LES BRETONS
traire probablement, comme nous Tindiquenl si vivement les légendes, quelques restes de paganisme ^
Les dévastations des pirates saxons avaient désolé les côtes derOcéan, et TArmorique offrait aux émigrés des terres que les habitants décimés étaient incapables de mettre en culture ^ Tout concourut donc au début pour imprimer à l'invasion un caractère pacifique : les pauvres Bretons expulsés de leur pays étaient de bons chrétiens [baptysnn fuerat hic tinctus olivoY\ on avait des terres à leur donner et ils pouvaient constituer une force pour la défense des côtes contre les pirates païens.
Hais peu à peu les choses changèrent d'aspect : l'émigration bretonne grossit, grossit sans cesse : elle atteignit, au vi* siècle, son maximum de force : avec ce flot montant les violences commencèrent : des chefs avides, des soldats faméliques, se pressèrent sur le sol armoricain. On lutta contre les indigènes et on les réduisit : on osa se mesurer avec les Francs : l'histoire de ce temps nous montre un chef breton, Conober, bravant le puissant roi des Francs, Clotaire et prêtant contre lui son appui à un fils révolté.
Les Bretons émigrés ont joué en Gaule des rôles très variés : ils y faisaient ce qu'ils pouvaient y faire, au mieux de leurs intérêts : comme les Barbares de race germanique , ils obéissaient âdes impulsions très diverses, au gré des circonstances : c'est ainsi que vers 470, à la prière de l'empereur Anthemius, douze mille Bretons, commandés par leur roi Riothimus, vont s'établir, en remontant sans doute la Loire, sur le territoire des Bituriges, « pour prévenir les attaques du roi des Wisigoths , Eu-
1 Qu'on De Bretonne pas de cette assertion : dans les montages d*Aavergne , on persécutait encore les chrétiens au y siècle : saint Martin de Brives fut supplicié par les païens au y* siècle. Cf. Monceaux dans Hevu6 hitt., t. XXXVI, p. 275.
s Cf. Longnon, Let cités gaUo-romainet d$ la Bretagne, p. 19. Dès le iii* siècle, les Saxons (et les Francs) dévastent les côtes de TOcéan (Paul Orose dans D. Bouquet, t I*', p. 597). Au commencement du V siècle, dans la Notilia dignitatum, le Utut Saxowicnm n*est autre chose qu*une partie du tractut Armoricanus (Seeck , Notilia Hçnitaium, pp. 204, 207) : ce nom de Utut Saxonicttm en dit bien long. Grégoire de Tours parle d'un chef saxon, Adovacrius, qui a pénétré jusqu'à Angers (Orég. de Tours, Hitt. Franc,, II, xiii (18), édit. Omont, p. 51); cf. II, xiv (19). Je dois sur ce point de précieuses indications à mon savant ami , M. Aug. Longnon.
3 Ennoldus NigeUus, liv. III, vers 19 (PerU, Script., t. II, p. 490).
(( rie, qui songeait à conquérir la Gaule entière et à la détacb <c de Tempire romain. » Riothimus fut vaincu et se réfugia ch les Burgondions^
Mais je ne dois pas suivre ici plus longtemps Thistoire d Bretons- continentaux : il ma sufQ de signaler deux faits en p faite harmonie avec ceux qui déjà se sont offerts à notre men : nous avons retrouvé en Armorique et le contact ami des Gallo-Romains avec les envahisseurs et le désir d'échappé à la domination vexatoire et stérile des Romains.
Le chroniqueur qui nous fait connaître le soulèvement de Vi 408 ne le restreint pas à TArmorique, région, comme on Ta vie déjà fort étendue par elle-même : il ajoute que Tinsurrectio s'étendit à d'autres pays que nous ne sommes point en mesu de nommer*. Tel fut l'effet de la grande invasion barbare d commencement du v' siècle : outre le mal matériel qu'elle pandit autour d'elle, elle accéléra moralement la dislocation d l'empire : elle brisa par contre-coup ou , du moins , elle ébranla une unité politique plus brillante que profondément cimentée. Les provinciaux étaient devenus, si l'on veut, Romains; mais c'étaient des Romains sans patrie.
Invasion des Francs. — Les Francs apparaissent dans l'histoire au m® siècle de l'ère chrétienne. On a distingué , mais noa pas au début, les Francs Saliens et les Francs Ripuaires : le nom de Ripuaires ne se rencontre que tardivement dans les textes.
Les Francs Saliens, étroitement apparentés avec les Cattes,. les Bructères et surtout avec les Sicambres, qui semblent avoir perdu leur nom pour prendre le nom nouveau de Francs, occupaient primitivement la rive orientale du Rhin. On les rencontre notamment dans la partie supérieure de l'île des Bataves*.
^ Cf. Loth, L'émigration bretonne en Armorique, Reooes, 1883, pp. 158, 23, 47, 72, 74, 181, 182 et pastim; LongooD, Géographie de la GauU au v/« siècle, p. 110.
^ « Kal 6 'Ap(i.opixo( âicaç )uu Irtpai TcÙATÔr* èira^x^ai , ^pcrravoùç i&tfiviofl^uMU » (21osime, VI, 5). Toutefois, si Zosime prend ici le mot Armorique dans un sens restreint, dans le sens de Péninsule armoricaine, ce qai est peu probable, les mots xoi Irepai FaXaTÔ» iita^x^ °ous raméoeat tout simplement à l'Ârmorique au sens large.
