‹ Droit romainChapitre 70 sur 273 · Contra Apion. II · texte numérisé non relu

Contra Apion. II

*. Strab. ibid.

les de l'antiquité grecque et romaine, par une merveilleuse activité dans l'exercice du grand commerce et de la grande industrie, sans parler de leur activité scientifique et littéraire. Un document latin du troisième siècle dit d'Alexandrie et des Alexandrins : « C'est la ville où il n'y a point d'oisifs. Les uns soufflent le verre, les autres fabriquent le papier ; ceux-ci sont tisserands. On les voit tous se livrer à une industrie quelconque. Les aveugles y ont leur genre de travail ; ceux qui ont la goutte aux pieds ont aussi le leur, et ceux qui l'ont aux mains ne vivent pas sans rien faire. Ce peuple n'a qu'un dieu (l'argent), auquel chrétiens, Juifs et tout le reste de la nation adressent également leurs hommages '. »

Mais ces qualités étaient compensées par plus d'un grave défaut. Les richesses énormes qui s'accumulaient dans la ville y donnèrent naissance à un luxe effréné et à un relâchement de mœurs devenu proverbial, même dans ces temps de l'empire où l'on était habitué à toutes les immoralités -. On reproche aussi aux Alexandrins leur passion pour le théâtre et les jeux du cirque ainsi que leur humeur bruyante et tapageuse'. Ils étaient mobiles et légers, avaient un tempérament emporté et prenaient feu à tout propos. Pour les motifs les plus futiles, c'étaient des émeutes qu'il fallait noyer dans le sang \« Dans leurs

1. Vopisc. in Saturnin., 8. Le biographe présente ce document, où les chrétiens et les .Juifs tiennent tant de place, comme une lettre écrite par Hadrien, lors de son voyage en Egypte, à son beau-frère Servianus. Mommsen, Hist. rom. XI, p. 187, le tient pour apocryphe et pour l'œuvre d'un faussaire postérieur. Il se fonde notamment sur ce que ce même Servianus fut exécuté en 136 pour avoir blâmé l'adoption de Vérus par Hadrien, peu antérieure à cette date.

2. Les fêtes de Ganop,ê où les Alexandrins se rendaient en foule étaient célèbres par leurs débordements sans frein. Strab. XVII, p. 799. 801. Juvénal l'appelle l'infâme Canope, Sat. VI, v. 83. 84; XV, v. 4o et s.

3. Polybe les compare sous ce rapport aux Carthaginois. Voy. Fragm. XV, 30, 10.

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