dans Revue de France, 31 déc. 1876 , pp. 903, 904. Je cite textuellement et je suis de près M. Baret. Sur le christianisme des Goths voyez Ozanam, Eludes germ., t. II, ch. n.

s Zolenberg, ibid., pp. 22, 23.

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premier de toute sujétion, et occupa la Gaule méridionale en souveTBÀn^jure suo\ Cet Euric promulgua le premier un code de lois dont M. Gaudenzi a peut-être retrouvé tout récemment quelques fragments*.

Invasion des Burgondions ou Bourguignons. — Les Burgon-

<lions, peuple germain, furent de bonne heure en relation avec

les Romains, et c'est sans doute pour se faire bien venir de

ceux-ci qu'ils se disaient d'origine romaine*. Ils se convertirent

^u christianisme vers Tan 350 : peut-être ne se Grent-ils Ariens

qu'un peu plus tard. C'est en 370 qu'ils quittèrent la Germanie

occidentale pour combattre les Alamans sur les bords du Rhin :

ils étaient appelés par Valentinien I".

Ils prirent part à la grande invasion des Gaules en 407. Nous les retrouvons un peu plus tard, en Tan 411, jouant un rôle considérable dans les affaires des Gaules : en effet, Jovin, usurpateur éphémère, prit la pourpre par le conseil de leur chef Guntiaire ou Gondicaire et de Goar, roi des Alains. C'est vers ce temps qu'ils s'établirent sur la rive gauche du Rhin, dans la région de Worms et de Spire. Ils s'efforcèrent bientôt d'étendre lenr territoire , mais ils subirent de graves défaites que leur infligèrent Aetius en 435, les Huns, alliés de ce général, en 436. En 443 , Aetius transporta ce qui restait de la nation vaincue sur un territoire considérable faisant partie de la Gaule et appelé Sapaudia^ (d'où plus tard Savoie).

A partir de ce moment, les choses changent de face : les Burgondions ne tardent pas à acquérir une grande importance politique et militaire : ils luttent en Espagne contre les Suèves, à côté des Romains et des Wisigoths : leur ambition et leurs convoitises se développent rapidement. Avant les Wisigoths, ils

1 a. Pastel de CoulaDges, Hitt, dei inttit, polit. d$ F ancienne France, l^ partie, 2« édit., p. 402; Longnon, Géogr. de la Gaule au vi» eiècle, p. 45, note i.

' Gaudeozi, Un antica compil. di diritlo romano e om^oto , Bologna , 1886; reprodait dans Nouvelle rewie kitt, sept.-oct. 1886, p. 525 et suiv. Cf. Zeumer dans Neuee Àrekiv., XII, 2; Brunner, Deutsche Rechttgetchichte , t. I*', p. 325.

3 AmmieD Marcellio , XXVIII, 5 (édit. Gronovius, 1693, p. 416; édit. Eyasenhanit, p. 421).

^ Sur l'étendue de la Sapaudia, Toyez Longnon , Géogr, de la Gaule au vi* siècle, pp. 68, 69.

contribuèrent, nous venons de le voir, à faire des empereurs en Gaule : comme eux et avant eux, ils furent appelés par les provinciaux à prendre la place des Romains : cette première conspiration n'échoua pas comme celle d'Arvandus en faveur des Wisigoths; elle eut, au contraire, un plein succès : ce sont les Lyonnais, qui, lassés des impôts, engagèrent les Burgondions à entrer sur leur territoire et à substituer leur domination à la domination directe des Romains. Ces Barbares s'installèrent dans la Lyonnaise en 457. Il est vrai que Majorien ne tarda pas à reprendre Lyon, qu'il expulsa de cette ville les Burgondions et les remplaça par une garnison romaine. Mais il est permis de croire qu'il ne poussa pas très loin ses avantages. « Il avait « intérêt à ménager les Burgondes , dans l'espérance qu'ils lui « viendraient en aide, soit contre les Wisigoths, soit contre les c( Vandales, »

« L'établissement des Burgondes dans la Lyonnaise ne fut « donc pas une œuvre de violence et de conquête. Les Barbares « avaient été appelés par les magistrats gallo-romains, résignés « à subir un mal pour se soustraire à d'autres maux devenus « intolérables et pour conjurer des périls menaçants*. »

Dans lés dernières années de l'empire d'Occident, en 473, c'est un chef bourguignon, Gondebaud, revêtu en ce moment de la dignité romaine de patrice (plus tard roi des Burgondes), qui, protecteur de Glycerius, pousse à la dignité suprême cet éphémère empereur*.

Du partage des terres. — Avant de quitter les Wisigoths et les Burgondes, il me reste à dire un mot du mode d'installation qui présida à leur établissement définitif dans les Gaules,

1 Caillemer, Uétablistement det Burgondet dam U LyoïmaU au milieu du ve siècle, pp. 13, 14. Cf. ibid., p. 11, note 1 et passim; Le Naio de Tillemootf Hisl. des empereun, t. V, p. 607; MoDod, Compilation dite de Frédégaire, 1885, pp. 58, 59; Binding, Dat burgunditch^omanische Kônigreieh, t. !«', pp. 9, 10; Dahn, Urgetchichte , t. II, pp. 370, 497; Jaho, Die Geschichle der Burg. und Burgundieiu, t. I*', Halle, 1874, p. 297 et suiv. Sur Frédégaire, voyez Krusch, Die Chronicm des sogenannlen Fredegar dans iVeiies Archiv, t. VII, pp. 247-351 ; 421-516.

Joignez Passio s. Sigismundi, c. 1, dans Jahn, Die geschichle der Burg., t. II, p. 505.

* Cf. Binding, Dos burg. rom. Kônirjreich, t. I«', Leipzig, 1868, p. 81.

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