‹ Droit publicChapitre 59 sur 131 · La nation · texte numérisé non relu

La nation

ssemblée du peuple. — Les Francs à l'époque mérovin- B, étaient gouvernés par des rois. Ce mot rois ramène imtement notre esprit vers la nation; car manifestement la té est la plupart du temps issue de la nation. Non pas que ait toujours été élu : la richesse, l'intelligence, le crédit

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persoDûel, firent souveDt les rois avec le consentement tacite de la tribu ou de la peuplade; souvent aussi la nomination du roi prit, chez les Germains, la forme précise de Télection*.

« Chez la plupart des peuplades germaines, le pouvoir royal a était exercé par les membres d'une famille dont les traditions « remontaient à des temps fabuleux et se rattachaient aux ex- « ploits de héros qui étaient honorés comme des dieux^. » La légende avait donc, d'ordinaire, embelli les origines lointaines de la famille royale , famille déjà riche et puissante quand on y choisit les premiers rois. Tels furent nos Mérovingiens; telle leur histoire populaire.

Ce que nous savons de la vie de Childéric' prouve qu'à la veille de l'invasion , les Francs avaient le sentiment très vif de leurs droits sur la royauté , puisqu'ils congédièrent le mérovingien Childéric pour mettre à sa place un Romain , iËgidius.

La dignité royale se fixa dans la famille de Clovis , mais l'élection ne céda pas complètement la place à l'hérédité : non seulement le souvenir de Télection primitive resta vivant, chez les Francs, longtemps après l'invasion*; mais plusieurs textes font jouer au peuple ou mieux aux grands un rôle dans la nomination de certains rois mérovingiens^. On peut résumer Teii-

' Il y a quelqae choge d^ezcessif et de faux dans cette cooceptioo des origines de la royauté que formule déjà Grégoire Vil et que nous retrouvons très répandue et devenue redoutable à la fin du zviiio siècle : « Quis nescit rages et duces ab iis ha- « baisse principium qui, Denm ignorantes, saperbia, rapinis, perfidia, homicidiis. ff postremo universis pêne sceleribus, mundi principe diabolo videlicet agitante, super c pares scilicet homines , dominari cseca cupidioe et intolerabiii prssumptione afTec^ « taveruot » (Grégoire VIF, VIII, 21, lettre à Tévéque de Metz, dans Jaffé, MoRum, Gregoriana, p. 457).

s Tardif, Etudes sur les insHt. polit, et adm. de la France, Période méroo., I, pp. 1.2.

> Voyez ci-dessus , p. 184, note 2, et joignez dMmportantes observations critiques par Dabn, Deutsche Geschichte, I, u, 1888, pp. 46 et suiv.

^ « Franci electum a se régi sicut prius fuerat , crinitum inquirentes diligenter ex « génère Priami , Frigi et Fraociooes super se créant nomlne Tbeudemarem , filiam c Aichemeris » (Monod, Compilation dite de Frédégaire, p. 88). Grégoire de Tours, If, 9.

s Grégoire de Tours, II, 40 (Clovis se fait élire par les sujets de âigebert assassiné); IV, 36, al. 51; Sigebert remplace Chilpéric abandonné par les siens; ce n*est donc pas une succession régulière : a Veniente autem illo ad villam cui oomen est « Victariacus, coUectus est ad eum omnis ezercitus, impositumque s«per clipeoia

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