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dissensions qui sont fréquentes et terribles, dit Dion Gassius ', ils ne reculent pas devant l'effusion du sang et, comptant la vie pour rien, ils aspirent à périr dans la lutte comme si les plus grands intérêts étaient enjeu. » — Polybe disait d'eux qu'ils étaient difficiles à gouverner; ce reproche, reproduit par Strabon, se trouva justifié même quand ils eurent affaire à la sévère administration des Romains. « Les gouverneurs, dit un écrivain du quatrième siècle, sont pris de peur et de tremblements, quand ils entrent cà Alexandrie ; ils redoutent la justice populaire; dès que l'un d'entre eux a commis une injustice, immédiatement son palais est incendié et lui-même lapidé -. »
Mais le fond du caractère alexandrin était la raillerie frondeuse et caustique qui n'épargnait pas plus le prince régnant et les grands personnages que les artistes du théâtre ou du cirque. Comme les gens d'Antioche, les Alexandrins s'attaquaient aux défauts physiques ou moraux des sujets qui leur tombaient sous la main. On ne distingue encore aujourd'hui les différents membres de la dynastie des Lagidos qu'au mo\'en des sobriquets souvent peu respectueux (fue les Alexandrins donnèrent à chacun d'eux •'. Ils n'eurent pas plus d'égards pour les empereurs romains. Vespasien pour son avarice, Hadrien pour ses mœurs, Garacalla pour sa cruauté et ses manies, Sévère Alexandre pour son origine et ses habitudes d'esprit, pour ne citer que ceux-là, furent, de leur part, l'objet de railleries et d'insultes parfois sanglantes '. Ils s'en prenaient