‹ Droit romainChapitre 49 sur 273 · Josophe, Bell. Jud. IV · texte numérisé non relu

Josophe, Bell. Jud. IV

•i. On trouve quelques-uns de ces motifs dans un passage important de Tacite, Ilisl. I, 11 : « ^Egyptum copiasque quibus coerceretur, jam inJc a divo Auguste, équités romani obtinent, loco regum. Ita visum expedire, provinciam aditu difficilein, annonce fecundam, superstitione ac lascivia discordem ac mobilem, insciam legum, ignaram magistratuuui. dorai retinere. »

elles suffisent pour montrer l'esprit de tout le système et prouver une fois de plus combien Auguste fut un politique clairvoyant et profond.

On peut les diviser en deux catégories : les mesures qui régissaient les rapports de l'Egypte avec Rome; celles qui avaient trait à l'organisation interne de la province. Les premières sont, malgré le soin qu'on mit à en dissimuler les motifs, visiblement édictées dans un but de sûreté personnelle pour l'empereur et son pouvoir ; les secondes s'inspirent toutes d'un principe très net : continuer le gouvernement théocratique des Ptolémées ou n'y apporter que les modifications strictement nécessaires. Nous verrons que les règlements d'Auguste ne furent partiellement abandonnés et ne disparurent totalement que lorsque les motifs sur lesquels ils se basaient cessèrent peu à peu d'exister.

I. La plus importante des mesures prises par le conquérant, celle dont toutes les autres découlent, c'est que le royaume d'Egypte fut réservé à l'empereur ', attribué à sa maison, à sa domus comme dit Tacite -, considéré comme son bien propre ou, pour parler avec Philon % comme le plus grand de ses domaines. — Il s'agit, toutefois, de s'entendre là-dessus. L'Egypte entière faisait bien partie de la domus, de la res privata, du patrimonium Cœsaris, expressions qui se valent et qu'on traduirait dans le ~ Droit public moderne par : domaine de la couronne, dotation du chef de l'État ; mais elle ne faisait point partie de la res famlliaris de l'empereur, c'est-à-dire des biens qu'il possédait comme simple particulier ' et qui étaient ré-

1. Tacite, Ann. II, 59 : « Augustus... se posait .iEgyptum. » Amm. Marcell. 22, l(j « .^gyptus... provinci;e nomen accepit, ab Octaviano Auguste possessa. »

2. Tacite, l. l. Gpr. ihid. I, 15 où domus est opposée à res publica.

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