3 Zosime, III, 8. Cf. sur nie des BaUves, Schrdder dans Hist, ZeiUckrifl, t. XLUI, p. 9; sur les invasions et les mouvements des Francs, Lamprecbt dans WestdêuUehe
Les Francs Ripuaires* habitent la Ripuarie qui correspond à peu près à l'ancien pays des Ubiens : la Ripuarie a pour limites âTouest la Meuse et l'Ourthe, au nord, une ligne qui irait du Bhin à la Meuse, en traversant la région de Crefeld; à Test, elle est à peu près bornée par le Rhin; Cologne est la ville principale de la Ripuarie.
Au milieu du m* siècle, des Alamans et des Francs pénétrèrent, comme je l'ai dit plus haut, au cœur de la Gaule; des Francs dévastèrent plusieurs régions de l'Espagne et de là passèrent en Afrique où l'histoire les perd de vue.
Les relations des Francs avec l'empire sont très variables et très changeantes : ils sont tantôt auxiliaires, tantôt ennemis des Romains, qui se plaignent de leur mobilité perfide, « infida mo- ^bililas*. )» Leurs incursions sur les terres de l'empire, objet constant de leurs convoitises, sont souvent repoussées; « mais «ils réussissent, a dit un éminent écrivain, par leurs défaites « mêmes ; ils sont amenés dans l'empire comme captifs ou comme « colons. » Rome a transporté des soldats Francs, enrôlés à son service, jusqu'en Espagne, en Egypte, en Phénicie, en Mésopotamie*.
Au commencement du v* siècle, il restait probablement peu
ZeiUchrift, 1882, p. 123 st suiv. C*est avec intention que je m'en tiens sur les origines des Francs à ces notions sommaires et un peu vagues. 2euss {Die Deutschen und ikr$ Nachbarstàmme, p. 325 et suiv.) ; Schrôder, dans Tarlicle cité, et bien d'autres, sont plus hardis que moi et plus précis.
Les élymologies des mots Salien et Mérovingien données par SchrÔder {ibid. , pp. 28- 30) ne sont pas acceptées par les savants spécialistes que je consulte : <x Merovecho-t » [Mérovée) paraît signifier « iUustre guerrier; » a glorieusement saint, sacré : » ChlodêvechO't {Clovit) offre le même sens. Je dois ces renseignements philologiques à moD savant confrère et ami , M. d'Arbois de Jubainville.
1 Sur Tétymologie du mot Ripuaire cf. Grimm, Geschichle der deutschen Sprachê, t. !«', p. 527; Fahlbeck, La royauté et le droit royal francs, p. 13, note. Je dois à mon ami, M. Julien Havet, cette observation importante : les textes anciens n*eoiploieot ni Texpression Franc SaHen, — ils disent Salien ou Franc; — ni l'expression Franc Ripuaire, — ils disent Ripvaire,
* £umène(?), Panéçjfriquê, il (D. Bouquet, t. !•% p. 715; Panegyrici veteres, Londres, 1828, t. III, pp. 1358, 1359; Panegyrici latini, édit. Bœhrens, p. 168). Sur l'hostilité des Francs il y a des textes énergiques; ex. Eumène (?), Panég., 10 : a Nihil « veritos gentis ilUus odia perpétua et inexpiabiles iras o (édit. Bœhrens, p. 167).
3 Seeck, Notitia dignit., pp. 65, 66, 6S, 78, 138, 217.
184 LIYRB II. PÉRIODE OAJLLO-ROMAINB.
de Francs sur la rive droite da Rhin : ils étaient, en majeure partie, sur la rive gauche. Un bon nombre étaient alliés ou sujets de Tempire. Les Francs qui rédigèrent le prologue de la Loi Saliqne se souvenaient encore « du joug très dur que les « Romains avaient fait peser sur leurs têtes'. »
Nous ne connaissons que des lambeaux de l'histoire des Francs avant les victoires de Clovis, et ces lambeaux sont d'autant plus difficiles à coordonner que la situation politique de tous les Francs n'était certainement pas uniforme : on ne réussit pas notamment à distinguer toujours les chefs indépendants des chefs qui, à des degrés divers, pouvaient relever de l'empire. Childéric, père de Clovis, était en relation très étroite avec le maître des soldats, ^Egidius : il fut, pendant quelques années, dépouillé de son commandement et remplacé par ^gidius qui gouverna ainsi directement la petite nation franque sur laquelle devait régner Clovis*.
On sait qu'en l'an 476 l'empire romain d'Occident s'éteignit en la personne de Romulus Âugustule (nous reviendrons plus loin sur les circonstances fort remarquables qui accompagnèrent ce grave événement). Â ce moment, le Sud de la Gaule obéissait aux Wisigoths et aux Burgondions : une grande partie de l'Ouest et du Centre appartenait aux Armoricains indigènes
1 Lex Salica, édit. Behrend, pp. 124, 125 (Prol. I). Cf. Fustel de Coalanges, Hitt. de* itiitit. polit, de ^ancienne France, i^^ parlie, 2« édit., pp. 430-433 (je lui emprante les passages cités); Lehaërou, Hitt. de* inttit. viérov., pp. 154, 155, 211.
a Grégoire de Tours, Hitt. Franc, II, x (11), xi (12), édit. Omont, pp. 48, 49. H y a d'ailleurs beaucoup de légende dans les récils des historiens touchant iEgidius et Childéric. Cf. Lœbell , Gregor von Tours und seine Zeit, 2« édit., 1869, p. 430 et suiv.; Juoghans, Hist. crit. des règnes de Childéric et de Chlodovech, trad. Monod, 1879, pp. 7-10; G. Tamassia, Egidio e Siagrio, p. 32 eipassim; Rijna, Le origini deW epopea francese , Firenze, p. 47 et suiv. Un passage d'un des prologues de la Loi Salique, que je viens de citer, est très favorable à la tradition qui fait d'iËgidius le chef momentané d'un groupe franc.
