‹ Droit romainChapitre 133 sur 273 · In Daniel. XI · texte numérisé non relu

In Daniel. XI

torze mille huit cents talents d'argent d'Egypte (soixanteonze millions de fr.), et un million et demi d'artabes de blé (591.000 hectolitres) '. Au temps de la décadence des Lagides, l'Egypte donnait encore largement six mille talents à Aulète (vingt-huit millions^, sept cent-cinquante mille fr.) ^ Strabon qui, pour la même époque et sur le témoignage de Gicéron, donne un chiffre beaucoup plus fort ^ le fait suivre de cette réflexion : « Or, si les revenus que tirait de l'Egypte, de son royaume, un prince qui l'administrait extrêmement mal et avec la dernière négligence étaient si considérables, que doivent-ils être maintenant que le pays est administré avec tant de soin (par les Romains) et que le commerce de l'Inde et de la Troglody tique a pris tant d'accroissement? » Les revenus de l'Egypte augmentèrent donc de toutes façons sous les Romains. Il est regrettable que Strabon ne précise pas mieux lorsqu'il dit dans un autre passage (XVII , 797) que les Romains tiraient de l'Egypte des revenus considérables, sous l'administration des sages gouverneurs qu'ils y envoyaient successivement. — Deux autres écrivains anciens témoignent de l'importance très grande des revenus de notre province dans l'histoire économique de l'État romain : Josèphe, quand il fait dire à ses compatriotes de Judée que l'Egypte paie aux Romains plus de tribut dans un

1. L'ancien artabe était d'une contenance de trente-neuf litres,, quarante centil.

2. Diod. Sic. XVII, 52. Sur ces chiffres, cpr. Marq. Org. financ. t. X du Manuel des Antiq. rom., p. 245, n. 4; Momms. Hist. rom., XI, p. 163.

3. Strab. XVII, p. 798. D'après Gicéron, Aulète aurait tiré de l'Egypte 12.300 talents; mais on doit préférer à ce témoignage, celui de Diodore qui dit avoir puisé à des sources officielles [l. l.). C'est en vain que Varges (de Statu JEg., p. So) tente de concilier ces deux chiffres; car en admettant même que Diodore parle de talents alexandrins et Gicéron de talents attiques, le talent alexandrin au lieu de valoir le double de l'attique, selon Varges, n'en valait que les quatre cinquièmes.

mois, qu'eux n'en paient dans toute l'année ', et Velleius Paterculus quand il dit que la conquête de l'Egypte pur Auguste enrichit autant le trésor public que celle des Gaules par Jules César -.

Mais si l'on doit se contenter de cette idée vague pour l'appréciation des revenus en argent, il n'en est pas de même pour les revenus en nature. On sait d'une façon positive que l'Egypte fournissait à la capitale de l'Empire de quoi se nourrir pendant quatre mois de l'année ', qu'elle lui envoyait annuellement, sous Auguste, vingt millions de boisseaux romains de blé (1.740.000 hectolitres, environ 4.500.000 artabes) \ à peu prés trois fois autant qu'elle en fournissait à Philadelphe. Une bonne partie de ces produits provenait des domaines; l'autre était peut-être livrée contre indemnité, en tout cas, venait en déduction de l'impôt foncier -".

Mais s'il n'est guère possible d'évaluer la somme totale des revenus en argent et en nature que les Romains tiraient annuellement de l'Egypte, il est à noter que cette somme était quelque peu sujette à fluctuation. Elle augmentait ou diminuait suivant que la crue du Nil était bonne, moyenne ou mauvaise. L'échelle qui servait à mesurer la hauteur des eaux du fleuve, servait en même temps démesure aux contributions du pays. Après avoir décrit le mécanisme du Nilomètre, Strabon ajoute, en effet : « Ces marques

Page 1