Cf. Varges, de Statu Mg. p
2. Dio Cass. XXXIX, 15. 58. 59. Gicéron, Epist. ad Quint, fr. 2, 2; ad fam. 1, 7.
3. On ne voit pas pourquoi la vue des vêtements à la romaine, des haches et des faisceaux aurait été particulièrement odieuse aux Alexandrins, au point qu'Auj^uste dût en tenir compte et leur épargner ce désagrément comme c'est l'opinion de Kuhn, Studl. u. hurg. Verfass. II, p. 80. Les exemples qu'il cile s'expliquent naturellement et sans qu'il faille supiioser une antipathie innée des Alexandrins pour ces sortes de choses que le conquérant eût été en mesure de leur imposer s'il l'avait voulu ou si cela entrait dans ses plans. Ainsi quand G. R. Postumus, ce riche Romain qui prêta de l'argent à Aulêto, vint en Egypte réclamer sa créance, le roi consentit bien à le nommer son intendant ou ministre des finances, mais il dut poser la toge romaine et revêtir le manteau grec, « ce qui convenait peu à un Romain » dit Gicéron {Pro C. R. Postumo, 9 fin.), mais qui était logique: car il eut été singulier de vtjir un ministre de la cour égyptienne continuer à porter l'habit romain. D'un autre côté, quand César débarqua pour la première fois à Alexandrie et qu'il se fit précéder des haches et des faisceaux, la chose causa un tumulte parmi le peuple d'Alexandrie parce que, nous dit-il lui-même [Bell. civ. III, 106), les Alexandrins considérèrent cet acte (le port des faisceaux) comme es-senliellmnent atteiilaluire à lu majesté de leur roi.
62 DEUXIÈME PARTIE- — niIAPITRE I-
des considérations d'une autre nature en fermant TÉgypte au sénat et aux sénateursde Rome, Du même coup, il flattait la vanité des Alexandrins en leur épargnant la vue du terrible appareil des proconsuls et propréteurs, et en leur présentant comme un privilège ce qu'il savait bien n'être qu'une mesure de sûreté personnelle'.
Mais si, sur les points principaux, les règlements d'Auguste subsistèrent intacts ainsi qu'on vient de le voir, sur quelques autres, l'établissement définitif du régime impérial et sa transformation en une monarchie aussi apparente que réelle, puis la tendance qui s'établit de rendre uniforme la condition et l'administration de toutes les provinces romaines, amenèrent nécessairement un abandon plus ou moins complet - de la vieille politique suivie à l'égard de l'Egypte.
La plus grave des innovations qui se produisirent fut l'œuvre de l'empereur Septinie Sévère. Il accorda un sénat aux Alexandrins et introduisit le régime municipal dans quelques autres, villes de l'Egypte ^ Il atténua par cette concession la rigueur qui avait, jusqu'alors, caractérisé le gouvernement de la province qui n'avait pas cessé d'être le gouvernement despoti({ue des Lagides. — Presque aussitôt qu'il y eut des sénateurs à Alexandrie, on put voir des Alexandrins siéger dans le sénat de Rome comme ce Koïranos qui fut impliqué dans la conspiration de Plautianus contre Sévère et ses fils *. On abandonna donc aussi la règle qui ôtait le jus honorum aux
1. Cf. Varges, .'. /. Fratiz, introd. ad inscr. /Eg. C. I. Gr. III, p. 309.