Guérard explique , d'une manière remarquable , l'hostilité de Clovis à l'égard des Romains : « Le rétablissement du prince exilé (Childéric) sema, dit-il, la mésinteU « ligence entre les deux nations qui s'étaient jusque-là mélangées et presque confon- « dues l'une avec l'autre et donna naissance à deux partis opposés, celui da chef a barbare et celui de l'ofScier romain. Après la mort de ces princes, une guerre oo- « verte éclata entre les deux partis » (Guérard dans Notices et extraits, t. XIII, 2* partie, p. 68).
de plus en plus mêlés de Bretons émigrants : les Francs étaient établis au Nord-Est, à savoir les Saliens sur les territoires de Cambrai, de Tournai et dans les régions circon voisines *, ceux qu'on appela plus tard les Ripuaires, sur le territoire ci-dessus décrit de la Ripuarie. Enfin, le nom romain n'avait pas entièrement disparu : le général romain que nous venons de nommer, iïgidius, appelé par Grégoire de Tours roi des Romains, gardait les pays entre la Somme au Nord-Est, et, à TOuest, une ligne mal connue : iEgidius eut pour successeur son fils Syagrius, qui résida à Soissons et très probablement resta maître seulement des pays sis entre la Seine et la Somme*.
Cet îlot romain se sentait forcément très faible et très menacé : nous savons que les Gaulois expédièrent, dans leur détresse, jusqu'à Constantinople , une ambassade à Tempereur Zenon. Cette démarche n'eut aucun succès'.
Le chef salien, qui allait balayer ces derniers débris romains, fot élevé sur le pavois par les Saliens de Tournai, eu 481, à la mort de Childéric, son père : c'est celui que nous appelons Clo- ^s, mot savant mal formé mais passé dans la langue commune : il s'appelait Chlodovech, d'où vient notre mot Louis : Clovis est, en réalité , le premier des Louis.
On a soutenu qu'au moment où il succéda à son père, Clovis S&rda quelque chose d'une dignité romaine dont Childéric aurait été revêtu* : et l'on s'est appuyé sur les termes d'une lettre que Ini adressa saint Rémi, archevêque de Reims*. Il n'est pas tout
^ On cite toujours TéronaDoe , mais sans preuve suffisante. Voyez Longnon , GéO" f9fhit de la Gaule au vit tiècle, p. 83, oote 6.
'Cr. Grég. de Tours, II, viii (9); II, xviii (27), édit. Omout, pp. 46-56.
' Le fait de Tambassade est certaio : l*objet de Tambassade est très obscur : elle ptrttt dirigée contre Odoacre. Mon texte tend à interpréter et à commenter la source grecque que j*ai sous les yeux. Cf. Bibliolheca PhoUi, édit. Bekker, t. I«', p. 56; MôUer, Frag. kUt. grmc, t. IV, p. 136; Dubos, HitL crit., t. II, pp. 440, Ui; Dareste, HitL de France, t. l«r, pp. 176, 177.
Procope parle d'une cession de la Gaule [méridionalej faite par Odoacre aux Goths [Procope, De bello golfUco, I, 12); on peut conjecturer que les ambassadeurs protestèrent contre cette cession. C'est avec intention que je ne précise pas dans le texte.
^ Ce n'est pas l'opinion de Junglians , Hitt, critique det règnes de Childéric et de Chlodovech, trad. Monod , pp. 17, 18.
'En sens contraire, ibid., pp. 143, 144. Voyez une dissertation sur la lettre de ■aint Hemi par A. Lecoy de la Marche dans Bibliothèque de C Ecole des chartes, 6* se-
à fait impossible, en effet, que ce chef barbare, appelé à détruire les derniers restes de la puissance romaine, ait gardé, au début de son règne, quelque souvenir de la dignité dont son père avait pu être revêtu. Tout détenteur de titre ou de dignité en est assez naturellement le fidèle conservateur : la vanité et rintérêt se réunissent presque toujours pour lui dicter cette conduite : il ne me répugnerait donc point d'apercevoir quelques lambeaux romains sur le costume de Clovis encore païen, mais, à cet égard , les indices sont assez faibles^
Clovis débuta en détruisant Syagrius (486) et en s'établissant àSoissons, puis il s'avança jusqu'à la Loire. Il eut dès lors des sujets francs et des sujets romains qui ne se mêlèrent pas complètement, qui ne se rapprochèrent pas les uns des autres au même degré que les Burgondions ou les Wisigoths et les Gallo- Romains. Rien, en effet, n'avait ici préparé la fusion : les Francs, même ceux soumis à l'empire, ne s'étaient pas établis dans le Nord-Est de la France, comme les autres Barbares dans le Midi : ils ne s'étaient point dispersés sur le sol, à titre d'hôtes: ils n'avaient point partagé avec les GaJlo-Romains la maison et la terre : ils avîiient vécu à part, par troupes solides et bien groupées : la civilisation romaine les avait effleurés mais non pas conquis ou pénétrés : enfin, ils étaient encore, en très grande majorité, lors des premières victoires de Clovis, païens. C'est à cette époque (entre 486 et ? ) que remonte le plus ancien texte connu de la Loi Salique ou Loi des Francs Saliens^,
rie, t. II, pp. 59-74; M. Lecoy explique habilement les mots c admvmtraixoneïïi tôt tecundum rei bellicx tuscepisse » (où od a vu à tort un indice de la dignité romaine dont Clovis aurait été revêtu) et rejette toute allusion de ce genre. Mais M. Lecoy n*avait pas consulté le manuscrit; on a constaté depuis quUl porte simplement : « adminitirationem vot tecundum bellice tutctpitte, » et on a proposé de corriger mcundwn belliee en Secundst Belgicst (Qundlach dans Niuct Archit, t. XIII, p. 380). A mon sens, les mots bene/icium, provincim , prmlorium , sans parler de rhypothéiîque Secundx Belgicx, gardent une physionomie bien romaine : il faut songer que la chute do faible Augustule , au fond de l'Italie , n*a pu bouleverser tout à coup des conceptions séculaires. Saint Rémi d'une part, les chefs francs de Taotre, n*ont pas dû croire , au premier moment , que la face du monde était changée, alors que rien n'était changé autour d'eux.
