Mommsen, Ilist. lom. XI, p. 158, n
sacrés'. Ils pouvaient se réunir pour décréter une stèle, une statue ou un monument en l'honneur de l'Empereur, du préfet ou de quelque autre personnage"'.
Allons plus loin. Avec leur métropole et leurs divers agents, leur agoranomie, leur gymnasiarchie, les nomes égyptiens constituaient bien des unités distinctes, des corps isjlés, parfois jaloux les uns des autres. Ils ressemblaient, sous ce rapport, aux territoires de cités dans les autres parties du monde gréco-romain. L'assimilation devint plus évidente encore quand ils eurent obtenu, pendant un certain temps, le droit d'avoir des monnaies ou des médailles frappées, pour ainsi dire, à leurs armoiries particulières. Mais leur personnalité morale ne se montre nulle part aussi nettement comme dans le domaine religieux ^ Chaque nome a ses dieux à lui, adorés dans toute son étendue, mais pas au delà '. La divinité protectrice des gens d'un nome, celle qui habite le « grand temple » du nome, n'est souvent pas celle qui occupe la place la plus élevée dans la hiérarchie divine des Égyptiens. Telle divinité, la plus grande, la plus puissante du Panthéon égyptien, le plus universellement invoquée, se trouve adorée dans un nome à un titre secondaire et seulement comme compagne d'une autre qui trône au-dessus d'elle, et qui n'a d'autre droit à cette grandeur démesurée que la faveur spéciale qu'elle témoigne aux habitants du nome, que la protection dont elle les
1. Exemple : « Pour la conservation de l'Empereur César, fils du Divin César, Auguste... les habitants de la métropole (Tentyra) et du nome ont élevé ce propylone à Isis, déesse très grande et aux dieux adorés dans le même temple. La 31« année de César. » Letr. Rech. p. 158.
:2. On en a quelques exemples : Inscripliou de Busiris. Letr. Rec. II, 527; inscrip. de Cysis, ihid. I, p. 123; inserip. d'Aristide dont il est parlé plus loin où figure Hermopolis Magna. C. I. Gr. 4679.