Ibidem, p
nistratives qui seraient les trois Égyptes, inférieure, moyenne et supérieure. Gela est si vrai, que Strabon prend ici le mot Delta dans son acception rigoureuse et qu'il compte les nomes situés à gauche de la branche Ganopique et à droite de la branche Pélusiaque, dans ce qu'il appelle la l'égion intermédiaire. Il suffit pour s'en convaincre de parcourir le livre dix-septième de sa géographie : dans un endroit (p. 804) il exclut, contre Artémidore, le nome Sethroites des dix nomes contenus dans le Delta, et dans une série d'autres passages, il cite, en dehors du Delta, les nomes Bubastites, Phagroriopolites, Heliopolites, Gynaecopolites^ Momemphites et d'autres encore, tous, certainement situés dans la Basse Egypte. Que faire de ces nomes ou de ceux qui en tenaient la place à l'époque dont parle Strabon, dans la répartition des trente-six? Franz préfère n'en tenir aucun compte plutôt que de les attribuer à la région intermédiaire qu'il fait commencer, avec tous les érudits, à l'entrée de la vallée proprement dite pour l'identifier à rÉgyi)te moyenne K Mais Strabon est assez explicite pour qu'une simple négation de son texte suffise : c'est la somme de tous les nomes qu'il donne et la répartition qu'il en fait les comprend tous. Si donc ces nomes ne rentraient pas dans le Delta, ils rentraient forcément dans la région intermédiaire qu'on peut à la rigueur faire commencer aux deux extrémités de la base du Delta. C'est, au reste, la seule manière de comprendre ce groupement d'une façon raisonnable et acceptable; car, s'il en était autrement, comment concevrait-on que l'Egypte inférieure qui renferme une bonne moitié des terres arables de l'Egypte entière, qui comptait sous les Romains vingt-huit nomes sur cinquante-trois, n'en eût que dix à l'époque dont parle Strabon, tandis que la vallée moyenne en aurait réunijusqu'à seize, elle qui comptait sous les Romains sept ou huit?