' On a émis toutefois des doutes sur le sens du mot Salictu et on s'est demandé si les mots Lex Salica voulaient dire Loi det Franet Salient. Il est , du moins , certain que Salicut n'a pas toujours le sens de Salirni. Voy. M. Fustel de Coulanges , HitL
loi vraiment barbare, vraiment germanique, où Tinfluence romaine ne joue qu'un très faible rôle : dans ce petit code (la Loi Salique est avant tout un petit code de procédure et un petit code pédal), l'inégalité entre le Franc et le Gallo-Romain se trahit nettement : celui qui tue un Franc ingénu {Francus ingmutis) paie, d'après le titre xli de la Loi Salique, une composition ou wergeld de deux cents sous d'or; celui qui lue un Romain (homo romanus) ne paie que cent sous. Qu'on n'oublie pas que ces tarifs sont maintenus sous Charlemagne dans la Lex emendata^. La même inégalité est marquée dans d'autres parties de la Loi Salique*.
On conaait l'histoire de Clovis, sa victoire sur les Âlamans (non à Zûlpich-Tolbiac, mais sur un point indéterminé du cours supérieur du Rhin), sa conversion au catholicisme' (496). Cette grande détermination donnait au guerrier franc une force morale et politique toute nouvelle : il devenait le centre des aspirations d'une bonne partie de la population gallo-romaine, soumise dans le Midi à des chefs ariens; l'ami naturel de tous les catholiques persécutés, mécontents ou simplement inquiets.
Clovis, devenu chrétien, semble avoir consolidé sa domination entre la Seine et la Loire par une convention avec les Armoricains : les soldats armoricains ou gallo-romains (c'est tout un) prirent une place à part dans son armée, ce Les fils et les « petits-Qls de ces soldats romains continuèrent à former des « corps séparés. » « On les reconnaît encore aujourd'hui, dit
de$ instit. polit. d$ Vancienne France, i^ partie, 2* édit., pp. 614-618. II y a eu, avaa M. Fustel de Coulanges, des observations d*uo grand poids dans le même sens.
Une rédaction perdue de la Lai Salique semble bien avoir été faite au delà do Rhin (Proi. II dans Behreod, pp. 123, 126).
Je pense qu'à Tépoque qui nous occupe les Francs Saliens comprennent les Francs Ripuaires (cf. Mayer, Zur Entstehung der Lex Rib., p. 18, note 28).
« Lex Salica, XLI, 1, 6 (édit. Bebrend, pp. 52, 54). Cf. Hessels et Kern, Les Sa- Uea, col. 244-261. M. Fustel de Coulanges pense que les mots homo romamm signifient a/franchi [Hitt. des intlH. polit, de l'ancienne France, l^o partie, 2^ édit, pp. 609- 614). Cette opinion n*est pas fondée : voyez Julien Havet dans Hetue hitt., t. II, pp. 120, 632, 460; Tbonissen, Uorganisati$n judiciaire de la loi Saliquê, 2« édiU, pp. 557 et suiv.
^ J'emprunte ici quelques mots à M. Thonissen, ibid., p. 91.
> Voyez Vogel dans Sybel, Hist, ZeiUchrift, L LVI, p. 385 et suiv.; Krusch dans Neuet Archù), t. XII, p. 289 et suiv.
« un historien du siècle suivant; ils marchent sous leurs vieilles « enseignes; ils ont les mêmes règlements^ qu'autrefois : ils a portent encore l'ancien uniforme militaire des armées ro- « maines. »
Clovis se tourna ensuite contre les Burgondions : aidé d'un parti burgonde qui lui était favorable, il essaya de renverser le roi Gondebaud : il le battit près de Dijon, mais n'obtint pas, de ce côté, des succès décisifs (499-501). Il attaqua, quelques années après, Alaric II , roi arien des Wisigoths , contre lequel le poussaient et les orthodoxes déjà soumis à sa domination et les catholiques du royaume d'Alaric* : il battit et tua Alaric à Vouillé (507)', et s'empara d'une grande partie des possessions des Wisigoths en Gaule : ses succès furent arrêtés par Tintervention du dominateur de l'Italie, le roi ostrogoth, Théodoric le Grand*.
Le Barbare employa la fin de son règne à annexer le pays dit plus tard Ripuaire, et les petits territoires soumis à divers chefs ou rois saliens, notamment le royaume de Ragnacaire à Cambrai : il fit assassiner ces voisins gênants et fonda ainsi l'unité de l'empire franc.
