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LES MISSI

^ÎBrs^ Chaque missaticum est conPié a deux missi, un comte et ^n évêque'; c'est ainsi que Talliance des deux pouvoirs, con- ^mmée au centre de Tempire, se répercutait dans les pro- ^nces par Toeuvre simultanée et commune du missus laïque et du missus ecclésiastique. L'élément laïque et l'élément ecclésiastique sont de même combinés poqr la surveillance des missatica que Charles le Chauve organisa en 853 ; mais le système ancien est modifié : un évêque et plusieurs seigneurs laïques OQt ensemble la haute main sur chaque missaticum*.

D'ailleurs, aucun système absolu n'a jamais présidé, ce semble , à cette distribution des rôles ; et au cours du ix* siècle , bien des inspections ont pu être confiées à des délégués de Tempereor, groupés d'une manière toute différente. Nous possédons de précieux détails, dus à Théodulf, évêque d'Orléans, sur une mission que ce prélat eut à remplir, en 797 ou 798, en compagnie de Leidrad, archevêque désigné de Lyon*. — On peut dire, en général, que l'envoi d'un seul missus est rare et exceptionnel*.

Personne ne s'étonnera de voir les missi surveiller non seulement les fonctionnaires civils mais aussi les évêques et le clergé, et jouer un rôle important dans certaines affaires ecclé- ^^^tiques. Nous possédons encore une belle homélie prononcée

^ Jales Tardif, dans Mutée det archives nat., p. 27.

^ Cap. de Tan 802, dans Pertz, Leget , t. \^^, p. 97. Anségise, CapiluL, II, 23,

"*^^ Pertz, Legei, t. !•», p. 295. Rien ne prouve, comme l'a fait observer M. Bour-

^^^às, que celte liste de 802 ait une valeur « générale et qu'elle n'ait point été

* '^^àle tout simplement pour ane année et pour une occasion spéciales » (Bourgeois,

^^ eapitulaire de Kiersy-tur-Oiee , p. 243). Cf. Conmemoratio mwm data de 825,

^' t. , dans Boretius, I, p. 308.

^ Yoyez une liste très importante de nutsatica, dans un capit. de 853 de Charles le

^^^uve (Pertz, Leges, t. !•', p. 426). Le mot mitsaticum ne signifie pas seulement la

]^^ ^^ODscriplion territoriale, mais aussi la mission, la charge confiée au missus; et

=^t là le sens primitif. Voyez les exemples réunis par Waitz, Deutsche VerfaS'

^^sgesehichte , t. III, 2« partie, 1883, p. 457, note 3.

-Aux termes d'un capit. de 824, art. 4 (Pertz , Leges , t. !•', p. 240), les missi sous

^ surveillance desquels était placée la ville de Rome , étaient nommés à la fois par

^^pereur et par le pape.

^ Cf. Monod, Les mœurs judiciaires au vnfi siècle d'après la Parxfiesis adjudices de iodulf, dans Revue hist,, t. XXXV, p. 1 et suiv. 5 a Waitz , tWd., p. 460.

par un missus, un jour qu'il présidait avec son collègue à une élection épiscopale; c'est un discours d'un grand style qui nous donne une haute idée de la dignité grave et de la pompe majestueuse de cette cérémonie. Les compilateurs de formules nous l'ont conservé * , pour servir à l'occasion de modèle oratoire aux mùsi, chargés dje prononcer des allocutions du même genre.

 mesure que nous avançons dans le ix" siècle, T^upereur ou le roi devient de moins en moins maître de ses mouvements; et l'on peut constater, en étudiant de près une liste de missi, annexée a un capitulaire de l'an 853 , que les délégués placés à la tête des missatica ont presque tous leurs intérêts , leurs charges ou leurs propriétés dans les territoires qui leur sont confiés ^ On se demande s'ils ne se sont pas, dans une certaine mesure, imposés au prince qui les a nommés. A la fin du tx* siècle, le pouvoir central est sans action efficace sur ses agents, devenus de plus en plus indépendants. Il cherche, où il peut, un point d'appui : moins violents , plus soucieux du droit et des règles établies, les évêques tentent sa faiblesse; il espère trouver en eux de fidèles fondés de pouvoir et il en vient (876) a déclarer' chaque évêque mtsstis dans son diocèse. Ce petit texte (perdu dans un capitulaire spécial à l'Italie) en dit bien long sur la situation dominante de l'Eglise.

Les missi ont le droit de destituer tout fonctionnaire , sauf le comte (et le duc) , qu'ils ne peuvent déposséder, sans en référer à l'empereur*.

Ils reçoivent les plaintes de tous les sujets de l'empereur ou du roi*^ : nous possédons, en ce genre, une enquête de l'an 804

1 Rozière, Recueil général , t. II, p. 630, no 521. Sur la surveillance des éréques et du clergé par les missi voyez capit. de 856, art. 10^ dans Pertx, Lege», t. I*', p. 438; cap. de Tan 828, ibid., p. 329.

8 J*empruDte cette observation à M. Bourgeois, Le capiL de Kierty-tur-Oise, pp. 245-250.

* Conventus Ticinensis, art. 12, dans Pertz, Leges, t. I«r, p. 531. Cf. un texte relatif à Parme, dans Ficker, Forschungen tur Reichs- und Rechlsgetchichte Italien, i. II, p. 16.

* Cap. de 805, art. 12, dans Boretius , Cap., I, p. 124.

B Ils tiennent des conventus pour recevoir ces doléances (Document de Tan 826, dans Boretius, Cap., I, p. 310).

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qui concerne flstrie*; c'est un des documents les plus importants et les plus curieux des temps carolingiens qui soient parvenus jusqu'à nous.

Le nom de missus dominicus ne paraît pas se perpétuer en France sous les Capétiens; mais nous pouvons suivre les missi jusqu'au xi* siècle en Allemagne et en Italie*.

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