Letronne, Rec. des Inscr. grecq. et lat. d'Ég. I, p
4. On voit le fils porter un nom grec, taudis que sou père le porte égyptien ou un même individu porter un nom grec et un nom égyptien, un nom grec et un nom latin à l'époque romaine. Voy. les nombreux exemples cités par Kuhn, II, p. 466, notes 4097. 4098 et ci-après la liste des stratèges.
5. Voy. les premier et huitième papyrus de Turin, les papyrus de Zoïs et Strab. XVII, p. 812 initio. Cf. Kuhn, II, p. 493.
6. Les inscriptions de la Glassis^praetoria Miseaensis, dans Momms. Inscrip. R. Seap., distinguent d'une façon précise les Alexandrins des Égyptiens par la mention : « natione Alexandrinus, natione iEgyptius ».
possible que sous les Ptolémées, les bourgeois de Ptolémaïs-Hermiu aient été, par faveur spéciale, politiquement assimilés aux Alexandrins et traités sur le même pied, mais on ne voit pas de cause pour que les Romains leur aient continué ce traitement. Les citoyens de Ptolémaïs ne durent jouir à l'époque romaine que des privilèges propres à leur cité, comme ceux de Naucratis, d'Antinoé et plus tard ceuxd'Arsinoé. Nous verrons plus loin quelle était la condition de ces villes grecques. Étudions pour l'instant la condition des citoyens et celle des non-citoyens, en reléguant à la lin de ce chapitre ce qui concerne les Juifs d'Alexandrie qui, malgré leur qualité de citoyens, avaient une situation tout à fait à part.
§ I. — Des Alexandrins ou citoyens grecs d'Alexandrie.
Polybe qui visita Alexandrie sous Évergète II, partage sa population en trois catégories : les Égyptiens indigènes, les mercenaires, les Alexandrins K On pourrait encore retenir ces trois classes sous les Romains en remplaçant cependant les mercenaires par les cohortes romaines qui gardaient la ville. « Ces Alexandrins, dit Polybe, bien qu'étant une population mêlée, sont Grecs d'origine et, comme tels, gardent quelque chose du caractère propre de la nation grecque ». Ainsi rhistorien leur déniait le caractère purement hellénique et les trouvait quelque peu abâtardis. C'est qu'ils procédaient de deux races bien différentes : la race grecque et la race égyptienne. L'histoire nous apprend, en effet, qu'on engloba dans la nouvelle ville d'Alexandre, le vieux bourg égyptien de Rhacotis ^ Il est
1. Ap. Strah. XVIT, p. 798. Les grandes villes fondées par les Grecs et les Macédoniens étaient ordinairement dans ces conditions. Ainsi à côté des Hellènes, il y avait les indigènes Libyens à Gyréne, les indigènes Syriens à Antioche et les étrangers. Voy. Strabon ap. Joseph. Ant. Jud. XIV, 1, 2.