On le voit : ni le christianisme, ni la civilisation romaine n'ont pénétré profondément le fondateur de la domination franque : ses successeurs lui ressembleront et, il faut bien le dire, tous ces rois mérovingiens sont l'image fidèle du peuple franc.
L'empire franc ne sera pas , comme le royaume burgonde ou comme les royaumes goths, une pâle continuation, un prolongement de la civilisation romaine abâtardie. Non, c'est une société nouvelle, une civilisation nouvelle qui va entrer en formation : Télémônt romain ne sera ici qu'un des nombreux facteurs appelés à concourir au grand œuvre de la fondation d'un monde nouveau ; ce travail de gestation sera douloureux et lent : tout enfantement est à ce prix.
Aussi bien, l'Occident tout entier, enfin délivré de cette cruelle
1 Procope, De bello golhico, I, 12 (édit. Diodorf, t. II, pp. 63, 64). J'emprunte presque textuellement cette traduction à M. Fustel de Coulanges , Hitt, des inttU, polit, (U l'ancienne France, p. 439. Cf. Longnon, Géographie de la Gaule au vi* siècle, p. 87.
« Grég. de Tours, II, xxii (35); xxvii (37), édit. Omont, pp. 65, 66, 67.
» Cf. Longnon, Géographie de la Gaule au vfi siècle, pp. 576-587.
^ Cf. Longnon, ibid., pp. 51-53.
SOUVENIRS DE l'eMPIRE APRES 476. 189
tunique de Nessus qui rétouCTait, va connaître des souffrances nécessaires, car il faut qu'il revive; il faut que tous les germes déposés au sein de cette terre féconde portent leurs fruits.
Souvenirs de l'empire après 476. — Mais, avant de quitter déBnilivement l'empire romain occidental, voyons-le de plus près tomber ou plutôt s'effacer en la personne de Romulus Augustule , et essayons même d'entrevoir les pâles lueurs que jeta encore, après Âugustule, le flambeau éteint de l'empire.
On sait qu'Odoacre, chef barbare*, déposa, en 476, le dernier empereur d'Occident, Romulus Augustule : cette date de 476 clôt donc, à nos yeux, l'histoire de l'empire d'Occident : mais ce que les événements ultérieurs ont rendu très évident et très clair n'eut pas le même caractère aux yeux des contemporains, et ceux-ci purent croire que le gouvernement de l'Occident et celui de l'Orient étaient, pour le moment, réunis aux mains de l'empereur Zenon. C'est même ce qui eut lieu, non pas en fcdt assurément, mais en droit : voici, en effet, ce qui se passa :
« Le sénat de Rome , qui était encore le représentant officiel « et légal du monde romain, adressa une légation à l'empereur « Zenon pour lui déclarer que l'empire n'avait besoin que d'un « seul chef, et pour le reconnaître comme unique empereur de « l'Orient et de l'Occident. De son côté, le chef barbare Odoacre « lui fît porter les insignes impériaux , ce qui était reconnaître « son autorité. Il la reconnut plus formellement encore, en sol- « licitant de lui « la dignité de patrice et le droit de gouverner « les populations italiennes. » Il obtint ce qu'il demandait; dès « lors , il fut à la fois roi barbare et patrice romain , c'est-à-dire « chef militaire et chef civil, sous la suzeraineté peu gênante de « Tempereur*. »
* On appelle souvent Odoacre, chef hérule. Jordanès le qualiûe ainsi : « Rez Tar- « cilingoram, geoere Rugus; rez Turcilingoram et Rugorum; rez geotium habeos « secum Scyros, Herulos diversarumque gentium auziliarios. » Cf. Dahn, Die Kônige itr Germanen, 2« partie, Mûochen, 1861, p. 36; Le Nain de Tillerooot, Hiit. det empereurt, t. VI, p. 643.
> Malchus, Frag., 10, dans Maller, Frag. hUL grxc, t. IV, p. 119. Cf. Fustel de Coolanges, But. de» intiit. poUt. de ^ancienne France, {*• partie, 2« édit., 1877, pp. 427, 428, 429 (je lui emprunte le passage entre guillemets) ; Dahn, Die Kânige der Germanen, t. II, p. 39; A. Thierry, Tableau de l'empire romain, nouvelle édition, 1862, p. 463.
Certes Zenon n'usa pas efBcacement des droits qui lui avaient été remis : mais ni lui, ni ses successeurs ne se désintéressèrent d'une façon absolue des affaires de l'Occident : de leur côté, les Barbares ne regardèrent pas avec indiflférence cette tête encore vivante de la puissance romaine : un retour offensif était toujours à craindre : les conquêtes de Justinien et de Bélisaire en sont la preuve.
Une politique pour ainsi dire nécessaire, tant elle est élémentaire, était indiquée de part et d'autre : les empereurs d'Orient avaient intérêt, pour maintenir en principe leur droit, à conférer quelques dignités, fussent-elles purement honorifiques, dans cette moitié d'empire qui, en fait, leur échappait : les Barbares n'avaient pas un moindre intérêt à accepter pour euxmêmes ou à tolérer sur la tête de titulaires impuissants ces dignités inoffensives : ils évitaient par là les dangers d'une rupture qui pouvait leur être fatale. C'est ainsi que Boëce fut consul en 487 et 510; Cassiodore en 514; c'est ainsi qu'en 498 ou 499, un certain Joannes (Joannes Scytha ou Joannes Gibbus) fut, comme consul, chargé théoriquement des affaires de la Gaule : « Gallias « sub imperii jure Joannes consul regebat*. » Le fameux consulat, proconsulat ou patriciat de Clovis sur lequel on a tant discuté, se rattache à la même pensée : on peut hésiter sur la dignité dont Clovis fut revêtu ; mais le fait qu'Anastase lui ait décerné une dignité romaine (509) ne saurait être un moment mis en doute*.
