‹ Droit romainChapitre 163 sur 273 · Fr'j.'hncr, Oslracu inéd., Hev. Arch. 1805, XTI, p · texte numérisé non relu

Fr'j.'hncr, Oslracu inéd., Hev. Arch. 1805, XTI, p

OU telle exploitation domaniale. Ces fermiers malgré eux, qui se ruinaient par suite de leur inexpérience dans ce genre d'affaires et ne donnaient rien au fisc, avaient évidemment raison de trouver ces procédés, des vexations intolérables. Ils crièrent si fort, une fois, que Tibère Alexandre commença d'abord par réprimer cet abus avant de songer aux autres chefs de réclamations qui l'assaillaient. Il leur dit (1. 10-15) : « Je reconnais avant tout comme très fondée votre demande tendant à ce que personne ne soit forcé contre l'usage général des provinces, de prendre malgré lui la ferme des impôts ou d'autres propriétés publiques... ^ » Puis il ajoute aussitôt : a C'est pourquoi, je n'ai pour ma part forcé ni ne forcerai personne de se charger, soit de la ferme d'un impôt, soit de toute autre ferme, sachant combien il est utile aux intérêts du fisc que ce genre d'affaires soit entrepris de pleir> gré, avec empressement même, par ceux qui en ont les moyens : mais de plus, je suis persuadé qu'à l'avenir aucun préfet ne contraindra personne à se faire publicain ou fermier, que, au contraire, tous tiendront à n'affermer qu'à ceux qui se présenteront volontiers et de leur propre mouvement, et qu'ils aimeront mieux se conformer à Thabitude constante et invariable des précédents préfets que d'imiter l'injustice momentanée de quelqu'un d'entre eux, » Les fermiers des im.pôts durent en Egypte, comme partout ailleurs, se constituer en sociétés-. Ils s'appelaient alors « copreneurs » ou [j(,sToyoi. Y avait-il entre eux une sorte de hiérarchie? Une inscription de Philes^ pourrait le faire supposer; car on y fait mention d'un « second fermier » de la porte sacrée de Syène. Les fermiers étaient

1. Cf. Jet. Paul, « Ad conducendum vectigal invitus nemo compellitur », fr. 9, | i D. de public, et vectig. 39, 4.

2. Tels ils se présentent à nous dans les Ostraca, Frœhner, l. l. n. 4.

3. Citée par Frœhn. C. /. Gr. 4919. Voy. aussi Letronne, Rec. II, p. 19i>.

en assez grand nombre à Syène et à Éléphantine'. La plupart des noms connus sont grecs, rarement romains, quelquefois égyptiens-. Gela montre bien qu'il n'y avait, en cette matière, aucuiie cause d'exclusion pour les indigènes ; pas plus sous les Romains qu'au temps des Lagides où l'on trouve plus d'un fermier égyptien ^ La rareté des traitants romains prouve une fois de plus que l'Lgypte resta pour ainsi dire fermée aux habitudes administratives enracinées dans les autres provinces de l'empire romain.

Quelle était la durée de la ferme d'un impôt ? Les mômes noms de fermiers de Syène et d'Éléphantine reparaissent plusieurs années de suite ou à des intervalles rapprochés, d'où l'on peut conclure que la ,ferme durait plus d'une année, à moins (fue dans ces pays retirés, le nombre des adjudicataires, forcément très restreint, ne comprit chaque année les mêmes individus.

Les fermiers connus délivraient rarement eux-mêmes les reçus de paiements. Ils avaient des employés chargés de ces menues occupations. On a pu dresser la liste de ceux qui percevaient les contributions et en donnaient quittance à Syène et à Eléphantine. Un fait à remarquer, c'est qu'ils portent presque tous des noms égyptiens : Pachompsachis, Papsnoubis, Pachpsachis, etc ^. Les employés inférieurs étaient donc des indigènes. Mais ces indigènes étaient tenus de se servir et se servaient, avec plus ou moins de bonheur, de la langue officielle grecque, même dans ces petites quittances qu'ils délivraient à leurs compatriotes.

A l'administration des contributions indirectes, se rattachaient, sous les PtoléméeS;, les trapézites, sorte de

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