Voy. Mommsen. ibid. p
que la domination étrangère n'était point de nature à guérir ces vices mais bien plutôt à les aggraver. — En revanche, les Égyptiens étaient sobres, actifs, malgré la langueur naturelle au climat de leur pays; ils avaient môme certaines qualités de l'esprit qui faisaient défaut aux Grecs K Les hommes distingués d'origine égyptienne n'étaient pas rares à l'époque romaine, tels les Apion, les Ghérémon , les Proaeresios, qui atteignirent aux plus hautes positions scientifiques de l'empire, et ces poètes, plutôt Égyptiens que Grecs, Noiinos, Tryphiodore, GoUutus, etc. - Mais le caractère même de ces personnages montre combien la civilisation indigène avait été de plus en plus envahie par l'Hellénisme. Cet agent l'aurait entièrement pénétrée^, si^ d'une part, le Christianisme ji'était venu réveiller la langue et la civilisation nationales, si, d'autre part, ses progrès n'avaient été radicalement enrayés par la conquête musulmane qui arracha l'Egypte au monde chrétien et grec pour la jeter sans retour dans le monde arabe et musulman.
Nous n'avons pas encore parlé de l'opinion d'un des plus graves historiens de l'antiquité sur les Égyptiens, opinion que reproduit et s'approprie un autre auteur ancien d'une valeur également considérable. Au dire de Strabon ^ Polybe qui vit Alexandrie au second siècle avant l'ère vulg., comme nous l'avons déjà dit, qualifiait l'élément indigène habitant cette ville de <puÀov o^u /.ai Tzon-'.y.oy. Letronne traduit par : « gens intelligents et soumis aux lois », à la différence des mercenaires grecs et des Alexandrins qui, pour avoir été gâtés parle caractère méprisable des Ptolémées, étaient un ysvo; £u/.p!,vco; TcoXtTr/.ov. Polybe
1. Voy. pour la réfutation ou l'atténuation des mêmes défauts qu'on reprochait aux anciens Egyptiens et que les modernes reprochent à leurs descendants : Volney, Voyage en Egypte, I, p. 404. Van Bemmelen, l'Egypte et l'Europe, I, p. 32 et suiv.