1 Cf. Procope, HUtoria sécréta, cap. 26, édit. Diodorf, t. III, p. 144; Raufmann, Die Failen von Ravenna dans Philologus, t. XXXI V, pp. 276, 281; VUa sanctiJoannù abbalit ReomaentU, § 2, dans Mabilion, Âcta sanct. ord. tancli Benedicti, smc. i, 1668, p. 633; Digot, Hist. du royaume d'Auilrasie, 1863, t. I«r, p. 159; Boucbé-Leclercq, Manuel des instU. rom., pp. 612, 613. Théodoric fut consul en 484, mais il n'était pan alors roi dMlalie : il résidait à Constantinople.
2 a Igitur Chlodovechus ab Aoastasio imperatore codecillos de consolatu accepit et « io basileca beali Martini tonica blatlea indulus et clamide , imponens vertice diade- « mam. Tuoc ascenso équité, aurum argentumque in itenere illud quod inter portam
« alrii ecclesiatn civilatis est manu propria spargens, volontate benigoissima ero-
a gavit, et ab ea die tamquam consul aut Âugustus est vocitatus. » A la table : « De « palricialo Cblodovecbi régis » (Grég. de Tours, Hist. des Francs, édit. Omont, 1886, II. xJLviii (38), pp. 29, 68).
« Et quod minus in pactum babebatur idoneo proconsolis régis Cblodovechi »
(LoiSalique, prol. I, édit. Bebrend, p. 125).
SOUVENIRS DE l'eMPIRE APRÈS 476. 191
Mais voici un autre fait bien remarquable : on sait que Théodebert, roi d'Austrasie (534-548), petit-fils de Clovis, fit en Italie une expédition brillante et fut de beaucoup le plus puissant et le plus redoutable des princes francs, ses contemporains. Procope raconte, à l'occasion des guerres de Justinien en Italie, on incideot diplomatique qui jette un jour très vif sur l'histoire des relations de ce roi d'Austrasie avec les Goths et avec l'empire : « Au commencement de cette guerre, écrit-il, les Goths, <c persuadés qu'ils ne pourraient résister à la fois aux Romains « et aux Germains (lisez les Francs de Théodebert), avaient cédé « à ces derniers toute la portion de la Gaule qu'ils avaient au- « paravant soumise. Les Romains furent tellement impuissants « à s'opposer à cette cession , que l'empereur Justinien la con- « Grenade peur d'être inquiété par ces Barbares, s'ils concevaient « des sentiments hostiles à son égard. De leur côté, les Francs « De croyaient pas avoir une possession certaine et durable, si « l'empereur n'y donnait expressément son approbation*. »
Rien de plus vraisemblable, à mes yeux, que ce récit de Procope. Justinien est désireux de s'assurer la liberté de ses mouvements en Italie : il tient à ne pas se mettre sur les bras un puissant ennemi : il espère obtenir ce résultat en sanctionnant
Oq a conjecturé très finement qae Clovis prit plus qu*on ne lai donnait et se fit Passer poar Auguste : le texte de Grégoire de Tours se prête à celte interprétation. Cf. Robert dans Mém. de l'Acad. des inscript,, t. XXX, 2« partie, p. 402.
Voyet sur cette question du consulat de Clovis : [Carreau], sur le prétendu consu-- ^t de CUnis, dans Chalmel , Tablettes chronologiques de l'histoire de Touraine, Tours, ^^18i pp. 369-378 (cf. Chalmel et ses panégyristes, pp. 103, 106); Ozanam, Etudes ger- *^ttef, II, La civil, chrét. chez les Francs, pp. 332, 333; Gasquet, Commentaire ^^ passage de Grégoire de Tours dans Revue d^ Auvergne, mars-avril 1886, pp. 81-98; Gasqoet, L'empire byzantin et la monarchie franque, pp. 124-156. Gaudenzi, Un'an- ^a compilazione di diritto romano e Visigolo, p. 185 (le mol consul employé pour consularis): Junghans, Histoire critique des règnes de Childéric et de Chlodovech, trad. Monod, pp. 129-131.
Sur la suzeraineté de Tempereur d*Orient, voyez Digot, Hist, d'Austrasie, t. II, p. 160 et suiv.; t. Ilï, p. 271 et suiv.; t. IV, p. 298 et suiv.
*Procope, De bello gothieo, III, 33. Joignez un autre passage de Procope (I, 12), qoi jetle beaucoup de lumière sur ce point de droit public intemalional. Cf. Dubos, But, critique, t. IV, pp. 20-25, 425, 426; Deioehe dans Mém, de C Académie des tnscript., t. XXX, 2* partie, pp. 380-382. Je lui emprunte la traduction de ce passage de Procope et je le suis de très près dans cet exposé , ainsi que dans le paragraphe consacré à Gondovald et au patriciat de Syagrios.
des faits ou accomplis ou inévitables. Cet acte ne lui coûte rien et peut lui être très avantageux : n'est-ce pas là la politique classique de tous les temps et de tous les pays? Quant aux Francs, ils ont, de leur côté, un intérêt évident à donner des titres à leurs conquêtes.
Le monnayage d'or du riche et puissant Théodebert, le premier roi franc qui ait substitué sur la monnaie d'or son efGgie à celle des empereurs, semblerait se rattacher à ces concessions de la cour de Byzance : c'est ce que Procope nous laisse peutêtre entendre.
