‹ Droit romainChapitre 59 sur 273 · Dio Cass. LI · texte numérisé non relu

Dio Cass. LI

60 DEUXIÈ^rE PARTIE. — CHAPITRE I.

l'usurpateur Émilien, en fut dissuadé « a sacerdotibus qui dixerunt fasces consulares ingredi Alexandriam non licere ' ». Après avoir dit que cette règle est connue, le biographe ajoute : « denique non extat memoria rei frequentatœ ». On peut, en effet, assurer que depuis Auguste jusqu'à Dioclétien, jamais sénateur ne fut mis à la tête de l'Egypte ; et cela, mèm" quand la distinction entre provinces sénatoriales et provinces impériales s'etîaça, même quand les gouverneurs des provinces eurent tous perdu le pouvoir militaire après Alexandre Sévère. Ce n'est qu'à titre transitoire, d'une façon exceptionnelle, et pour pourvoir à certaines parties de l'administration, qu'il arriva une fois, sous Macrin, que Marins Secundus, bien que sénateur et gouverneur de Phénicie, fut envoyé en Egypte-. La règle aurait-elle été violée quelquefois que cela n'infirmerait en rien sa rigueur puisqu'au temps de Gallien, et même postérieurement, elle était considérée comme n'ayant reçu aucune atteinte. Mais ce qui est fort remarquable, ce sont les scrupules religieux dont on entourait son observance. Ainsi c'est Tintervention des ministres de la religion qui empêche (iallien de l'enfreindre. Il y aurait même eu, au dire du grammairien Proculus, le fait est rapporté par Tr. Pollio, près de Memphis, en Egypte, une colonne d"or sur laquelle se trouvait une inscription, en caractères égyptiens, voulant dire que « VÉgypte recouvrera enfin sa liberté, le jour où l'on y verra les faisceaux et la prétexte romains^ ». L'existence d'un oracle interdisant l'entrée des insignes proconsulaires en Egypte est même reportée par Tr. Pollio au temps de la République. D'après lui, Gicéron en aurait parlé dans son

Page 1