C.ONDITION DES ÉGYPTIENS
i^ II. — Des Égyptiens ou des non- citoyens.
Cette ciitt'gorie comprend, avons-nous dit, non seulement les indigènes, mais tous les Grecs, tous les Juifs répandus en Egypte qui ne faisaient pas partie de la précédente classe ou n'étaient pas inscrits comme membres d'une cité particulière telle que Ptolèmaïs, Antinoé ou Naucratis.
Le peuple égyptien se composait surtout d'agriculteurs, petits propriétaires du sol et colons. Les colons étaient nombreux et dispensaient du service des esclaves dans la culture des terres '. Mais les villes nombreuses de l'Egypte abritaient, elles aussi, une population ouvrière très dense; le service du tleuve et des canaux avait contribué à la formation do nombreux matelots, et l'extension que prit le commerce aux époques grecque et romaine avait favorisé la constitution d'une classe importante d'habiles commerçants -.
Ammien Marcellin ■ nous dépeint physiquement les Égyptiens de son temps, en disant qu'ils ont généralement le teint brun et même basané, que leur physionomie est sombre, leur corps maigre et sec; moralement : qu'ils sont prompts à prendre feu à tout propos '', qu'ils sont processifs et chicaneurs impitoyables, que la torture n'avait pas encore trouvé de combinaison capable d'arracher son nom à un voleur de ce pays. Il ajoute que les Egyptiens étaient tiers de montrer les marques du fouet employé contre eux pour leur faire rendre l'impôt ■'. Élien confirme sur ce
1. Édit de Tib. Alex. 1. 30-30. VanuiJ, de re ru^l. \. 17. Voy. plu.s loin, partie m, chap. m.