Les empereurs de Constantinople ne cessèrent pas de se préoccuper de rOccident : au siècle suivant, en 583-585, l'empereur Maurice paraît bien avoir soudoyé un prétendant, Gondovald, se disant fils naturel de Clotaire P'. Ce Gondovald, qui avait vécu plusieurs années à Constantinople, quitta cette ville, gagna Marseille et commença une expédition dont je n'ai pas à raconter ici les péripéties; celte tentative échoua. En jetant ainsi dans les Gaules un prétendant, l'empereur voulait, suivant l'un des personnages que met en scène Grégoire de Tours, assujettir le royaume des Francs à la suzeraineté impériale*. Nous partageons cet avis. Un peu plus tard, en 587, le même empereur Maurice nous révèle une seconde fois ses visées politiques : il institue patrice des Gaules, Syagrius (le propre ambassadeur du roi Contran à Constantinople). Cet acte, que Frédégaire appelle frauduleux', n'eut aucune suite, mais il prouve suffisamment que la cour de Byzance continuait de jeter sur la Gaule des regards de convoitise.
La Burgondie mérite, dans l'ordre de faits qui nous occupe, une mention spéciale. Plusieurs chefs burgondes briguent les dignités romaines : après la chute de l'empire d'Occident, ils se signalent, par leur obséquiosité vis-à-vis des empereurs d'O-
> Grégoire de Tours, VI, xxiv; VII, xiv-xxxvi. Cf. Deloche, ibid., pp. 368, 369.
8 Frédégaire, Chronic, vi dans D. Bouquet, t. Il, p. 418. Cf. Deloche, ihid., pp. 390, 442-444 (observations très importantes) ; Digot, Hist, d'Austrasie, t. II, p. 31 et suiv. M. Robert, avec sa science et sa finesse habituelles, s'est efforcé de contester ou d'atténuer les faits que je signale après Deloche, Booaniy et autres savants : cf. Mém, de V Académie des intcript., ibid., p. 397 et suiv.
rieDt. « Ils s'obstinent, a dit on éminent écrivain, M. Lavisse, « à n'être que d'humbles serviteurs. » L'avant-dernier des rois de race bargonde, Sigismond, écrit à l'empereur dans les premières années du vi* siècle : « Ma race est votre servante et « mon peuple est à vous. Il me plaît moins de lui commander ««que de vous obéir; mes ancêtres ont toujours cru recevoir «leur illustration des titres que leur tendait la main de Votre « Allesse ; toujours ils ont estimé à plus haut prix ce qu'ils re- « cevaient du prince que ce qu'ils avaient hérité de leurs an- « cêires*. »
Cette attitude des princes burgondes correspond à Tétat général des esprits dans le pays ; nous en avons bien des indices ; je signale notamment ce fait : les dates consulaires qui ne figurent jamais sur les épitaphes mérovingiennes se maintiennent sur les pierres funéraires élevées en Burgondie*.
Au VII* siècle, la Burgondie n'était pas encore entièrement débarrassée de ces souvenirs et de ces traditions ; on continuait à s'y préoccuper des souverains de Constantinople : témoin la compilation dite de Frédégaire ; cet historien « s'efforce de rat- « tacher les faits de l'histoire locale à l'histoire générale du «monde romain; il n'y a pas à ses yeux divorce absolu et dé- «finitif entre l'Occident et l'Orient*. » Plusieurs chroniqueurs postérieurs à Frédégaire continuent à dater les événements par les années des empereurs d'Orient
Lorsque déjà le soleil a disparu à l'horizon, un reste de luloière peut arriver, a travers la nuit commencée, jusqu'à la terre : ainsi l'empire romain, depuis longtemps détruit dans la
Uritus, £fnt^ 93, aZ. 83, dans Monum. Germ., Âuet. anliquistimi, t. VI, p. ii, p. 100. Gf.Uviase, Les prilim, de Vhist. (F Allemagne, dans Revue des Deux Mondes du 15 juillet 1886, pp. 402, 403; je lui emprunte ce résumé de la lettre de Sigismond, rédigée ptr A?itas; Fustel de Coulauges, Hist. des instit. polU. de ^ancienne France, l'« partie, pp. 408, 409.
' Edm. Le Blant, Inscript, chrit., 1. 1«', préface, pp. lxi-lxii. J'emprunte les termes àt ce résumé du travail de M. Le Blant à M. Robert , loc. cit., p. 402, note 5. La foppatation par les postconsulats se continue en Burgondie jusqu*en 628 (Le Blant, tôid., p. Lxin, note 5).
* Gasqnet dans Hevve hist,, t. XXXIII, p. 71.
moitié du monde , projetait encore sur TOccident quelques faibles rayons.
