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Mommsen, Hist. rom. XI, p. lo

3. Tacite, Annal. II, o'J : « Num Augustus, iator alla dominalionis arcana, vetitis, nisi permissu, ingrodi seualorilms aute (juitibus romanis illustribus, se posuit .Egyptum. » Dio (Jlass. LI, 17. La môme mesure n'existait pas pour les provinces procuratoriennes qui étaient dans la même condition que l'Egypte.

de sesterces ^ La prohibition atteignait par le fait tous ceux qui avaient droit de siéger au sénat en qualité de magistrats ou d'anciens magistrats de Rome, en un mot toutes les personnes qui avaient un nom et du prestige. A tous ceux-là il fallait une permission spéciale du prince, pour se rendre en Egypte ou y séjourner. On sait que G-ermanicus, lui-même, encourut de vifs reproches de la part de Tibère pour avoir enfreint les règlements d'Auguste, en entrant à Alexandrie sans avoir demandé au préalable la permission de l'empereur -. — Le contrôle sévère exercé sur ceux qui entraient en Egypte ou en sortaient rendait cette mesure effective ^

Ainsi qu'on a dû le pressentir, la prohibition formulée par Auguste procédait d'un sentiment de crainte. Tous les auteurs anciens s'accordent pour dire que l'Egypte est d'un accès difficile tant par terre que par mer ^, et qu'on y pouvait avec peu de forces s'opposer à une tentative venant du dehors. La présence à Alexandrie d'un magistrat ou d'un ancien magistrat du peuple romain, d'un homme en vue qui aurait pu rallier sur son nom les suffrages des troupes de la garnison, avec le caractère remuant et l'amour du nouveau propre aux Alexandrins, aurait pu devenir l'occasion d'entreprises dangereuses contre le pouvoir impérial et la vie même du peuple romain suspendue aux convois de blé d'Egypte. Auguste ne voulut pas qu'il y eût possibilité de révolte ; il prit le parti de couper court à toute éventualité fâcheuse en fermant ce théâtre propice aux menées ambitieuses ^ C'est ce qui le détermina à ne

1. Les simples chevaliers, à plus forte raison les simples citoyens, avaient donc toute liberté pour se rendre en Egypte.

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