Bibliographie. — Fréret, De l'origine des Français et de leur établi$s€' ment dans la Gaule (lu h rAcadëmie des Inscriptions en 1714] dans Fréret, Œuvres, t. V, 1796, pp. 155-227 (Cf. Aug. Thierry, RécUs des temps mérov., 2« édit., 1842, t. I»', pp. 70-71). — Boulainvilliers , Histoire de l'ànden gouvernement de la France avec XIV lettres historiques sur les parlements ou états généraux, La Haye, 1727, 2 vol. — Dubos^ Histoire ciHtique de Mablissement de la monarchie françoise dans les Gaules, 1734, 3 vol. in-4«. — Montesquieu, De Vesprit des lois, liv. XXX, ch. xxiv et passim, —Le Nain de Tillemont, Hist, des empereurs, l. V, VI, 1738, in-4*. — [Du Buat], Les origines ou l'ancien gouvernement de la France, de FAIlemagne et de Vltalie, liv. I«% ch. i«' (La Haye, 1757, t. I«', pp. 1-26). - Abbé de Mably, Observations sur Vhistoire de France, lîv. I»', ch. 1,2 (Genève, 1765, t. P% pp. 1-33). — M»i« de Lézardière, Théorie des lois politiques de la monarchie française, Paris, 1792, t. I*'; édit. de 1844, t. I", pp. 1-74; 132-344. — Roth, Uber den bùrgerl. Zustand der frànk. Eroberung (Akad. Festrede v. 1827), Nûrnb., in-4<». — Mignet, Comment Vancienne Germanie est entrée dans la société civilisée de l'Europe occidentale et lui a servi de barrière contre les invasions du Nord dans Jf^^. de l'Académie des sciences morales, t. III, 1839, p. 673 et suiv.; reproduit dans Notices et mémoires historiques, Paris, 1843, 2 vol.; dans Mémoires historiques, Paris, 1854, 2 vol. (plusieurs éditions postérieures portent le titre â* Etudes hist,], — Guizot, Histoire de la civilisation en France, t. I«% leçons 7 et 8. — Zeuss, Die Deutschen und ihre Nachbarstâmme , Mûnchen, 1837. — Lehuerou, Histoire des institutions mérovingiennes, Paris, 1842, liv. I". — Amédée Thierry, Histoire de la Gaule sous l'cuiminiS' tration romaine, 1840-1847, 3 vol. — Amédée Thierry, Histoire d'Attila, 1856, 2 vol. — A. Thierry, Récits de l'histoire romaine au v* siècle, Paris, 1865. — A. Thierry, Tableau de l'empire romain, Paris, 1862. — Perry, The Franks from their first appearance in history to the death of king Pepin, London, 1857. — Gaupp, Die germanischen Ansiedlungen und Landtheilungen in den Provinzen des rôm. Westreiches, Breslau, 1844. — Oianam. Etudes germaniques, 1847, 2 vol. (dans CEuvres complètes, t. IIÏ, IV, 1861). — De Pétigny, Etudes sur l'histoire, les Uns et les institutions de l'époque mérovingienne, t. I, II, 1851. — Bluhme, Das Westburgundische Reich und Recht dans Bekker et Muther, Jahrbuch des gemeinen deutschen Rechts, 1857, p. 48 et suiv. — Brandes, Das ethnographische WerhâUniss der Kelten und Germanen , Leipzig, 1857. — Dahn, Die Kanige der Germanen, Mùnchen, 1861-1885, 6 vol. — Dahn, Westgothische Studien, Wûrzburg, 1874, in-4o. — Dahn, Urgeschicte der Germ, und Rôm, Vùlker, t. II, 1882, pp. 337-461 (Oncken, Allg. Geschichte in Einzeldarstellungen , livr. 48). — Pallmann , Die Geschichte der Vôlkeruyanderung von der Go-
GALLO-ROMAINS ET BARBARES. — BIBLIOr^RAPHIE. 195
thenbekehrung bis zum Tode Alarichs, Gotha, 1863. — Digol, Histoire du royaume d'Austrasie, t. !•', Nancy, 186:^, ch. i, ii. — Littré, Etudes sur les Barbares et le moyen âge, Paris, 1867. — Beauvois, Histoire légendaire des Francs et des Burgondes, 1867. — Binding, Dos burgundisch-romanische Kônigreich, Eine Reichs-und Rechtsgeschichtliche Untersuchung , Leipzig, 1868. — Marius Sepet, L'invasion des Barbares, son vrai caractère dans Revue des questions historiques, t. VI, 1869, pp. 225-264. — MùUenhoff, Deutsche Alterthumskunde , Berlin, 1870-1887, t. I, II, V. — Geffroy, Rome et les Barbares, Paris, 1874. — Jahn, Dié Geschichte der Burgundionen und Burgundiens bis zum Ende der I. Dynastie, Halle, 1874, 2 vol. — Zotenberg, Invasion des Visigoths et des Arabes en France, Toulouse, 1876 (Extrait de V Histoire générale du Languedoc, l. II). — Caillemer, L'établissement des Burgondes dans le Lyonnais au milieu du y siècle, Lyon, 1877, in-4o. — Fustel de Coulanges, Histoire des institutions politiques de f ancienne France, 1" partie, 2« édit., 1877, pp. 324-480. — Zëvort, De gallicis imperatoribus, 1880. — Schrôder, Die Herkunft der Franken {Hist, Zeitschnfl v. Sybel, XLIII, 1880). — Schrôder, Lehrbuch der deutschen Rechtsgeschichte, 1" partie, 1887, pp. 88-105. — Loth, L'émigration bretonne en Armorique, Rennes, 1883 (thèse). — Fressi, Die Skythen- Saken die Urvàter der Germanen, Mûnchen , 1886. — La visse , Etudes sur f histoire d'Allemagne dans Revue des Deux Mondes du 15 juillet 1885, p. 390 et suiv.; du 15 décembre 1885, p. 796 et suiv.; La foi et la morale des Francs, ibid,, 15 mars 1886. — Brandes, Ueber dos frùhchristliche Gedicht Laudes Domini, Braunschweig, 1887, in-4«. — Brunner, Deutsche Rechtsgeschichte, t. P', 1887, pp. 1-56.